Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°4209 |
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Ille et Vilaine (35)
Vives inquiétudes de la filière tomate bretonne
 
Saison catastrophique pour les producteurs de tomates sous serres. « Des coûts de production supérieurs à 80 centimes, et des prix de vente à 40 centimes. Les producteurs ne peuvent pas tenir », explique à Bernadette Malgorn, préfète de Région, Pierre Diot le président de la section nationale tomates, producteur en Ille et Vilaine et président de coopérative. La Préféte était l’invitée de la FDSEA 35, sur l’exploitation de Christophe et Jacques Duval, producteurs à Melesse. Ils conduisent 2,7 ha de serres « venelo chapelles » en production unique de tomates en grappes. Et emploient 9 salariés permanents + 11 temporaires.
Cette crise s’explique, selon les producteurs, alors que la production française est stable, par des importations en forte hausse de Pologne, Bénélux, et Maroc, avec des distorsions de concurrence. « Sur la marché de Perpignan, les importations marocaines ont augmenté de 74 % entre janvier et mai, en concurrence directe avec la tomate française sur les mois de mars, avril et mai ». Des importations massives dans des conditions de concurrence déloyales. Le poste main d’œuvre représente en France 34 % du prix de revient en serres hautes.

Concurrence déloyale

« Nous devons faire face à des concurrents qui ont des charges de main d’œuvre très inférieures aux notres. Nous sommes à 10 euros de l’heure, et avions déjà des difficultés face à des producteurs espagnols qui disposent d’une main d’œuvre rémunérée 6 euros de l’heure. La situation s’aggrave puisque d’autres sont désormais à moins de 50 centimes au Maroc ou pire à moins de 30 centimes en Pologne qui emploie des Ukrainiens. Même les Hollandais ont des coûts de main d’œuvre nettement inférieurs en employant des étudiants rémunérés 3 euros de l’heure ».
Les serristes bretons dénoncent l’accord franco-marocain. Ils réclament l’harmonisation sociale par la mise en place d’une taxation sociale sur les produits en provenance des Peco (taxe redistribuée pour le développement social dans ces pays), et une compensation financière pour les producteurs français. Ils veulent également plus de rigueur dans les contrôles sanitaires, jugeant que les efforts entrepris par les producteurs français pour une qualité irréprochable (lutte intégrée …), ne sont pas aujourd’hui reconnus par une grande distribution qui joue avant tout la « stratégie des prix bas » .
Quant aux accords sur les prix avec la grande distribution, la politique du prix minimum n’est pas jugée satisfaisante. Pierre Diot plaide pour la voie du coefficient multiplicateur qui permettrait de fixer les niveaux de marges entre le prix d’achat et le prix de vente final. Autre volet évoqué, l’énergie et les craintes face à l’envolée des cours du pétrole.
La Préfète a écouté attentivement les producteurs, en les incitant notamment pour un certain nombre de dossiers (coûts salariaux, problèmes de qualité) à emprunter les voies juridiques auprès de Bruxelles afin de faire avancer les législations.

Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 27 Août au 3 Septembre 2004
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