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Si ces dernières années, on pouvait assimiler l'activité de la Fémodec (Fédération Morbihannaise de Défense contre les Ennemis des Cultures) à la lutte contre les ragondins, ce n'est plus du tout le cas. Son activité se diversifie de plus en plus, en particulier dans le cadre régional, pour mieux s'adapter aux problèmes des agriculteurs.
Le ragondin depuis
dix ans
Il y a maintenant une dizaine d'années que la lutte collective contre le ragondin a démarrée dans le Morbihan et
elle est étendue à l'ensemble
du département depuis 5 ans.
Il reste malheureusement quelques rares communes qui n'adhèrent pas encore à cette action indispensable pour limiter les dégâts.
On peut estimer que depuis le départ, près de 100 000 ragondins ont été détruits, que ce soit à l'occasion des périodes de piégeage intensif ou d'entretien. Des chiffres très faibles comparés par exemple à la
Loire Atlantique qui en est à 200 000 par an. Si cette lutte collective n'avait pas été engagée assez tôt, on peut imaginer que le Morbihan aurait été presque au même niveau quand on sait qu'un couple peut laisser plus de 30 descendants par an.
Depuis 5 ans que la lutte est engagée sur le département, les destructions annuelles tournent entre 7 et 9 000 captures chaque année pendant la période intensive de piégeage et autour de 12 à 13 000 au total par an. Ceci grâce à un remarquable réseau de près de 1 500 piégeurs bénévoles. Une action qui doit absolument se poursuivre si l'on ne veut pas risquer une explosion des populations de ragondins.
Les taupes
dans 135 communes
Une seconde activité importante reste la lutte contre les taupes. Pour être efficace, celle-ci doit être collective et c'est depuis 1998 (arrêt de la strychnine) que la Fémodec a relancé l'action collective avec l'alphachloralose.
L'action consiste à organiser dans les communes une ou deux campagne de lutte d'un mois par an. L'an dernier 135 communes y ont participé et sans doute un peu moins cette année.
Dans le même temps, la Fémodec a organisé des formations à la lutte, pour tous types de public. En 5 ans, près d'un millier de personnes ont été formées.
La récupération
des phytosanitaires
L'an dernier, la Fémodec s'est associée à d'autres organisations (Chambre d'agriculture, distributeurs …) dans deux actions touchant de très près à la protection de l'environnement.
C'est tout d'abord la collecte des Emballages Vides de Produits Phytosanitaires (EVPP). Plus de 70 tonnes ont été collectées en Bretagne dont 16 tonnes dans le Morbihan (l'équivalent de 62 000 bidons de 5 litres).
C'est ensuite une vaste collecte des PPNU (Produits Phytosanitaires Non Utilisés), qu'ils soient interdits ou périmés chez les agriculteurs ou les jardiniers. En Bretagne, plus de 200 tonnes ont été récupérées dont près de 50 tonnes en Morbihan (pour près de 1 000 apporteurs). Ces produits sont acheminés vers un centre de traitement agréé.
On sait qu'il reste encore chez les agriculteurs des stocks de ces produits. Pour les récupérer, une nouvelle campagne va être organisée en décembre prochain. Ce sera la dernière campagne gratuite de récupération et il est donc important que tous ceux qui ont ce type de produit les apportent à cette occasion. À défaut, la destruction (qui coûte très cher) serait ensuite à la charge des personnes concernées.
Un observatoire
Faune-dégâts
La Fémodec a traditionnellement bien d'autres activités comme la lutte contre le Feu bactérien ou le Chancre du châtaignier ou encore les étourneaux et autres oiseaux à risques. On peut noter aussi en 2003, la mise en place, avec d'autres organisations (et en particulier la Fédération des chasseurs), d'un observatoire Faune-dégâts sur le département, ce qui permet de mieux recenser les dégâts et les prises de nuisibles.
Dégâts aux cultures provoqués par
les corneilles noires
La Femodec précise que les agriculteurs concernés doivent déclarer systématiquement en mairie les dégâts observés. Ces déclarations permettent d’abord de mesurer et d’objectiver les nuisances engendrées. De plus elles permettent, dans le cadre de l’observatoire France-Dégâts, d’argumenter sur la nécessité d’organiser une action de prévention.
Des expérimentations
contre les mouches et les corneilles
Au cours de l'assemblée, les participants ont bénéficié d'informations des travaux réalisés dans deux domaines essentiels par la fédération régionale.
C'est tout d'abord la lutte intégrée contre les mouches dans les élevages. Il s'agit de lutte biologique à l'aide d'autres insectes prédateurs et qui semble donner des résultats intéressants au moins dans certaines situations, en remplacement ou en complément de luttes chimiques pas toujours efficaces.
C'est aussi la lutte collective par piégeage des corneilles. Dans certaines zones bretonnes, ces oiseaux ont cette année causé des dégâts considérables, en particuliers dans les maïs, suite à l'arrêt des traitements de semences à l'anthraquinone. Une expérimentation de piégeage, menée en Ille et Vilaine pendant 2 ans, a abouti à des résultats intéressants. Nous aurons l'occasion de revenir sur ces points.
Jean Louis Le Rest
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