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Après avoir perdu une centaine d'élèves en 6 ans, le Nivot renoue avec la hausse des effectifs. 322 élèves ont démarré l'année en septembre 2004 contre 288 en 2003. Une progression à mettre au crédit des classes de 4e et de 3e (+ 50) alors que les deux filières BTS (productions animales et végétales) ont enregistré cinquante étudiants en moins ces dernières années. "Les jeunes sont attirés vers les villes, les IUT. L'image des filières techniques agricoles souffre", constate Philippe Pinot, directeur. L'incertitude qui plane sur le secteur agricole, la diminution du nombre d'enfants d'agriculteurs expliquent aussi la désaffection des jeunes pour l'école d'agriculture.
Dans ce nouveau paysage, les établissements agricoles sont amenés à revoir leur stratégie. Pour drainer un nouveau public, le Nivot a entre autres mis en place une option équitation. "Les filles sont séduites par cette option qui est avant tout basée sur la passion. C'est notamment la filière S qui reprend de la hauteur avec cette option", ajoute le directeur.
Aujourd'hui, le lycée profite aussi d'un retour sur investissement des campagnes de publicité menées depuis plusieurs années. "En 2004, 60 % des jeunes inscrits n'ont pas leurs parents agriculteurs et, pour cette rentrée, nous gagnons 30 élèves sur la région de Brest".
En tout état de cause, on est bien loin du profil des élèves qui fréquentaient l'établissement dans les années 80. Mais, si l'on écoute davantage les aspirations des jeunes, les objectifs de formation ne changent pas radicalement. "Les jeunes doivent remplir leurs valises de savoir-faire, d'adaptabilité, d'ouverture pour trouver leur place dans un monde qui bouge de plus en plus vite".
"Faire mieux pour exister"
Reste que la forte concurrence avec les filières de l'Education nationale oblige "le Nivot à faire mieux pour exister", comme résume le directeur qui cite quelques voies et projets de l'établissement : "Nous avons un projet de licence (bac + 3), un projet de BEPA gestion forestière. La modernisation de nos bâtiments contribue également à améliorer l'accueil des élèves. Ce critère joue dans le recrutement".
La "restructuration" touche aussi la ferme du Nivot. "L'école ne peut plus compenser le déficit de la ferme. Notre objectif est de retrouver l'équilibre", indique Jean Tromeur, président. D'où la décision d'arrêter l'atelier de 35 vaches allaitantes, de céder l'atelier ovin à un privé. "Un groupe de travail réfléchit également aux moyens susceptibles de rendre l'atelier laitier plus compétitif", informe encore J. Tromeur, précisant que l'atelier de 120 truies qui dégage de bons résultats techniques n'est pas concerné par les changements en cours.
D. Le Du
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