|
Depuis son installation en 1984, Hervé Guézou, légumier sur la commune de Pléhédel (22), place le Coco de Paimpol parmi les cultures dominantes de son exploitation. "C'est une production intéressante qui nécessite peu d'investissements". Même si dernièrement certaines années n'ont pas été roses, le Coco de Paimpol a longtemps été une culture rémunératrice. Et le cru 2004 devrait permettre aux producteurs de consolider leurs trésoreries.
En 1994, Hervé Guézou s'est associé en Gaec avec son frère Dominique. Aujourd'hui, la SAU compte 65 ha dont 35 ha de chou fleur, 12 ha de Coco de Paimpol, 5 ha de brocoli et le reste en céréales "pour la rotation". Les producteurs ont fait le choix du sans labour sur toutes leurs cultures sauf après céréales. Dans la rotation, la culture du Coco de Paimpol suit un chou.
Des semences rustiques
Pour réduire l'effet des fluctuations de cours, Hervé et Dominique Guézou étalent leurs semis de Coco de début avril (sous bâche) jusqu'au 14 juillet. "Nos apports couvrent toute la saison de récolte de juillet à novembre". Les semences utilisées étant très rustiques, la culture du Coco de Paimpol nécessite peu de traitements phytosanitaires. "Et nous apportons très peu d'azote à la culture".
Pour la récolte qui se fait à la main, les producteurs font appel à un groupe de 20 à 25 personnes. "La moitié environ revient d'une année sur l'autre". Les plants sont arrachés à la main puis les cueilleurs s'assoient dans la parcelle et enlèvent les gousses une à une : cette opération, appelée "plumage", permet de sélectionner les gousses. Depuis 1998, la récolte sur l'exploitation se fait dans des caisses en plastique plutôt que dans des sacs. Elles peuvent contenir environ 20 kg et permettent une facilité de pesée et une aération du produit.
Les lots sont ensuite livrés à la station où ils sont agréés avant d'être conditionnés. "Depuis un an, le contrôle de la qualité est placé sous la responsabilité directe des 5 stations de conditionnement. Les responsables de centre ont été formés pour qu'ils adoptent tous les mêmes critères. La totalité des lots apportés par les producteurs sont contrôlés".
Evalué à 0,52 euro/kg, le coût du ramassage fait partie des craintes évoquées par Hervé et Dominique Guézou. "Il a augmenté de 5% cette année et devrait croître encore l'an prochain. Pour équilibrer, les producteurs doivent vendre à plus d'1 euro au kg".
Un début de campagne équilibré
Les apports de Coco de Paimpol n'ont pas dépassé 100 tonnes par jour jusqu'au 15 août et ont progressivement augmenté (220 tonnes en début de semaine) alors que la demande s'amplifiait avec les retours de vacances. Cette bonne adéquation a engendré une excellente tenue des cours : 1,34 euro/kg en moyenne du 1er juillet au 27 août (contre 0,88 l'an passé sur la même période). Cette année, les 650 producteurs (dont 90% de professionnels) ont emblavé 1500 ha et devraient commercialiser de 9 à 10 000 tonnes de produit.
OPINION
«Nous essayons de nous projeter dans l'avenir»
L'obtention de l'AOC (Appellation d'origine contrôlée) sur le Coco de Paimpol en 1998 a permis d'affirmer la notoriété du produit, facteur de maintien de la production. Le Coco de Paimpol est désormais commercialisé sur toute la France. Le Sud-Ouest représente 50% du marché contre 80% il y a 10 ans. Les petits conditionnements (5 et 1 kg) intéressent de plus en plus les consommateurs. A condition de trouver un bon système pour écosser le Coco, la RHF (Restauration hors foyer) pourrait être un débouché intéressant qui permettrait de faire face aux pics de production au mois d'août. Les haricots en grains répondraient aussi à un public plus jeune".
Agnès Cussonneau
|
|