Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Ce qui peut faire préférer un produit breton à un autre
 
On parle souvent de guerre économique. De cette guerre de la concurrence où il convient d'ajuster sa génuflexion devant le roi distributeur sans jamais poser genou à terre. "On ne vit que parce qu'on fait vivre nos distributeurs et qu'on fait plaisir à nos consommateurs", analyse pour sa part Pierre Sifflet, directeur de production chez D'Aucy, qui intervenait à la table ronde organisée par le CER du Finistère sur "l'intérêt des entreprises bretonnes pour les produits bretons".
Cet impératif commercial de plaire au consommateur et à son mentor n'en oublie pas moins une autre réalité de même rang : l'entreprise agroalimentaire doit dégager des bénéfices pour pourvoir investir et tenir sur une route jamais tracée d'avance. L'agriculteur est intimement enchaîné à cette vérité économique.
Fort heureux pour les Bretons, la loi du marché ne s'exerce pas que sur les prix. La "sécurité et la variété" recherchées par le consommateur constituent des références sur lesquelles s'appuient les industriels. Les intervenants au débat reconnaissent d'ailleurs le savoir-faire breton – "Il ne s'improvise pas" – et la particularité de travailler sur un territoire aux conditions géo-climatiques intéressantes.

Jouer sur la variété
de l'offre

D'un point de vue global, des similitudes apparaissent entre les différents industriels quant à la façon d'exploiter les atouts bretons.
Le renforcement de l'offre apparaît à ce titre comme le pilier central sur lequel s'adossent les entreprises agroalimentaires. Concrètement, ceci peut se traduire par des gammes de produits plus étoffées comme l'a, entre autres, expliqué Francis Ranc, directeur de développement chez Doux. "Le marché de la volaille est caractérisé par le développement des produits transformés, par des charcuteries de volailles demandant beaucoup d'innovation".
Jacques Guillou, président de la section laitière de Coopagri Bretagne, insiste pour sa part sur l'image véhiculée au travers des marques. "Une marque coûte cher, mais c'est le prix à payer pour garder sa place. Toutefois, dans un marché laitier très segmenté, cela ne suffit pas. On nous demande de tout : du produit très basique premier prix, en passant par les marques distributeur (MDD), mais aussi des produits très élaborés".
Louis Baudrier, directeur de la filière porc d'Unicopa, s'appuie sur l'exemple du jambon pour illustrer la stratégie de son groupe : "Nous ne sommes pas leaders sur une marque, c'est pourquoi nous nous sommes investis dans les MDD, avec ce souci de fidéliser nos clients grâce à nos démarches de traçabilité mises en place dans les groupements. C'est ainsi que les porcs des groupements Unicopa sont traités en priorité dans nos usines et plus largement 85-95 % du porc transformé est français".

Des raisons pour sortir de Bretagne

Ces deux derniers propos mettent en exergue l'attachement des structures coopératives à un territoire et à des adhérents. Pour le privé, l'approche n'est pas forcément identique. "Quand elle était bretonne, la marque Doux était présente dans 35 pays. Aujourd'hui, elle est présente dans 60 pays", cite F. Ranc, sans en dire davantage sur ce que cette forte assise internationale apporte aux producteurs bretons.
Reste que la table ronde ne se voulait pas un plaidoyer pour une Bretagne fermée sur elle-même. Pierre Sifflet a démontré qu'un développement hors région peut également profiter aux Bretons. "Notre développement hors Bretagne, hors France, nous a permis de sécuriser nos approvisionnements et de proposer une gamme plus complète dans le secteur du légume appertisé", explique-t-il. "Cette politique s'inscrit dans une recherche de productivité plus globale intégrant les progrès agronomiques et de mécanisation qui ont permis d'améliorer la marge nette des agriculteurs, la productivité des outils industriels et la fidélisation avec les grandes surfaces". Et de conclure : "Ceci ne nous empêche pas de faire partie des entreprises qui assurent une rémunération aux producteurs parmi les plus élevées".
Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 30 Juillet 2004 au 12 Août 1004
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