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À l'heure où l'on parle tant de restructurations, de regroupements, d'hypothétiques fusions, la coopérative Saint-Yvi Cornouaille, qui "n'a pas l'ambition de devenir une grosse coopérative, préfère la stratégie des rapprochements", a rappelé Alain Quéau, président, lors de l'assemblée générale qui se tenait le 25 juin à Châteauneuf-du-Faou. "C'est notre façon de faire des choses pour nos adhérents dans un contexte où nous avons peu de pouvoir sur la politique agricole. Dans un contexte, aussi, où les agriculteurs ont toujours l'impression d'être les pénalisés du nouvel environnement économique".
Stratégie du pragmatisme
"Pas de gonflette" avec des structures artificielles ou de "regroupements qui partent en quenouilles" donc, comme l'exprime Bruno Le Port, directeur général, qui préfère le pragmatisme. "En d'autres termes : Faisons bien ce qui est à notre portée".
La devise du pragmatisme appliquée à la coopérative s'étend aussi à la production, selon ce dirigeant qui prévient des risques liés à l'agrandissement incontrôlé des exploitations. "Attention à bien maîtriser les investissements. Au-delà de certains seuils, il y a des paramètres plus difficiles à maîtriser, comme les moyens financiers, humains, etc.". Des propos soutenus par le président qui pencherait davantage pour une augmentation modérée des références laitières existantes que pour l'atelier laitier à 1 million de litres parfois entrevu, entre autres par des industriels, comme un modèle d'avenir. "Une exploitation est toujours en sous-réalisation de 50 à 80 000 L. Ce volume peut être produit sans investissement supplémentaire, ce qui se traduit immédiatement en revenu".
Au niveau de la coopérative, cette stratégie du pragmatisme s'illustre, entre autres, par le rapprochement de St-Yvi Cornouaille et de la Clal (Coopérative laitière de Lorient). Denis Gogo, directeur de la filière lait Clal-St-Yvi, dresse un premier résultat : "Ce partenariat permet notamment de diminuer les frais de collecte. Il s'agit là d'une première marche et nous restons ouverts à d'autres".
Un marché "en situation de guerre"
Ce regroupement d'activité, qui porte à près 100 millions de litres le volume de lait traité par Lorco à Pont-Scorff, pèse également sur le plan industriel et commercial. "Nous avons cette volonté forte de ne pas nous exposer au couple beurre-poudre en transformant le maximum de lait en produits élaborés et en mettant en avant l'aspect commercial", rappelle A. Quéau qui cite aussi le partenariat de Lorco et Laïta (marque Paysan Breton). Et d'éclairer ses propos par des chiffres : "En 1990, nous étions à 10 millions de litres transformés en fromage ; en 2005, nous serons à 20 millions de litres (camembert, brie ail et fines herbes, fromage à pâte molle…)".
Ces choix industriels et commerciaux contribuent à consolider la place de la coopérative sur un marché "en situation de guerre", comme le qualifie le président. "Avec le glissement des produits industriels vers la grande consommation, la concurrence est très forte", reconnaît-il, soulignant qu'en parallèle, "les marchés évoluent très vite : les marques perdent des marchés au profit des MDD, des premiers prix et du hard discount. Sans oublier que la consommation régresse voire stagne au meilleur des cas".
Didier Le Du
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