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Elles se préparent ces machines infernales qui, depuis quelques années, animent les fêtes des Jeunes agriculteurs de la Bretagne. Elles, ce sont ces Mois’Batt sorties de la voie de la réforme pour une nouvelle carrière, non plus pour moissonner, mais pour jouer les Formules 1 des champs. Quelques-uns critiquent ce spectacle sonore et en général dégageant son nuage de poussière et de fumées d’hydrocarbures. Et pourtant rien de mieux pour attirer les foules.
Samedi 11 et dimanche 12 septembre à Plumaudan, elles seront de nouveau de la fête Terre Attitude. Et du spectacle il devrait y en avoir, car les organisateurs annoncent déjà la participation de près de 30 machines. « L’écurie costarmoricaine sera la plus forte, avec une quinzaine de machines, mais le Finistère sera largement représenté avec 8 ou 9 machines. Quelques concurrents sont également annoncés de l’extérieur de la Bretagne et notamment de Sarthe et Vendée », souligne Pierre-Yves Lozahic, responsable du pôle animation de Terre Attitude et spécialiste de l’organisation des Moiss’Batt Cross.
Du temps et de l’argent
Dans le canton de Lanvollon, c’est déjà l’effervescence. Les passionnés attendent l’événement avec une réelle impatience. Trois équipages se sont engagés : Sylvain Le Floc’h et Damien Campion piloteront la Girafe. « Elle en est à sa 9e participation ». La Vachette sera conduite par Mickaël Mayeux et Guy Calvez. C’est le plus ancien de l’équipe mais pas le moins passionné. « On y pense un peu toute l’année et l’on a pas de mal à se motiver », insiste Guy. La Grenouille sera menée par Michel Mellot et Isabelle Quennech’du. Une première pour la jeune femme qui n’a jamais piloté ce genre d’engin. Mais elle n’appréhende pas trop. Et se définit volontiers comme un peu casse-cou.
Privilège d’Isabelle elle ne touche pas à la mécanique. Et pourtant, ces passionnés y passent des heures et des soirées à rénover, changer des pièces, souder ... «Non seulement il faut aimer piloter (ils sont d’ailleurs tous confirmés) mais préparer une machine pour ce genre de sport, nécessite aussi de passer du temps».
D’abord désosser les parties saillantes et surtout, pour des raisons de sécurité pour les pilotes, renforcer le poste de conduite. Sans oublier qu’à chaque sortie, les machines reviennent un peu mutilées, « car chocs et sorties de pistes font partie de spectacle ». Ce qui implique une remise en état, si possible avec des pièces de récupération, et parfois avec du neuf. Le CDJA apporte une aide de 382 euros par machine, mais c’est loin d’être suffisant. « Il faut faire la chasse aux sponsors pour acheter les pièces et tout le matériel nécessaire à la remise en état des machines». Les concurrents du canton tiennent à souligner que sans ces appuis, il serait difficile de poursuivre, faute de moyens. Ils citent aussi les entreprises qui assurent le transport, depuis l’origine des compétitions, les Ets Meurou de Goudelin et cette année pour la 3e machine l’ETA Pin de Plouha.
Faire du spectacle
Il reste encore beaucoup de travail. Seule certitude, elles seront prêtes le jour J. « Il y a toujours quelque chose à faire au dernier moment ». Même dans les stands sur le terrain, entre les épreuves, l’équipe de mécaniciens qui accompagne avec poste de soudure, clés en tout genre et même roue de secours, ne chôme pas.
Quant aux pilotes, ce jour-là ils se concentreront sur leur course, « avec le même tract qu’un pilote de Formule 1 au départ d’un grand prix ». L’objectif est de se montrer le meilleur si possible. « La compétition est acharnée. À chacun son écurie mais toujours dans un bon esprit ». Et lorsque la machine se montre un peu moins performante, il est toujours motivant d’assurer le spectacle. « Le prix de l’animation constitue toujours une grande satisfaction», concluent les pilotes.
Repères :
- 30 machines en compétition.
Epreuves :
- le samedi de 13 heures à 18 heures.
- le dimanche de 14 heures à 16 heures 30.
Pierre Dénès
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