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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°4055 |
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L'autorenouvellement pour fermer sanitairement l'élevage
 
On ne s'improvise pas dans l'autorenouvellement. Comme la fabrication d'aliment à la ferme, comme le prélèvement à la ferme, l'autorenouvellement est un métier. Un métier "d'éleveur" que René Jaouen a décidé d'approcher dès 2001.
"Jusqu'en 1997, je faisais rentrer des cochettes de 100 kg, puis par calcul économique j'ai opté pour les cochettes de 8 kg. Pour finalement franchir le pas avec les truies grands-parentales Redone de Pen Ar Lan", explique-t-il, précisant qu'à partir de 2005 toutes ses truies seront issues du renouvellement interne. "J'achète 10 Redone de 8 kg par an. Elles sont issues de la filière classique. À leur arrivée sur l'élevage, elles sont directement mélangées aux Naïma présentes en nursery".
25 grands-parentales pour 330 truies

Pour se garantir la totale maîtrise de l'autorenouvellement, ce naisseur-engraisseur de 330 truies sur deux sites applique avec rigueur le protocole qu'il s'est défini. "Dans chaque bande, j'ai systématiquement 5 Redone que j'insémine avec un verrat Gallia pour produire des Naïma. C'est-à-dire que pour ma conduite en cinq bandes toutes les 4 semaines, il me faut au total 25 grands-parentales", détaille-t-il, indiquant que cette conduite lui permet de recueillir environ 30 femelles Naïma par bande. Femelles qui, dès la naissance, sont tatouées et répertoriées sur une fiche où figure le numéro de la mère et du père. "J'y note aussi le nombre de tétines".
Pour préserver le capital "tétines" des futures reproductrices, l'éleveur met simultanément copeaux et tapis dans la case maternité. Des caillebotis sur le côté et du fil à l'arrière contribuent aussi à épargner les futures "fontaines à lait". Malgré ces précautions, l'éleveur détecte toujours quelques tétines râpées. "Si ça arrive, c'est qu'elles sont trop longues", commente-t-il. Et de préciser qu'il privilégie avant tout les "petites tétines favorables à une bonne tétée dès les premières heures de vie du porcelet".
Au sevrage, René Jaouen opère un deuxième comptage de tétines. "Je privilégie les 16 tétines dont de préférence 8 à l'avant du nombril. En parallèle, je regarde la croissance, les aplombs… Je tiens également compte des performances de la mère. Entre autres, la prolificité et plus particulièrement l'aptitude à sevrer. Car cet aspect qualités maternelles est héritable, c'est-à-dire que la fille d'une mère qui sèvre bien ses petits aura la même aptitude à mener ses porcelets jusqu'au sevrage". À l'issue de cette sélection, une vingtaine de futures reproductrices sont sélectionnées.
Élevage des cochettes à part

Après quelques essais de conduite des cochettes avec les porcs à l'engrais, l’éleveur a aménagé des cases spécifiques pour les femelles destinées au renouvellement. "Il s'agit de salles aménagées dans l'élevage. Cette séparation des animaux présente deux avantages : Premièrement, c'est plus facile à suivre ; deuxièmement, c'est bénéfique sur le plan sanitaire même s'il existe une contamination aérienne. Dès lors que j'ai opté pour la conduite séparée, j'ai vu la différence sur le plan sanitaire".
Ce choix de conduite séparée permet aussi d'appliquer un programme alimentaire adéquat à partir de 25 kg. "Je leur distribue de l'aliment cochette sec à volonté". À noter encore que ces animaux disposent de davantage de surface qu'en engraissement : 1 m2/cochette. "L'objectif est d'obtenir des bonnes cochettes de 100 kg à 154 j avec de bons aplombs".
154 jours, c'est également à cet âge qu'intervient la sélection définitive des futures truies. "Je les trie en m'appuyant sur les fiches, sur les performances des mères et surtout sur l'aspect général. Les 16 tétines sont retenues d'office", détaille l'éleveur, expliquant qu'il dispose d'une assez grande latitude pour ses choix. "Il me faut douze par bande. Ce qui fait un taux de labellisation de 40 %".
Comme le nombre de cochettes disponibles à la source n'est pas facteur limitant, R. Jaouen applique une politique de réforme assez forte sur son troupeau truies. "Je suis à 49,5 % de renouvellement. Avec une pression encore plus poussée après la 4e portée dans la mesure où j'observe que les truies plus âgées ont tendance à faire davantage de mort-nés".



"Un travail qui se fait simplement"

René Jaouen se souvient qu'au départ, il avait "un peu peur du travail supplémentaire. Finalement, mes craintes ne se sont pas vérifiées. Tout cela se fait simplement. Dans les faits, en chaque éleveur, il y a déjà une part de sélectionneur, ne serait-ce que lorsqu'il réforme par rapport aux résultats GTTT".
Quand on demande à cet éleveur de hiérarchiser les avantages de l'autorenouvellement, le sanitaire vient en premier. "Le fait que l'on ne rentre plus d'animaux toutes les 4 ou 8 semaines, il y a moins d'à-coups sanitaires. On le mesure sur la productivité des truies. Entre autres, le syndrome de deuxième portée a disparu. Je pense également que cette technique a un effet sur la Map et le SDRP".
La deuxième satisfaction que cite cet éleveur tient à la qualité des cochettes. "Compte tenu que je peux opérer une bonne pression de sélection, j'ai une bonne maîtrise du choix des reproductrices, notamment par rapport aux 16 tétines".
Enfin, l'argument économique : "J'enregistre des gains liés à la productivité. J'en espérais, mais pas tant que ça. Ensuite, il y a l'économie liée à l'achat de cochettes".
Que des avantages donc ? "Non. On a aussi une moins-value sur les Naïma qui représentent 5 % de l'effectif charcutier. L'idéal serait de sexer tous les petits des Redone pour appliquer une conduite différente. Entre les mâles castrés et les futures Naïma? Entre autres les rationner et les faire partir vers 80 kg - 90 kg".
Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 25 Juin au 2 Juillet 2004
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