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Lait : La Brune progresse à l'Ouest
 
Le grand Ouest (Bretagne, Normandie, Pays de Loire) compte environ 2 500 Brunes au Contrôle laitier. Ces effectifs restent encore marginaux comparativement aux principales races de la région, mais la Brune fait partie des rares races à progresser en effectifs, aussi bien à l'Ouest (voir graphique) qu'en France. Dans le pays, ce sont environ 17 000 vaches qui sont contrôlées, dans une cinquantaine de départements.

Du taux protéique

Il y a très certainement des raisons diverses au développement de la Brune à l'Ouest, mais, l'argument essentiel est en général le taux protéique relativement élevé (33,6 de moyenne), soit pratiquement 2 points de plus que la Prim'Holstein.
C'est également une race très laitière, se situant à la seconde place après la Prim'Holstein, grâce en particulier aux éleveurs US qui avaient orienté leur sélection sur la quantité de lait et la qualité de mamelle. Et la race, dans le monde, a suivi la voie de la Holstein.
Par rapport à la "Noire", elle a sans doute gardé un peu plus de rusticité et donc de longévité, avec une solidité des pieds et des membres, des comptages cellulaires plus faibles, une grande facilité de vêlage. C'est de plus une vache docile.
Bien que spécialisée laitière, la race a cependant gardé un assez bon développement musculaire, ce qui permet de valoriser correctement les vaches de réforme et d'avoir des veaux de boucherie ou taurillons d'assez bonne qualité bouchère.

40 vaches en concours

Cette année à Langourla (Côtes d'Armor), la Fédération Brune Ouest organisait son troisième concours interrégional. Un concours qui rassemblait 40 vaches venant des trois régions. Le concours a été suivi d'une vente d'une vingtaine de génisses de tous âges et de quelques vaches en concours.
On a pu voir dans l'ensemble des animaux de très bonne qualité, des vaches alliant puissance et caractères laitiers, même s'il reste encore sans doute un peu de progrès à faire en mamelle pour certains éleveurs. Cette bonne qualité des vaches de la région commence d'ailleurs maintenant à être reconnue au niveau national sur les concours.
Cette qualité est liée à l'achat de bons animaux au départ et à l'utilisation des meilleurs taureaux français et étrangers.
Dans ce concours Ouest, les éleveurs bretons se sont particulièrement distingués, avec des vaches qui ont remporté les titres de championne Jeune, Championne adulte (et Grande Championne).
La Championne Jeune revient à Rivière qui appartient à Christian Chemin à Chantepie (Ille et Vilaine). La Championne Adulte et Grande Championne est LNB Pendo (voir photo) à l'Earl de Goas Louarn à St Igeaux (Côtes d'Armor). Cet élevage a démarré en Brune il y a une dizaine d'années avec des achats en Côte d'Or. Actuellement le troupeau compte une quarantaine de Prim'Holstein et 25 Brunes. Vers quelle race va évoluer le troupeau ? "Ce sont les meilleures qui gagneront", répond l'éleveur.

Une race internationale

La race Brune est originaire de Suisse (d'où son nom de Brune des Alpes au départ) puis elle s'est développée en Italie, en France, en Allemagne, en Autriche et sur tous les continents (en particulier aux États-Unis). Elle compterait aujourd'hui 10 millions de têtes dans le monde, ce qui en fait la deuxième race mondiale.
Ce sont les Américains qui ont les premiers orienté la sélection vers la quantité de lait et la qualité de mamelle. Puis les semences des meilleurs taureaux de ces "Brown Swiss" ont été importées en France et ailleurs pour lui donner ses caractéristiques actuelles.
Cette internationalisation de la race est naturellement un atout sur le plan de l'amélioration génétique, avec une base de sélection très large et un nombre important de taureaux testés chaque année (400).
En France, on retrouve la Brune surtout en Côte d'Or, sud du Massif Central (Aveyron, Lozère) et Pyrénées. Depuis le début des années 90, elle se développe à l'Ouest où l'on a cependant peu de troupeaux entièrement de la race.



Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Septembre 2004
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