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Serge Le Bian est
installé en Gaec avec un oncle à Carantec. Une exploitation légumière
comme bien d'autres dans cette zone avec 13 à 14 ha de choux-fleurs
d'automne et d'hiver, 8 à 10 ha d'artichauts, 3 à 4 de salade Iceberg et
des céréales qui permettent d'établir une rotation des cultures.
DEPUIS LONGTEMPS
L'exploitant n'a pas attendu la démarche officielle "environnement -
qualité" du Cérafel pour s'en préoccuper : "L'agriculteur qui vit en
permanence à la campagne est le plus apte et le plus intéressé à avoir un
environnement sain. Cette préoccupation rejoint aussi l'aspect économique
car tout apport de fertilisants ou de produits de traitement a un coût
important. La qualité et le respect de l'environnement peuvent engendrer
des coûts et demander du temps en plus mais ils sont aussi source
d'économies".
C'est la production d'Iceberg, l'un des légumes les plus sensibles, qui a
en fait été le "moteur" du travail réalisé actuellement. Ainsi depuis déjà
plusieurs années, Serge réalise une analyse de terre avant plantation et
aussi une analyse des reliquats d'azote. Ceci permet d'apporter seulement
ce dont le sol a besoin. Et souvent les apports sont quasi nuls, ce qui
n'empêche pas d'avoir d'excellents résultats : "Seules les analyses nous
permettent de piloter correctement et ainsi de comprimer aussi les
charges".
Depuis plusieurs années également, les pratiques étaient enregistrées sur
des fiches imaginées par la Chambre d'agriculture. Plus globalement, il y
a de nombreuses années également que des opérations telles "Équiterre" par
exemple permettent d'améliorer la fertilisation et les traitements : "Avec
ces outils, nous pouvons piloter plus facilement, même si ce n'est pas
fiable à 100% car il y a toujours le facteur temps qui est primordial en
légumes".
ENREGISTRER ET IDENTIFIER
Pour Serge Le Bian, les autres légumes ont suivi peu après l'exemple de la
salade. Et la mise en place de la démarche officielle "Environnement -
qualité" n'a pas été une grosse contrainte supplémentaire.
Ainsi par exemple pour le chou-fleur, il note sur des feuilles
autocopiantes le numéro de parcelle, la commune, la surface plantée, le
précédent cultural, la variété, la date de plantation, la fertilisation
organique et minérale, les traitements phytosanitaires et l'estimation de
la date de récolte. Un exemplaire lui reste, un va au groupement et un à
l'organisation de marché.
Lors de la récolte, avec conditionnement à la ferme, chaque plateau est
identifié par une étiquette qui indique le numéro de producteur,
l'association de mise en marché, le dépôt et un numéro de plateau. En cas
de litige à destination, on peut ainsi retrouver le producteur, le dépôt
et le jour. Une contrainte que Serge accepte sans problème, même s'il
souhaiterait un système plus pratique d'identification.
TIRER PROFIT DES CONTRAINTES
Enregistrements et traçabilité sont un plus pour rassurer les
intermédiaires et les consommateurs, même si cela demande une organisation
et du temps en plus. Mais, pour Serge, ce qui devrait le plus les rassurer
c'est la conscience professionnelle des producteurs : "Pour mieux vendre,
il faut convaincre le consommateur que nos produits sont sains."
Beaucoup a été fait depuis plusieurs années, tant dans le choix des
produits utilisés (en particulier de protection des cultures) que dans les
délais d'application pour éviter les résidus : "Un chou-fleur d'hiver n'a
qu'un seul traitement insecticide contre les pucerons et très loin de la
récolte, sans risque de résidus ...". Et pour l'avenir, la voie tracée en
cultures de serres par la lutte intégrée pourra peut - être aussi
s'appliquer en cultures de plein champ (voir ci - contre).
Quant aux enregistrements des pratiques (qui devraient à l'avenir pouvoir
être informatisés), ils ont également des aspects très positifs pour les
légumiers : "C'est pour nous un tableau de bord, cela nous permet de voir
d'une année sur l'autre ce qui a bien ou moins bien marché. Et ainsi de
faire aussi certaines économies dans l'utilisation des produits."
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