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Légumes 1999
 

LEGUMES
La qualité c'est d'abord la conscience professionnelle

Il est convaincu que la qualité et la traçabilité des légumes est indispensable. Et pour cela il respecte, et même au - delà, les cahiers des charges établis, enregistre toutes ses pratiques, identifie toutes ses livraisons. Par obligation mais surtout par conscience professionnelle.

Serge Le Bian est installé en Gaec avec un oncle à Carantec. Une exploitation légumière comme bien d'autres dans cette zone avec 13 à 14 ha de choux-fleurs d'automne et d'hiver, 8 à 10 ha d'artichauts, 3 à 4 de salade Iceberg et des céréales qui permettent d'établir une rotation des cultures.

DEPUIS LONGTEMPS

L'exploitant n'a pas attendu la démarche officielle "environnement - qualité" du Cérafel pour s'en préoccuper : "L'agriculteur qui vit en permanence à la campagne est le plus apte et le plus intéressé à avoir un environnement sain. Cette préoccupation rejoint aussi l'aspect économique car tout apport de fertilisants ou de produits de traitement a un coût important. La qualité et le respect de l'environnement peuvent engendrer des coûts et demander du temps en plus mais ils sont aussi source d'économies".

C'est la production d'Iceberg, l'un des légumes les plus sensibles, qui a en fait été le "moteur" du travail réalisé actuellement. Ainsi depuis déjà plusieurs années, Serge réalise une analyse de terre avant plantation et aussi une analyse des reliquats d'azote. Ceci permet d'apporter seulement ce dont le sol a besoin. Et souvent les apports sont quasi nuls, ce qui n'empêche pas d'avoir d'excellents résultats : "Seules les analyses nous permettent de piloter correctement et ainsi de comprimer aussi les charges".

Depuis plusieurs années également, les pratiques étaient enregistrées sur des fiches imaginées par la Chambre d'agriculture. Plus globalement, il y a de nombreuses années également que des opérations telles "Équiterre" par exemple permettent d'améliorer la fertilisation et les traitements : "Avec ces outils, nous pouvons piloter plus facilement, même si ce n'est pas fiable à 100% car il y a toujours le facteur temps qui est primordial en légumes".

ENREGISTRER ET IDENTIFIER

Pour Serge Le Bian, les autres légumes ont suivi peu après l'exemple de la salade. Et la mise en place de la démarche officielle "Environnement - qualité" n'a pas été une grosse contrainte supplémentaire.
Ainsi par exemple pour le chou-fleur, il note sur des feuilles autocopiantes le numéro de parcelle, la commune, la surface plantée, le précédent cultural, la variété, la date de plantation, la fertilisation organique et minérale, les traitements phytosanitaires et l'estimation de la date de récolte. Un exemplaire lui reste, un va au groupement et un à l'organisation de marché.

Lors de la récolte, avec conditionnement à la ferme, chaque plateau est identifié par une étiquette qui indique le numéro de producteur, l'association de mise en marché, le dépôt et un numéro de plateau. En cas de litige à destination, on peut ainsi retrouver le producteur, le dépôt et le jour. Une contrainte que Serge accepte sans problème, même s'il souhaiterait un système plus pratique d'identification.

TIRER PROFIT DES CONTRAINTES

Enregistrements et traçabilité sont un plus pour rassurer les intermédiaires et les consommateurs, même si cela demande une organisation et du temps en plus. Mais, pour Serge, ce qui devrait le plus les rassurer c'est la conscience professionnelle des producteurs : "Pour mieux vendre, il faut convaincre le consommateur que nos produits sont sains."

Beaucoup a été fait depuis plusieurs années, tant dans le choix des produits utilisés (en particulier de protection des cultures) que dans les délais d'application pour éviter les résidus : "Un chou-fleur d'hiver n'a qu'un seul traitement insecticide contre les pucerons et très loin de la récolte, sans risque de résidus ...". Et pour l'avenir, la voie tracée en cultures de serres par la lutte intégrée pourra peut - être aussi s'appliquer en cultures de plein champ (voir ci - contre).

Quant aux enregistrements des pratiques (qui devraient à l'avenir pouvoir être informatisés), ils ont également des aspects très positifs pour les légumiers : "C'est pour nous un tableau de bord, cela nous permet de voir d'une année sur l'autre ce qui a bien ou moins bien marché. Et ainsi de faire aussi certaines économies dans l'utilisation des produits."


 

Jean Louis Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 26 Novembre au 3 Décembre 1999
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