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Chez un éleveur de bovins, les fumiers et lisiers à stocker sont surtout ceux qui sont produits en hiver à une période où les cultures n’en ont pas besoin. Les épandages sont souhaitables (et autorisés) à des périodes précises, variables suivant les besoins des cultures. Réduire les volumes à stocker peut se faire en épandant sur toutes les cultures (céréales, prairies) et non sur le seul maïs. Les besoins de stockage dépendront donc des pratiques agronomiques de l’éleveur. L’approche avec le PMPOA2 se différencie du premier programme avec une entrée par les cultures et non en termes de volumes à stocker.
Du fumier compact aux lisiers, toute la gamme des effluents existe en production bovine. Si le premier peut se stocker au champ, un fumier mou nécessite une fumière avec une couverture ou une fosse. Celle-ci peut être en béton ou une géomembrane. Ajouter aux lisiers, les eaux blanches, vertes, brunes revient à diluer le produit (baisse de la valeur agronomique et augmentation des frais d’épandage).
Des possibilités de traitement
Les effluents peu chargés peuvent être traités. Plusieurs possibilités existent. On pallie les inconvénients déjà cités en réduisant les volumes de fosses, mais il faudra réaliser des interventions régulières. Parmi les solutions autorisées, le filtre à paille fonctionne pour les eaux vertes, blanches, brunes, le purin et les lixiviats, mais pas le lait non commercialisable et le lisier. Une petite fosse est nécessaire avant l’épandage sur prairies par des tuyaux perforés ou un asperseur. Suivant les situations, un lagunage peut être placé entre le filtre et l’épandage.
Le premier traitement peut également se réaliser dans un bassin-tampon à sédimentation avec ou sans lagunage. Autre formule, les eaux vertes des quais et les eaux blanches ont la possibilité d’être traitées par un filtre planté de roseaux. Une cuve-tampon est nécessaire avant deux étages de filtres.
Réfléchir sur le fonctionnement de l’élevage
Avant de choisir, une solution, les éleveurs ont à s’interroger sur le choix entre le fumier et le lisier, sur le traitement des eaux souillées, sur les besoins en stockage qui en découlent. Les réponses peuvent être dictées par les besoins des cultures. Elles ne seront pas identiques d’un élevage à l’autre.
Lorsqu’il y a une demande d’aides, le projet bâtiment doit s’accompagner d’un projet agronomique. Il intègre le plan d’épandage, le plan prévisionnel de fumure, la justification agronomique des capacités de stockage ainsi que des indicateurs d’évolution des pratiques. Le dossier reste complexe, il demande du temps. Et les délais sont courts.
Mise aux normes : Michel David va écrire aux éleveurs
5700 éleveurs ont déclaré vouloir se mettre aux normes, à peine 10 % ont déposé leur dossier. Or la date limite pour le faire est fixée à décembre 2005, soit moins de 18 mois. Il faut mettre à profit ce délai pour voir quels sont les travaux à faire et trouver des solutions adaptées. « Les éleveurs ont tout intérêt à s’en préoccuper rapidement », insiste Michel David, le président de la Chambre. D’ailleurs, il va écrire fin juillet à chaque éleveur concerné en lui joignant un document pour « passer à l’action ».
Un certain nombre d’éleveurs ont des travaux à réaliser, ils doivent prendre contact avec un technicien agréé Dexel. D’autres se posent des questions. Une préétude doit leur permettre de voir quels travaux sont nécessaires ou non, de vérifier la faisabilité économique. Elle peut déboucher sur un Dexel, voire des améliorations de pratiques agronomiques ou sur le constat que l’élevage est conforme. Ainsi l’éleveur démontre sa bonne volonté. La majorité a intérêt à la réaliser le plus rapidement possible (1). À noter que la préétude est subventionnée en totalité.
Ne rien faire revient à ne pas respecter la réglementation (directive nitrates en particulier). Mais c’est en plus pénaliser l’exploitation pour l’avenir avec des primes Pac réduites (conditionnalité), l’impossibilité d’obtenir de nouveaux droits à produire (quotas) et de prêts bonifiés ou encore une non-qualification de l’exploitation rendant la vente des produits moins facile.
Pour faciliter la mise aux normes et limiter le coût, un certain nombre de solutions ont été récemment agréées. Il s’agit notamment de l’épuration des eaux peu chargés : filtre à paille, lagunage, filtres plantés de roseaux. On peut ajouter le stockage des fumiers ou des assouplissements pour les distances d’épandage.
Le président de la Chambre souligne toutefois que la mise aux normes ne doit pas s’accompagner obligatoirement pour une majorité d’éleveurs d’une modernisation des bâtiments : il faut veiller à préserver la santé économique des exploitations.
Contact : Chambre d'agriculture au 02 23 48 26 80. La préétude pourra être réalisée par différents organismes : Chambre, Contrôle laitier, coopératives, privés, centres de gestion.
Paul Chauvin
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