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Côtes d'Armor (22)
Vigilance et maîtrise des risques au cœur de la nouvelle politique sanitaire
 
La Fédération des groupements de défense sanitaire du bétail fêtait mardi 22 juin à Ploufragan son 50e anniversaire. Une journée de convivialité pour les délégués, au travers d’un spectacle, mais aussi l‘occasion de rappeler rapidement la formidable évolution de l’état sanitaire du cheptel costarmoricain. De nombreuses maladies emblématiques pour le cheptel bovin, comme la brucellose, la tuberculose, la leucose, le varron, l’IBR …, se font peu à peu oublier.
«Le dernier cas de maladie contagieuse en Côtes d’Armor remonte à 1993», explique Patrick Le Provost, directeur de
la FDGS. Et le taux de qualification des troupeaux pour
ces maladies est très proche de 100 %. «C’est le résultat d’une forte mobilisation collective des éleveurs qui a permis de faire en sorte que l’élevage français et au premier rang celui des Côtes d’Armor ont un niveau de qualité sanitaire excellent», précise Louis Blandel, le président de la FGDS..
Et pourtant depuis les crises sanitaires autour de l’ESB, des salmonelles, des listérioses… le consommateur n’a jamais eu autant de doutes sur sa sécurité alimentaire. Il convient donc de le rassurer et de répondre à ses attentes en faisant évoluer le système sanitaire. «Pour les professionnels, il s’agit de passer d’une logique de lutte systématique, qui n’a plus lieu d’être, à une logique de vigilance et de maîtrise des risques».

Une visite annuelle

Le message semble avoir été entendu, puisque le ministre de l’Agriculture a annoncé début mai, et confirmé la semaine dernière lors de l’assemblée de la FNGDS, la mise en place du bilan sanitaire annuel. Il devrait dans un premier temps concerner les ateliers bovins et plus tard l’ensemble des espèces. Cela se traduira par une visite annuelle d’un vétérinaire praticien dans tous les élevages. Il aura pour mission d’évaluer les risques, de déceler des maladies exprimées et de proposer des solutions adaptées.
Parallèlement un prochain décret va instituer dans le cadre de la délivrance du médicament une visite annuelle dite «visite médicament». Celle-ci prévue à la demande de l’éleveur (et financée par lui), lui permettra d’obtenir des médicaments au cours de l’année sans visite systématique des animaux à traiter. A la demande de la profession, le bilan sanitaire et la visite médicament pourront très probablement être réalisés lors d’un bilan unique.
Par contre, il reste quelques points de divergences et des demandes spécifiques. L’Etat envisagerait notamment d’imposer la visite médicament. Ce que ne souhaite pas les professionnels des GDS, préférant une démarche volontaire de l’éleveur. «Nous considérons que cette visite médicament n’a d’intérêt que si elle est véritablement valorisée par l’éleveur pour améliorer les risques de prévention ou résoudre les problèmes sanitaires spécifiques de son élevage», insiste le directeur.
De même les professionnels estiment que la veille sanitaire doit se substituer aux dépistages systématiques. Patrick Le Provost argumente : «Aujourd’hui les risques sur ces maladies contagieuses sont très limités au sein de l’Union européenne. Les menaces se situent plus loin aux frontières de la nouvelle Europe à 25 et sur le continent africain pour certaines maladies. De fait, il paraît de plus en plus incohérent de maintenir une politique de dépistage systématique à l’introduction et sur les cheptels avec la quasi-assurance que les résultats seront négatifs. D’autant que le coût global de l’ensemble du dispositif s’avère élevé ; 285 515 euros par an pour le département».

Responsabiliser l’éleveur

La profession se sent d’autant plus fondée à réclamer cette évolution qu’il s’agit en fait d’appliquer la réglementation européenne (Directive 64/132). Celle-ci donne le droit aux zones répondant à des critères de très faible prévalence de maladies d’alléger les dépistages systématiques. Les allègements concernent l’introduction des animaux dans la zone concernée, en substituant des tests systématiques par des contrôles documentaires. «Les Côtes d’Armor l’applique depuis 1984 et le Morbihan depuis 2000». Par mesure de sécurité, la profession ne demande pas l’arrêt total des prophylaxies annuelles dans les élevages mais des tests tous les 5 ans. «Plusieurs pays du Nord de l’Europe pratiquent ces allégements depuis plusieurs années. Il n’y a donc aucune raison objective de nous les refuser», souligne Louis Blandel.
Pour autant la fédération se défend de vouloir relâcher la pression sur la vigilance sanitaire. «La mise en place de ces deux dispositifs responsabilise un peu plus l’éleveur en étroite collaboration avec le vétérinaire. Elle doit permettre d’améliorer l’utilisation des médicaments. Ce qui répond à la préoccupation de la société» insistent les responsables. Ils rappellent enfin les actions entreprises par la FGDS pour la formation des éleveurs au travers des réunions, des guides techniques, des contacts réguliers entre éleveurs et techniciens.

Pierre Dénès



Repères

- 99,9 % des éleveurs sont adhérents à la FGDS et seulement 11 refusent d’adhérer.

- Le coût d’une adhésion pour un élevage bovin moyen avec 70 animaux est de 315 euros. À comparer avec l’indemnisation pour seulement un bovin dans le cadre de l’un des plans d’actions qui est de 500 euros.

- L’adaptation des services pour être en adéquation avec l’évolution du nombre d’élevages, s’est traduite ces dernières années par une réduction du nombre de salariés. 56, il y a quelques années, ils ne sont plus que 40 actuellement.

- Les 4 GDS de Bretagne ont décidé de regrouper leur système informatique.




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Date de l'article : semaine du N° du 25 Juin au 2 Juillet 2004
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