Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°4085 |
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Morbihan (56)
De moins en moins d'installations, de plus en plus de départs anticipés
 
L'assemblée générale de l'Adasea (Association départementale d'aménagement des structures d'exploitations agricoles) est l'occasion chaque année de faire le bilan des évolutions structurelles de l'agriculture. Un bilan qui est de moins en moins réjouissant.

Seulement une centaine d'installations

Dans le département, l'année passée, seulement 104 jeunes se sont installés (installations aidées). Une baisse de 15% d'une année à l'autre et surtout une chute vertigineuse en seulement 10 ans, puisqu'il y en avait à l'époque 2,5 fois plus. La baisse est comparable dans tous les départements bretons, mais c'est toutefois le Morbihan qui installe le moins (le maximum est en Ille et Vilaine avec 145 en 2003). Et encore, il y a dans le total 28% d'installations de femmes qui, le plus souvent s'installent avec leur conjoint.
Pour le profil des installés, il n'y a par contre pas d'évolutions sensibles. L'âge moyen est de 28 ans et 80% ont au minimum un BTA. 70% des installations se font en société, essentiellement en gaec.
Pour les productions, très majoritairement (75%), les installations se font en lait et la relève en porc et aviculture reste très faible. L'aquaculture (6 installations) installe autant que chacune de ces deux productions.
Rare élément que l'on pourrait estimer positif, le coût de l'installation se stabilise depuis 2001, ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas élevé, avec par exemple 237 000 euros de moyenne pour une installation individuelle en lait (pour 217 000 litres de quota)
Fortement liés à l'installation, les Pam sont également en chute sensible avec seulement 56 en 2003 contre 92 l'année précédente.

Beaucoup de préretraites et de reconversions professionnelles

Peu d'entrées donc dans la profession, mais par contre beaucoup de départs anticipés.
L'an dernier, 69 dossiers de préretraites ont été déposés, soit le quota qui avait été attribué au département. Les raisons des demandes sont liées pour 30 à des difficultés financières et pour 39 à des problèmes de santé. On constate depuis 98 que le nombre de préretraites pour difficultés financières ne cesse de progresser. Pour cette année 2004, le quota de préretraites est en diminution et il ne sera sans doute pas suffisant pour satisfaire les demandes.
Les reconversions professionnelles sont également en forte augmentation. L'an dernier, 65 demandes d'aide ont été déposées (en hausse de 45%). Ces départs se font dans toutes les productions, y compris en lait, même si l'aviculture a été sur-représentée l'an passé, ce qui explique aussi peut-être en partie qu'il y ait presque autant de femmes que d'hommes. Ces départs se situent pour 60% dans la tranche d'âge de 40 à 50 ans et les raisons très majoritaires sont économiques et financières. Pour faciliter ces reconversions, l'Adasea propose dans l'année plusieurs sessions "Continuer ou se reconvertir".
Au total, les préretraites et les reconversions (celles qui passent par l'Adasea) représentent déjà plus que le nombre d'installations. C'est dire si la chute du nombre d'exploitations ne peut qu'être rapide.

Un jeune sur quatre privé de 2e versement DJA

Un autre point vient confirmer les difficultés actuelles de l'agriculture. Il est d'autant plus grave qu'il concerne les jeunes agriculteurs.
Rappelons que pour percevoir le second versement de la DJA, le revenu des jeunes doit être compris entre 100 et 140% du "revenu de référence". Sur 209 dossiers présentés l'an dernier, près de 1 sur quatre a été refusé, dont la quasi totalité pour revenu insuffisant. Il y a toujours eu des refus, mais, en 2000 par exemple, les refus pour revenu "trop élevé" représentaient 80% contre 6% l'an dernier. Dans le même temps, les refus pour revenu insuffisant sont passés de 20% à 94%. Non seulement la conjoncture économique est mauvaise et encore plus difficile pour les jeunes que pour les autres, mais en plus ils sont de plus en plus à être pénalisés au niveau des aides.

De plus en plus d'études

En plus des activités précédentes, l'Adasea a en charge bien d'autres dossiers, en relation directe ou non avec les départs et les installations. On peut citer le Répertoire Départ Installation (qui met en relation des cédants et des candidats à l'installation), les DICA (déclaration d'intention de céder l'activité agricole à 18 mois de la retraite) et aussi les transferts de droits à primes pour les bovins et ovins.
Mais surtout, de plus en plus, l'association est amenée à réaliser un certain nombre d'études, en particulier en relation avec les collectivités territoriales, que ce soit dans le domaine de l'aménagement du territoire ou la réalisation de programmes d'actions sur les bassins versants.

Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 9 Juillet 2004
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