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Pour obtenir une bonne marge, il faut qu’il y ait d’abord du produit. Roger Brault, le président de Normande 35, n’a pas manqué de le souligner devant les éleveurs du syndicat. L’assemblée avait d’ailleurs lieu à l’Earl de la Lorençais à Saint-Etienne-en-Cogles. Cet élevage affiche pour le dernier exercice un produit de 498 euros pour 1000 litres de lait. Le chiffre inclut le lait, la viande, les primes et la variation d’inventaire. L’éleveur ne recherche pas la performance laitière, mais l’augmentation des recettes (veaux et réformes).
À titre de comparaison, les chiffres d’un centre de gestion (Cogédis) concernant les troupeaux normands (clôtures du premier trimestre 2004) donnent un produit de 440 euros. Et s’il s’agit de la moyenne générale, toutes races confondues, le chiffre descend à 376 euros. Avantage à la Normande. Cependant la marge brute Normande est amputée d’un coût alimentaire supplémentaire d’environ 16 euros (plus d’animaux pour un même quota). Au final, un supplément de marge pour la Normande de 42 euros (276 contre 234 euros). Et aussi quelques charges de structure supplémentaires (bâtiment…).
Un bon produit n’exclut pas une réduction des coûts. L’Earl le démontre avec 123 euros de charges opérationnelles, obtenues grâce à un coût alimentaire faible. « Il me sera difficile d’aller plus loin », explique Jean-Michel Lechat. Roger Brault enchaîne : « Il est temps de dire qu’on ne peut améliorer le revenu qu’en diminuant les coûts. Il faut avoir une démarche globale qui prend en compte les produits et surtout la marge dégagée au litre de lait. Et là, la Normande a des atouts majeurs avec des possibilités de diversification ». Une façon de répondre à la baisse de 30 % depuis cinq ans du revenu par UTH en production laitière.
Moins d’inséminations
Ces bons chiffres, Normande 35 entend les faire connaître plus largement. Déjà, les écoles d’agriculture ont été contactées. Des interventions ont eu lieu, des listes de maîtres de stage sont disponibles. Le syndicat a aussi organisé un voyage dans le Finistère (conduite à l’herbe, bœuf et vente directe). L’activité du syndicat s’est aussi traduite par la participation aux concours et notamment le départemental avec 18 élevages et 69 animaux présents.
La Normande a connu une baisse des inséminations premières de 6,3 % en 2003 (38 235 IAP). Elle est moins forte chez les éleveurs au Contrôle laitier (4,3 %). Les éleveurs ont utilisé des taureaux entre 132 et 138 d’Isu, positifs en lait (650 à 790). Ils se sont préoccupés des cellules, de la morphologie, des mamelles.
Côté production, la moyenne frôle les 6000 kg (5916 kg) avec des taux à 44,7 pour le TB et 34,3 pour le TP. Une légère dégradation de la qualité du lait a été observée par le Contrôle laitier (76,8 % de comptages inférieur à 300 000 cellules). En revanche, la réussite en première IA reste bonne avec 59,8 % ainsi que le prix du lait : 340,70 euros.
Au niveau des ventes d’animaux, l’Ille-et-Vilaine reste le premier département fournisseur d’amouillantes pour Synergie normande avec 168 animaux (29 % du total). Le Morbihan est le premier département acheteur suivi des Côtes-d'Armor, de la Loire-Atlantique et du Finistère. En revanche, l’Ille-et-Vilaine vend peu de génisses de 15 jours. À noter que des demandes de femelles vêlées et de vaches en lait constituent un marché à ne pas dédaigner.
Paul Chauvin
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