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La Cuma tracteur(s) fait partie de la panoplie des leviers envisageables pour compresser les charges des exploitations agricoles. Mieux, la Cuma avec chauffeur apporte aussi une réponse à la pénurie de main-d'œuvre à laquelle sont confrontés de plus en plus d'agriculteurs.
Comme dans de nombreuses communes, la création de la Cuma "labour et travail du sol" de Coray a été motivée par ce double objectif. C'était en 1992.
Douze ans plus tard, la structure compte 17 adhérents dont 8 en système complet avec chauffeur (Il existe aussi une formule "location de matériel"). Un salarié et demi, plus un apprenti à mi-temps, constituent les moyens humains de cette Cuma qui compte entre autres 4 tracteurs, un télescopique, une charrue, une tonne de 12 000 L, un pulvérisateur, un épandeur d'engrais, etc.
La bonne entente est nécessaire
Reste que le matériel ne fait pas tout dans ce genre de regroupement. Il y a aussi les chauffeurs qui sont un peu l'âme de chaque Cuma. Les adhérents le reconnaissent volontiers. "La Cuma, son bon fonctionnement, tient beaucoup aux chauffeurs".
Bernard Mahé, président, délivre un message qui va dans le même sens. "La bonne entente, entre adhérents d'une part et entre adhérents-salariés d'autre part, c'est le moteur d'une Cuma qui marche. La discipline dans la prévision des travaux conditionne aussi son bon fonctionnement. C'est pourquoi nous insistons sur le planning prévisionnel qui doit être établi 3-4 jours, voire une semaine à l'avance".
Producteur de légumes industries, de vaches allaitantes et de volailles sur 65 ha, Patrick Le Du fait partie des premiers adhérents de la Cuma de Coray. "Au départ en retraite de ma mère, je me suis retrouvé seul sur mon exploitation. Il me fallait trouver une solution en termes de main-d'œuvre et je cherchais également à réduire les coûts de mécanisation", relate celui qui est aussi trésorier de la coopérative. Et de poursuivre : "Aujourd'hui, tous mes travaux du sol sont réalisés par la Cuma. Je n'ai gardé que deux vieux tracteurs".
Pour montrer l'intérêt économique de l'opération, cet agriculteur compare les 15 000 euros qu'il paye chaque année à la Cuma pour réaliser l'ensemble de ses travaux et les 6 000 euros d'annuités que lui aurait coûtés l'achat d'un tracteur de 120 CV (sans le matériel qui va avec !). "La main-d'œuvre du chauffeur représente quant à elle entre 150 et 200 heures/an. C'est un travail que, de toute façon, je n'aurais pas pu faire seul", estime P. Le Du. "Ou alors à faire le choix d'être moins présent avec ma femme et mes enfants…".
Didier Le Du
Quelques coûts de matériels
- Traction (sans chauffeur) : 13,03 euros/heure
- Pulvérisation : 9,58 euros/ha
- Épandeur d'engrais : 0,27 euro/ha
- Charrue : 26,53 euros/ha
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