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Réserves corporelles des jeunes truies : Une influence, surtout sur les réformes, en fin de première portée
 
Conçus pour répondre aux besoins d’une viande toujours plus maigre, les programmes de sélection mis en place depuis une vingtaine d’année ont indirectement conduit à avoir des reproducteurs de plus en plus maigres. Mais aujourd'hui, les truies produisent davantage de porcelets que par le passé, avec des réserves corporelles moins importantes. Cela joue-t-il sur leurs performances ou la durée de leur carrière? Les EDE (Etablissements Départementaux de l'élevage) - Chambres d'agriculture de Bretagne et l'ITP (Institut Technique du Porc) se penchent sur cette question depuis plusieurs années.

Forte variabilité de l'épaisseur de lard

Une première étude avait été menée en 1996 sur environ 1000 cochettes dans 20 élevages bretons. Ceux-ci avaient obtenu en 1995 des performances de productivité numérique et de nombre de portées sevrées par truie réformée supérieures à la moyenne bretonne des élevages suivis en GTTT. Cette première étude avait montré l’existence d’une forte variabilité inter et intra élevages de l'épaisseur de lard dorsal, quel que soit le stade considéré (livraison, sortie de quarantaine, entrée et sortie de maternité).
Par ailleurs, "il n'y avait aucune relation significative entre les facteurs âge, épaisseur de lard dorsal et poids à la saillie et le nombre de porcelets nés vivants, morts-nés ou sevrés en première portée. Ceci revient à dire qu’il est donc possible d'obtenir d'excellentes performances de reproduction en première portée, malgré une épaisseur de lard dorsal peu élevée", explique Yannick Le Cozler, ingénieur d'études à l'EDE du Morbihan.
Une deuxième analyse, au début de l'année 2003, n'a montré aucun antagonisme entre l'âge précoce à la mise à la reproduction et la carrière de la truie. Cette étude avait porté sur le même échantillon quelque peu réduit (15 élevages - 829 truies) du fait du manque de données dans les autres élevages.
En septembre 2003, une nouvelle étude portant toujours sur les 15 élevages amène à des conclusions supplémentaires : "l'épaisseur de lard dorsal chez la jeune truie a surtout une influence sur le taux de réformes en fin de première portée. Celui-ci est d’environ 16 % chez les cochettes présentant moins de 12 mm d'épaisseur de lard dorsal à la mise à la reproduction, contre 9 % chez les autres. Par la suite, les animaux ayant peu de réserves à la mise à la reproduction ou à la première mise bas obtiennent des résultats équivalents aux autres". Autre constat : le poids à la livraison n'a pas d'influence sur les performances de reproduction et la longévité des truies.

L'alimentation, facteur déterminant

Obtenir un minimum de réserves (notamment au moment du sevrage de la première portée) est donc important, mais la valeur optimale de l'épaisseur de lard dorsal dans un élevage dépend de la génétique utilisée et de la conduite. "Dans certains élevages, on observe des valeurs de 13 ou 14 mm à la mise bas, sans que cela ne soit préjudiciable aux truies ou aux porcelets" indique Yannick Le Cozler.
"La conduite de l'alimentation est un facteur très important dans l'obtention de bonnes performances de reproduction. Les truies réagissent très bien aux variations de quantités d'aliments. Avoir un troupeau homogène (allotement), quel que soit le stade, permet de conduire plus facilement l'alimentation, surtout dans des systèmes avec soupe". Pour poursuivre les investigations sur les réserves corporelles des reproductrices, un nouvel état des lieux des épaisseurs de lard dorsal à différents stades va être réalisé cet été.

Agnès Cussonneau

- Suite à une enquête des EDE et des résultats d’analyses GTTT effectuées par l’ITP, il apparaît que la grande prolificité des truies actuelles ne remet pas en cause leur longévité. Par ailleurs, on sait que la production lactée augmente lorsque la taille de la portée s’accroît et les truies hyperprolifiques actuelles sont capables de produire 10 à 12 kg de lait/j, soit deux fois plus qu’il y a 30 ans.

- Une étude réalisée par l'Inra et l'ITP montre que, malgré la perte de réserves corporelles des truies, le lait est plus riche en lipides (graisses) aujourd'hui qu'il y a 20 ans. Les porcelets, plus nombreux, ne sont pas moins gros en moyenne. Par contre, la variabilité des poids au sein d'une portée a augmenté.

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Date de l'article : semaine du N° du 25 Juin au 2 Juillet 2004
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