|
C'est à Sulniac (entre Vannes et Questembert) que le Gab du Morbihan organise sa prochaine porte ouverte sur la «bio», le samedi 18 septembre de 14 h à 18 heures (le fléchage est assuré à partir des bourgs de Sulniac et de Questembert). Une porte ouverte double puisqu'elle aura lieu à la SCEA de la famille Le Normand qui a 2 productions importantes, toutes deux en bio, le lait et le maraîchage. Une exploitation qui a connu plusieurs mouvements de personnes et qui est maintenant en société de 3 associés, avec en plus 3 salariés permanents et des temporaires.
C'est une exploitation de 90 ha, dont 8 sont consacrés au maraîchage et le reste aux vaches et génisses, avec bien sûr la production des fourrages et de l'essentiel des concentrés.
Le fait d'avoir une surface relativement importante permet une bonne complémentarité de la production laitière et du maraîchage sur le plan technique (rotations, fumures organiques). Il en va tout autrement bien sûr pour la main-d'œuvre.
Maximum d'autonomie en lait
C'est au début des années 90 que l'exploitation a fait sa reconversion vers le lait bio, pour un quota qui est actuellement de 280 000 litres mais qui n'est pas entièrement réalisé (200 000 litres l'an dernier). Les quelque 44 vaches actuelles et les génisses sont de «couleurs» diverses. Après s'être orienté vers la Pie Rouge et la Normande, la tendance actuelle va plutôt vers la Montbéliarde, avec divers croisements (dont beaucoup de saillies naturelles). La production par vache devrait cette année approcher les 5 000 litres.
Au cours de la porte ouverte, le responsable de l'élevage, Jean Louis Le Normand, insistera en particulier sur l'autonomie, tant de la production fourragère que des concentrés. Le système fourrager est essentiellement à base d'herbe et de légumineuses (foin de luzerne en particulier), ce qui permet de limiter les achats de compléments azotés, sauf lorsqu'il y a (parfois) un peu de maïs. Cette autonomie est toujours importante en bio car les achats extérieurs coûtent très cher et d'autant plus actuellement que le lait n'est pas très bien valorisé.
Cette production laitière est aussi d'autant plus importante qu'elle permet des rotations importantes pour le maraîchage, ce qui limite un peu les problèmes de désherbages et de maladies. Elle fournit également une fumure organique dont les légumes ont besoins.
Pour les associés, une production animale est indispensable pour le maraîchage. Pourtant les associés se posent actuellement la question de la pérennité de la production laitière. D'une part en raison du travail. Et d'autre part parce qu'il y aurait des investissements importants à réaliser.
Des légumes
en vente directe
Le maraîchage est beaucoup plus récent puisque la certification ne date que de l'année 2000. Huit à neuf hectares sont consacrés aux légumes (dont une partie sous tunnels), tous irrigables malgré la rotation régulière. En cette saison, les visiteurs pourront voir au moins une quinzaine de légumes différents.
Ces légumes sont vendus exclusivement en direct, en particulier sur les marchés (5 ou 6 à l'année), mais aussi à des cantines, des magasins bio ou encore à l'association «Manger bio 56» qui gère les fournitures à la restauration collective.
Une partie de la visite sera plus orientée vers la transposition possible du système bio pour les jardins des particuliers. Ils pourront voir entre autre les paillages 100% végétal et bien sûr biodégradables, à base d'amidon de maïs et voir comment sont résolus les problèmes de désherbages et de maladies. Les désherbages en particulier sont contraignants et exigeants en main-d'œuvre. Bien qu'ici la rationalisation soit une règle pour essayer de limiter le travail, selon Pascal Le Normand, la main d'œuvre représente 50% du prix de revient des légumes.
Un autre problème important est celui des semences pour lequel l'approvisionnement doit être bio lorsqu'il existe, ce qui en pratique impose à nouveau de les tester pour déceler les plus adaptées à la situation (tolérance aux maladies en particulier).
Tous ces problèmes et bien d'autres pourront être abordés au cours de la porte ouverte, aussibien avec les professionnels qu'avec les particuliers. Tant en production maraîchère qu'en lait, les groupes de visiteurs seront accompagnés par des producteurs bio de la région. Un stand du Gab sera également sur place.
Pour tout renseignement complémentaire, contacter le Gab au 02 97 66 32 62.
La Bio fait sa rentrée
En plus de cette porte ouverte du 18 septembre, plusieurs événements bio sont programmés au cours de ce mois de septembre.
Une table ronde départementale "Manger bio en collectivité" le mercredi 15 septembre, de 14 à 17 h, salle du Kreis Ker à St Avé. Cette restauration se développe puisque l'an dernier en Morbihan 150 000 repas entièrement bio ont été servis contre 126 000 en 2003.
L'ouverture du marché bio de St Avé le mardi 21 septembre à partir de 16 h 30, au "Bourg d'en bas".
La 9ème foire bio de Muzillac se déroulera les samedi 25 et dimanche 26 septembre. Elle attire chaque année plusieurs milliers de personnes.
Jean Louis Le Rest
|
|