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Vingt ans après le schisme syndical qui a débouché sur sa création, l'UDSEA est toujours là. Toujours là, contrairement à ce que prédisaient certains détracteurs qui n'hésitèrent pas, en 1984, à qualifier le mouvement de "feu de paille". Toujours là aussi, avec une fidélité absolue aux fondamentaux qui ont prévalu à sa naissance : maîtrise de la production et défense de prix rémunérateurs. Des lignes qui restent des valeurs fortes pour le syndicat, pour un objectif jugé foncièrement essentiel par les militants : maintenir le maximum d'agriculteurs à la terre, notamment en permettant à de nombreux jeunes de s'installer – "mais pas seulement dans un modèle unique", disent les responsables –. Par ailleurs, notons que depuis la constitution du syndicat, une autre préoccupation est venue se greffer aux fondamentaux de base : le "respect de l'environnement".
Pour autant que les faits économiques et sociaux écornent quotidiennement l'idéal et/ou les certitudes du "dogme syndical", 20 ans après, les responsables de l'UDSEA n'ont donc rien perdu dans leurs convictions de lutte pour "une agriculture paysanne en harmonie avec la société".
"Le discours de l'opposition ne change pas depuis 20 ans. Son unique solution à la crise reste la restructuration. Pourtant, cette course aux volumes et à la concentration de la production ne changera rien aux conditions actuelles des paysans. Au contraire, elle ne fera qu'accentuer le mal-être de la profession", estime Joëlle Huon, présidente de l'UDSEA. Et de réagir : "Nous, à l'UDSEA, nous refusons ce schéma en complet décalage avec la société. Cette politique de l'agrandissement apporte surtout la disparition de paysans".
«Des tas de projets»
Yvon, Pouliquen, responsable lait et vice-président, s'élève à son tour contre la "seule volonté du syndicat opposé de maintenir le potentiel de production. Il est en revanche beaucoup moins volontariste pour maintenir le nombre de paysans. Si nous ne sommes plus que 4 000 agriculteurs dans 10 ans, qu'aura gagné la société ?".
Ce scénario d'une ferme finistérienne avec une population d'agriculteurs encore divisée par deux dans les 10 ans à venir, l'UDSEA le refuse. Le refuse, car elle croit qu'il existe d'autres alternatives. C'est ce que les responsables entendent démontrer au cours des 3 soirées-débat qui marqueront le 20e anniversaire d'un syndicat qui n'hésite pas à affirmer haut et fort qu'il a "des tas de projets pour le monde agricole".
D. Le Du
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