|
Outre l'observation de l'état sanitaire, la quarantaine constitue une phase d'adaptation des futurs reproducteurs à l'élevage et de préparation optimale de la fonction de reproduction. L'alimentation est une des clés de réussite de cette phase très importante, qui dure environ 5 à 8 semaines selon les élevages.
"L'objectif de 500 à 700 grammes de GMQ paraît raisonnable, mais peut être adapté au cas par cas. Si le GMQ est trop faible, la croissance du reproducteur ou la constitution de réserves pour la première gestation peuvent être altérées. S'il est trop important, des problèmes d'aplombs ou de mise à la reproduction peuvent apparaître", explique Catherine Calvar, ingénieur d'études à l'EDE 56.
Elle conseille par ailleurs plutôt un aliment de type "gestante" en favorisant les quantités (2,5 à 2,7 kg/jour dans un local confortable et isolé). "Ce type d'aliment permet de constituer des réserves corporelles favorables à une carrière performante. L'aliment de type "allaitante", utilisé généralement dans les élevages, est plus riche en énergie et protéines. A la station expérimentale de Crécom, des essais n'ont toutefois montré aucune différence entre les deux types d'aliments sur les performances en première mise bas".
Un aliment de type "allaitante" ou "jeune reproducteur" peut être utilisé à l’arrivée dans l’élevage quand les cochettes livrées sont vraiment maigres ou légères ou dans des conditions de logement moins favorables nécessitant un apport énergétique journalier élevé. Les quantités distribuées peuvent aussi être ajustées en fonction des conditions de quarantaine.
Faire connaissance avec les cochettes
Concernant la distribution de soupe, l'éleveur devra veiller à ne pas dépasser 3 litres d'eau par kg d'aliment. Les animaux doivent disposer d'un abreuvement à volonté, quel que soit le système d'alimentation. Autres recommandations : un âge minimum à la livraison de 160 jours pour un poids moyen de 105 kg et un âge minimum à la saillie de 215 jours pour les cochettes. L’observation des venues en chaleur est souhaitable, car elle permet d’être sûr de la bonne maturité sexuelle des cochettes.
La quarantaine est donc une phase privilégiée pour examiner et prendre en main les futurs reproducteurs. "C'est important d'y consacrer du temps, pour faire connaissance avec les animaux et les rendre moins craintifs. Il ne faut jamais oublier que l’éleveur passera ensuite trois ans en moyenne avec ces animaux", conclut Catherine Calvar.
Agnès Cussonneau
Peu de différences dans la conduite des primipares
Couramment pratiqué dans les élevages, le sevrage plus précoce pour les primipares (à 21 jours plutôt que 28 jours) peut être intéressant. Le pic de production de lait se situe entre 14 et 21 jours après la mise bas. Passé cette durée, les porcelets vont demander de plus en plus de lait alors que la truie a atteint son maximum. Les réserves corporelles, de graisses ou plus grave, de protéines, risquent de fondre, ceci pouvant nuire au prochain cycle de reproduction. Après sevrage, la démarche est la même que pour les truies plus âgées et il convient de remettre en état les plus légères.
Une autre solution que la séparation partielle ou totale de la truie et des porcelets existe. L'alimentation au moyen d’augettes placées à côté de la mère permet de soulager la truie et de préparer le porcelet au sevrage. Pour une meilleure stimulation et utilisation, il est préférable de servir régulièrement un aliment frais, mais il est inutile d'utiliser des formules et des programmes alimentaires trop complexes. Avant 21 jours, il est préférable de donner de faibles quantités d'aliment aux porcelets car le gaspillage est alors très important.
|
|