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Ille et Vilaine (35)
Fougères DS’Hum est née, la déshumidification des fourrages va se concrétiser
 
La déshumidification de fourrages sur la région de Fougères va entrer dans une phase opérationnelle. Une coopérative « Fougères DS’Hum » a été créée le 21 septembre avec un premier groupe de 117 agriculteurs (avec versement de parts sociales). Cette structure devenait indispensable pour commencer à fonctionner : achat de terrains, constructions d’usines, recherche de financements… Elle prend en pratique la suite de l’association Deshy 2000 qui a mené la réflexion et les études préparatoires.
116 adhérents sur les 150 que compte l’association ont été enquêtés par le Cergiv. Il en ressort que 94 % sont des producteurs de lait, mais on trouve aussi des éleveurs de chèvres et des agriculteurs bio. Ce groupe dispose de plus de quotas que la moyenne locale, ils sont plus techniques et plus jeunes. L’enquête a surtout permis de connaître les fourrages concernés (surtout luzerne et trèfle violet), d’établir un calendrier de récolte (la pointe en mai et juin détermine la capacité des usines), de déterminer, avec trois sites, la distance moyenne entre l’exploitation et l’usine : 10,3 km. Chaque agriculteur s’est engagé en moyenne sur 3,2 ha de fourrages, soit près de 40 tonnes de fourrages.

96 euros par tonne

Le projet final intègre un développement avec plus d’adhérents (225), mais toujours sur la base de 3 ha. Il tient compte d’un débouché extérieur de 1500 tonnes, soit au total 10300 tonnes de fourrages déshumidifié par an. Fougères DS’Hum recherche donc des adhérents et des surfaces.
La déshumidification (séchage à basse température pendant 48 heures) a été retenue en raison de son autonomie financière dans le fonctionnement. L’investissement (3 sites) dépasse les 6 millions d’euros. Le projet n’est possible qu’avec un montant de subventions de 40 %. Sur ce plan, les porteurs du projet sont confiants, les financeurs se sont montrés favorables à ce projet innovant (première installation collective de ce type, pas de rejet, traçabilité, plus grande autonomie de l’éleveur…). L’objectif est de ne pas dépasser un coût de prestation de 96 euros par tonne, montant au-delà duquel l’intérêt de la formule chute. Les prévisions arrivent à ce chiffre.
Le premier site devrait être opérationnel début 2006, les deux autres l’année suivante. Le choix du premier se fera en fonction des adhésions de façon à tourner au maximum dès la première année. D’autres facteurs (disponibilité de terrains…) pourront intervenir. Même si le temps est encore long avant le fonctionnement effectif, en particulier pour deux sites, la création de la coopérative constitue une étape nécessaire dans la réalisation du projet.

Paul Chauvin



Pourquoi une coopérative ?

La formule coopérative est bien connue des agriculteurs. L’adhésion est simple et les règles sont définies par le conseil d’administration. Elle présente quelques avantages au niveau de la responsabilité qui est limitée ou de la taxe professionnelle (exonération). Les statuts prévoient un engagement de 12 ans qui apparaît nécessaire dans un tel projet vis-à-vis des autres coopérateurs et des financeurs.

Fougères DS’Hum demande 460 euros de parts sociales par hectare dont 100 à verser à l’adhésion. Le reste sera demandé au début des travaux et lors du démarrage de l’activité.

D’ores et déjà, un conseil d’administration de 16 membres a été élu ainsi qu’un bureau composé de 8 personnes. Jean-Yves Prodhomme de Montours assurera la présidence de la nouvelle coopérative.

Contacts : Jean-Yves Prodhomme au 02 99 97 89 44, Philippe Betton au 02 99 97 93 69, André Pitois au 02 99 97 34 15.

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Date de l'article : semaine du N° du 24 Septembre au 1 Octobre 2004
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