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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Article n°4050 |
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Deux élevages ovins ouvrent leurs portes le 8 juillet
 








Yannick Le Gargasson, de Cléguérec (56)

« 300 brebis en système intensif de bergerie »

Je souhaitais une production complémentaire aux cultures. Plutôt que d’investir dans un atelier hors-sol, j’ai préféré créer un élevage ovin », explique Yannick Le Gargasson, installé à Cléguérec en 1991. Par étapes successives, le troupeau passe de 100 à 200 brebis, l’exploitant produisant en parallèle des pommes de terre de semences jusqu’en 2002, date d’arrêt de cette culture.
« Il était de plus en plus difficile de conduire parallèlement ces deux productions. Avec le triage des tubercules, les agnelages étaient décalés de l’automne vers le mois de janvier, d’où un retard dans les ventes : 50 % de mes agneaux arrivaient sur un marché engorgé en mai, juin ». Après signature d’un CTE (encouragement du désaisonnement) en 2002 et construction d’une seconde bergerie, Yannick Le Gargasson augmente son troupeau jusqu’à 300 brebis avec l’objectif de vendre 600 agneaux élevés en bergerie.

Races prolifiques

Deux races composent le troupeau : des F1 (croisement Romanov x Ile de France) et des Inra 401. Ces races prolifiques assurent une productivité de l’ordre de 2,2 agneaux par brebis (2,5 nés) et 1,5 par agnelle. Les béliers utilisés pour le croisement viande sont de race Texel (90 %) et charollais (10 %). « J’ai réparti les agnelages en 3 périodes : le plus important a lieu en septembre et concerne 200 brebis ». Ces agneaux (autour de 400) sont vendus à partir de Noël. Un lot de 50 brebis agnèle en novembre, pour des ventes à Pâques et le troisième (80 animaux dont les agnelles et des brebis en bon état) met bas en avril pour des ventes en été. « Mon but est de vendre le maximum d’agneaux entre Noël et Pâques, le prix de vente étant en général supérieur de l’ordre d’1,20 euro/kg par rapport à l’été, ce qui représente 20 à 21 euros par agneau ».
Ce système exige un bon équipement en bâtiments. Les deux bergeries (1200 m2) permettent de loger 800 animaux (250 brebis, 500 agneaux et le lot de 50 agnelles). Les bâtiments sont équipés d’un couloir central pour le passage d’une désileuse et de couloirs latéraux pour surveiller l’agnelage.
L’alimentation hivernale comprend de l’ensilage d’herbe complété de soja et de blé produit sur l’exploitation. Les agneaux reçoivent un aliment démarrage durant le 1er mois puis du blé et un complément azoté. Y. Le Gargasson préfère l’herbe au maïs, elle lui semble plus souple d’utilisation et lui permet d’effectuer une coupe d’ensilage d’herbe (RGI) avant le semis des haricots.

Distribution mécanisée

« La distribution d’ensilage par désileuse demande 1 heure par jour », explique Yannick, qui travaille seul sur l’exploitation. « C’est en septembre que la charge de travail est la plus importante car 200 agnelages s’étalent sur quelques semaines. Il peut y avoir plus de 150 agneaux à naître par semaine ; il faut isoler chaque mère et ses petits, les identifier, les enregistrer… »
Sur ses 35 ha, il consacre environ 17 ha aux 300 brebis, ce qui correspond à 17 brebis/ha, soit plus de 3 UGB/ha. La vente des agneaux à contre-saison permet de dégager plus de 100 euros de marge brute par brebis et environ 2000 euros par hectare (prix de vente moyen de 5,5 euros/kg).
« Pour avoir quelques chances de réussite, il ne faut pas démarrer sans un minimum de formations dans cette production mais au contraire, visiter des élevages et se faire parrainer par un éleveur confirmé. En agneaux de bergerie, il faut choisir une race prolifique (2 agneaux/brebis) et disposer d’une surface de bâtiment suffisante (de l’ordre de 4 m2/brebis et sa suite), sans tomber dans des investissements excessifs (intérêt des barrières d’occasion). Un système de tri et de contention est également bien utile. Enfin le fonctionnement du système repose sur un bon stock hivernal de fourrages appétents », confie l’éleveur.








Yveline
et Roger Herviou,
de Plévin
(22)

« La production d’agneaux d’herbe en maîtrisant bien les coûts »

« Le mouton, c’est chez moi une passion depuis l’âge de 14 ans », confie Roger Herviou installé avec son épouse Yveline à Plévin depuis 1979. L’installation a été bâtie sur la production avicole (2 poulaillers pour 2 500 m2), 10 à 15 brebis et 7 ha SAU. Dès 1982, la surface s’agrandit par l’achat de 24 ha. « Nous sommes alors monté à 200-250 brebis avec un système basé sur la production d’agneaux d’herbe et des investissements réduits au minimum ». Nouvelle étape en 1990 avec la location de 19 ha, puis en 1994 avec une nouvelle location de 19 ha. Le troupeau s’est étoffé pour atteindre 440 brebis. Ces dernières années, les deux bergeries et le hangar apportent de meilleures conditions de travail (1300 m2 de bâtiments).

Tributaire des conditions climatiques

Les années 2002 et 2003 ont constitué un virage important pour l’exploitation. « Compte tenu de la crise avicole, nous avons demandé la prime de cessation d’activités pour un poulailler de 1 200 m2 et nous l’avons transformé en bergerie. L’année 2003 nous a aussi montré la limite d’un système basé sur l’herbe, très tributaire de la météo. Nous avons donc mis en place la production d’agneaux de contre-saison (agnelages de novembre) à partir d’un noyau de 50 agnelles Ile de France et d’une centaine d’autres brebis croisées sur lesquelles ont été posées des éponges », expliquent les éleveurs.
Y. et R. Herviou souhaitent étaler les ventes d’agneaux, ce qui permet de répondre à la demande du marché, d’échelonner les périodes de travail et les rentrées de trésorerie. « Sur l’année, nous avons donc 3 périodes d’agnelage janvier-février et avril-juin pour la production d’agneaux d’herbe puis octobre-novembre pour l’agnelage de contre-saison (agneaux de bergerie) ».
L’herbe constitue le menu principal des brebis et des agneaux (64 ha sur les 69 ha SAU). L’hiver, les brebis sont nourries avec des betteraves (5 ha) et du foin, les betteraves produisant un rendement meilleur que le maïs sur cette exploitation située en zone froide du Centre-Bretagne. « La majorité de nos agneaux sont finis à l’herbe, afin de réduire les coûts d’alimentation ».

Production laitière et conformation

La prolificité n’est pas le critère essentiel aux yeux des éleveurs. L’objectif est d’atteindre une productivité de 1,6 en brebis, de 1,3 en antenaise et 1 en agnelles de manière à disposer d’au moins 700 agneaux par an dont 100 seront conservés en agnelles pour le renouvellement du troupeau. La valeur laitière des brebis, le gabarit et la conformation des agneaux sont par contre des critères importants, le poids moyen des mâles dépasse 20 kg et celui des femelles se situe autour de 19 kg. « Depuis le départ, nous avons privilégié la rentabilité en réduisant les charges de bâtiments et de matériel au strict minimum. La marge brute par brebis se situe autour de 90 à 100 euros avec un chargement moyen de 7 brebis/ha ».
« La production d’agneaux d’herbe convient bien à l’exploitation, à la qualité des terres, à la pluviométrie, c’est la base de notre système. En choisissant de mener une partie du troupeau en contre-saison, nous essayons à la fois de sécuriser l’élevage par rapport aux risques climatiques et d’étaler les ventes et le travail. Avec l’ancien poulailler, nous disposerons au total de 2 500 m2 de surface couverte. Le facteur limitant devient le foncier. Un agrandissement nous permettrait de monter à 600-650 brebis et de produire des céréales».
La conduite d’un système agneaux d’herbe est pointue. « Il faut des mères bonnes laitières (Texel, Suffolk, Charollais…), l’apport de lait est important dans les 2 premiers mois de l’agneau. Il faut aussi bien maîtriser la pousse de l’herbe, être rigoureux dans les traitements parasitaires des agneaux (en moyenne 2 traitements anti-ténias et 2 anti-strongles). L’agnelage doit se passer en bâtiment. Par contre, certains lots d’animaux peuvent rester dehors en cours d’hiver, tant que les conditions le permettent. Enfin les charges de matériel doivent être réduites au minimum », déclarent Y. et R. Herviou.

Patrick Bégos

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Date de l'article : semaine du N° du 25 Juin au 2 Juillet 2004
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