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Prix du lait en baisse et plus instable, aides versées indépendamment de la production, les producteurs de lait se montrent inquiets. « Il ne faut surtout pas se laisser aller, leur recommande le président du Contrôle laitier Christian Denoual. Nous avons la capacité à relever les défis comme nous avons su le faire dans le passé. Nous avons des atouts ».
Une des premières choses est de considérer que la production laitière est très technique et que des gains sont encore possibles sur plusieurs postes. Certains pourraient penser que l’œil extérieur, les conseils sont devenus inutiles. « L’expérience prouve que c’est une solution à court terme. Les erreurs coûtent cher ». Le Contrôle laitier insiste sur la nécessaire performance individuelle des éleveurs pour se maintenir, mais aussi collective, notamment au travers de la dimension génétique (indexation des reproducteurs).
Adapter les services pour mieux accompagner
Alors, l’éleveur devra utiliser les services dont il a effectivement besoin. Cet aspect va faire l’objet d’une formalisation plus précise entre l’éleveur et son conseiller. La diversité des services offerts par le Contrôle laitier (Bâtiments, Dexel, Fertilisation…), vient de la demande de ses adhérents. Elle devrait encore s’accentuer à l’avenir. Avec une précision : ils ne sont pas mutualisés, donc facturés au prix coûtant. « Ces prestations sont proposées en toute indépendance et neutralité », ajoute le président.
L’accompagnement se situe aussi dans la mise en place de la Charte des bonnes pratiques en élevage (CBPE). Plus de 7 adhérents sur dix y ont souscrit. Ils s’offrent ainsi un atout supplémentaire pour être compétitifs. Le Contrôle laitier se dit prêt à s’impliquer dans le dispositif Agriculture raisonnée avec la réalisation du diagnostic initial et l’accompagnement ensuite.
Adaptation en interne
Par ailleurs, l’objectif est de séparer encore plus la collecte de données du conseil. Une expérimentation est en cours avec le contrôle B (enregistrement par l’éleveur) ou CZ (une traite sur deux) pour limiter le coût. L’accroissement de la formule « peseur » doit aussi dégager du temps de conseil.
Les adaptations de la structure pour limiter l’augmentation des coûts, on les retrouve dans le travail qui est réalisé à la région ou au niveau national pour la mise au point de logiciels plus opérationnels (Siel pour remplacer Clarté), pour la formation des agents ou pour harmoniser des services. Cela ne se voit guère. Mais c’est par toutes ses actions que le Contrôle laitier entend rester indépendant et neutre.
Plus de lait par vache, mais moins de vaches
Au Contrôle laitier, deux points auront marqué l’année 2003 : d’une part la baisse significative du prix du lait de 5,6 euros par 1000 litres et l’augmentation de la moyenne laitière : 7490 kg (+ 135 kg) qui vient après une année 2002 également en forte progression (+ 285 kg). Les autres indicateurs n’ont que peu varié. Une des raisons réside dans le recul du nombre de vaches (2,6 % au Contrôle laitier), mais également dans la qualité des maïs et du pâturage avant la sécheresse.
Pour l’année en cours, la production s’est réduite d’environ 5 %, tendance confirmée au niveau national. Ce n’est pas la production fourragère qui l’explique (le printemps a été bon), mais plutôt la baisse des effectifs vaches et génisses associée à d’autres facteurs (environnement, prix des réformes, souhait des laiteries…). Christian Denoual, le président, attend septembre pour faire le point, mais il craint que le retard pris ne soit pas rattrapé. Ce qui constituerait un manque à gagner pour les éleveurs concernés.
Paul Chauvin
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