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L’ajustement de l’offre aux nouvelles configurations du marché européen se confirme pour les viandes de dinde selon les observations du Cidef. Depuis le mois de mai, les mises en place effectuées dans les principaux bassins de production sont en retrait sensible par rapport à 2003 : - 6,4 % en France, - 12,3 % en Allemagne et –10,8 % en Italie.
Baisse de 115 000 dindonneaux/semaine
Conformément aux recommandations du Cidef, l’activité nationale depuis le début de l’année a baissé de 115 000 dindonneaux/semaine sur la période de mai à juillet 2004, afin de réguler le marché à la suite des turbulences suscitées par l’adhésion des 10 nouveaux Etats membres. « La Pologne et la Hongrie ont en effet mené une offensive déstabilisatrice sur le marché communautaire durant la période de pré-adhésion (novembre 2003 à mai 2004) », estime le Cidef. Ces pays ont maintenant des coûts de production qui s’alignent sur celui des autres régions de l’Union européenne, ce qui réduit d’autant les avantages concurrentiels.
Le bilan des 4 premier mois de l’année 2004 montrait un repli des achats des ménages en viande de dinde de 11,3 % en volume avec une hausse du prix moyen de détail de + 9,2 %. « La tendance s’est inversée au mois de mai avec une hausse de + 3,5 % en volume dans un contexte toujours morose pour l’ensemble des produits carnés
(-1,6 %). La hausse des prix a été ramenée à + 3,1 % », poursuit le Cidef. La relance des actions promotionnelles a eu un impact direct sur les prix et sur les volumes. Le cœur de cible constitué de ménages à revenu modeste avec enfants a été attiré par les promotions en magasins.
Reconquête du marché
La stratégie de reconquête du marché vise à contenir l’effritement des achats des familles et à recruter des consommateurs jeunes. En effet, comme pour toutes les viandes, la tendance lourde est la chute de consommation dans le cœur de clientèle familiale. Cette tendance a été aggravée momentanément pour la volaille par les répercussions médiatiques des effets de la grippe aviaire en Asie et Amérique.
La campagne de printemps confirme également l’élasticité des achats de dindes en fonction des prix et des animations commerciales. Les prix de la viande de dinde avaient enregistré des hausses importantes depuis 1999 (+ 27 %) la privant ainsi de son attractivité première : l’économie par rapport aux autres viandes.
Une seconde campagne
Le Cidef souligne que l’autodiscipline se révèle une fois de plus indispensable et ses effets devraient être durables dans les six prochains mois. Pour soutenir la consommation de viande et dynamiser les ventes, une seconde campagne de publicité radio va être lancée du 7 au 23 octobre prochains.
Comme au printemps, les messages auront pour objectif de séduire les jeunes consommateurs et de fidéliser les connaisseurs par des idées nouvelles. Plusieurs enseignes de la distribution (GMS et RHD) ont décidé d’apporter leur concours et leur partenariat afin d’optimiser l’impact des spots dans leur propre circuit. L’automne est une saison plus favorable à la consommation de la viande de dinde. L’intérêt nutritionnel et l’aspect pratique des produits renforcent l’attrait du consommateur pour cette viande.
« Nous sommes obligés de travailler en flux tendu », annonce le Cidef. De gros efforts ont été engagés pour mettre en adéquation la production et les besoins fluctuants du marché. De plus en plus concurrentiel, le marché exige un bon équilibre entre l’offre et la demande et un approvisionnement régulier.
Les importations affectent
la production française
En 2003, les importations françaises de viandes de dinde ont progressé de 33 %. Les volumes atteignent 167 000 tonnes équivalent carcasse (42 670 t. de plus que 2002). Ce chiffre est à rapprocher celui de la baisse des abattages en France (-57 486 t. soit –8,6 %). Notre baisse de consommation est restée stable, nos exportations ont chuté, c’est ce qui explique la baisse des abattages. Les efforts de régulation du marché menés par les producteurs français ont profité aux compétiteurs mondiaux, en premier lieu le Brésil. Les exportations extra-communautaires ont été dirigées vers l’Allemagne (52 %) où le Brésil s’installe comme second fournisseur étranger derrière la France mais pas au même prix.
Patrick Bégos
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