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L’alimentation reste un élément qui va bien au-delà d’un simple produit, d’un bien banal, c’est notre art de vivre, notre santé », résume Michel Houdebine, président de l’ABEA. Lors de son assemblée générale, l’association bretonne des entreprises agro-alimentaires (ABEA) s’est positionnée comme le partenaire du bien vivre du consommateur français et européen.
Avec ses partenaires, l’ABEA a déjà mené des actions dans plusieurs domaines. « En travaillant avec les transporteurs, nous avons amélioré les coûts de logistique en obtenant ensemble des gains de productivité. D’autres actions ont concerné les TMS, la sécurité au travail, le programme régional de sécurité alimentaire » souligne le président . Des réflexions ont concerné les équipes autonomes de production, la valorisation des déchets et la problématique de l’emballage. « Nous essayons de balayer des sujets horizontaux et non verticaux propres à une filière ».
Le nouvel axe de travail de l’ABEA concerne donc la santé. La présence à l’assemblée de Claude Saunier, sénateur des Côtes d’Armor et auteur d’un rapport sur « les nouveaux apports de la science et de la technologie à la qualité et la sûreté des aliments » a apporté des pistes de travail.
Eduquer le consommateur
« Les industries agro-alimentaires doivent se rapprocher et travailler avec le monde de l’éducation et de la santé. Ce qui nous guette, c’est l’obésité », rappelle M. Houdebine. Plus de 14 millions de personnes sont en surpoids en France où il y a près de 5,3 millions d’obèses, un chiffre qui augmente de 5 % chaque année. Près de 16 % de 7-12 ans (contre 5 % en 1980) et 11 % des adultes sont concernés. Les prévisions donnent 20 % d’adultes obèses en France en 2020. « L’objectif pour les IAA bretonnes est de développer une culture de la nutrition. Nous avons dans ce domaine des valeurs fortes, un véritable patrimoine », ajoute Christian Couilleau, vice-président de l’ABEA et directeur-général d’Even.
L’ABEA attend un soutien des pouvoirs publics et du conseil régional pour avancer dans ce travail. De leur côté, les entreprises doivent développer encore plus leurs axes de recherche, outil important de développement économique.
Michel Houdebine souligne le danger d’aller vers un niveau excessif de sur-qualité. « Le risque zéro n’existe pas. La sur-qualité, ne fait que perturber les équilibres biologiques en relevant toujours les seuils. Jamais notre nourriture n’a été aussi saine. La France, l’agriculture bretonne et ses IAA font la course en tête au niveau mondial en matière de sécurité sanitaire ».
L’Europe, une passoire
Par contre, il demande que l’Europe et la France fassent respecter leurs territoires, leurs lois et leurs réglementations garant de cette sécurité sanitaire. L’ABEA juge que, sur ce point, l’Europe est large et tolérante. « Elle ne doit pas devenir une passoire, le contrôle doit être concret et sérieux. C’est un point essentiel pour la crédibilité alimentaire de l’Europe ».
La valorisation des produits bretons demande une communication forte. « Nous devons aller vers le consommateur et lui apporter les réponses qu’il attend. Nous avons le savoir-faire, il nous faut le faire savoir afin d’être connus et reconnus », rajoute le président de l’ABEA. Ses responsables n’oublient pas que les IAA se sont appuyées sur l’agriculture pour se développer et que tout ce qui déstabilise l’agriculture aura, à terme, des conséquences inéluctables sur les IAA .
Patrick Bégos
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