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La Confédération Paysanne a organisé la semaine passée à Quintin (22) une journée régionale sur "la politique laitière pour assurer avenir et revenu à tous les producteurs. La matinée a été consacrée d'une part au rapport "Trédé" sur l'avenir de la filière laitière, avec l'intervention de M. Berger, du Ministère de l'agriculture et co-auteur du rapport et d'autre part au témoignage d'un éleveur laitier allemand. L'après-midi à la présentation et discussion des positions de la Confédération.
Demain 75 000 exploitations laitières
Le rapport "Trédé" fait tout d'abord un certain nombre de constats qui ne laissent pas place à beaucoup d'optimisme. Ainsi, au rythme actuel, il ne restera plus, en France, que 75 000 exploitations laitières en 2010 avec un quota moyen de 350 000 litres, alors qu'il y en avait encore 200 000 il y a 10 ans. Dans le reste de l'Europe c'est allé encore deux fois plus vite. Et cette évolution, c'est sans compter sur la baisse des prix à venir.
La collecte et transformation par contre n'est pas très concentrée et surtout c'est un secteur fragile, car fortement producteur de produits industriels (près de 30% du lait), et particulièrement en Bretagne.
Face à la production, la consommation a plutôt tendance à diminuer et la distribution tire les prix vers le bas. Il ne faut pas plus compter sur l'exportation à l'avenir, car constate le rapport, "l'exportation de produits laitiers sans restitutions est impossible".
Le rapport fait ensuite un certain nombre de propositions et préconise en particulier de tout faire pour éviter une guerre des prix et pour accélérer les restructurations industrielles.
Diminuer le quota européen
La Confédération Paysanne a une position particulièrement claire pour maintenir les prix : "Face à un excédent structurel de 10 millions équivalent lait, il faut décider collectivement une adaptation de l'offre à la demande européenne et à l'exportation sans aide. Seule la maîtrise de l'offre peut éviter que tous les marchés laitiers soient touchés par des baisses de prix importantes".
En pratique, cela veut dire :
- pas d'augmentation de quota en 2006-2008
- une diminution du quota européen identique dans tous les pays européens
- un gel de quota en fonction de la conjoncture laitière.
- pas de prêt de quota en fin de campagne si les marchés sont engorgés.
Pour la Confédération, les restructurations des exploitations ne sont pas une solution à l'amélioration du revenu car toutes les études (CER, Inra …) montrent que les résultats économiques ne suivent pas au delà d'un certain seuil.
Pour une restructuration industrielle
"Nous devons inciter nos transformateurs à se regrouper et à faire des outils en commun", résumait Joëlle Huon (29). Et aussi à diversifier leurs produits, en particulier en Bretagne et plus encore au niveau des coopératives. C'est aussi ce que disait Alain Berger : "La Bretagne est très exposée à la baisse des prix du lait car elle fabrique beaucoup de produits industriels".
Face à la grande distribution, c'est un regroupement de l'offre qu'il faut : "Les transformateurs s'entendent pour faire baisser le prix à la production, ils feraient mieux de s'entendre pour vendre". Les marges arrière doivent aussi bien sûr être supprimées.
Les pouvoirs publics doivent également contribuer à cette restructuration et à ce niveau, la Confédération demande en particulier la création d'un pôle de recherche en Bretagne avec un financement public pour la création de produits nouveaux.
Une motion des principales revendications
Les participants à la journée ont regroupé dans une motion l'essentiel de leurs revendications. Une motion qu'ils proposeront aussi aux prochaines sessions des différentes Chambres d'agriculture bretonnes.
En plus des revendications exposées précédemment, la Confédération paysanne demande aussi à rencontrer la FNPL pour évoquer les problèmes de fixation du prix du lait et aussi à rencontrer la filière.
Elle souhaite encore la mise en place d'un comité d'étude d'impact des différents scénarios de développement et se refuse à toute modification des PAD et des schémas de structures avant d'avoir analysé les conséquences sur l'aménagement du territoire, les retombées sociales et environnementales.
Enfin, la Confédération souhaite un regroupement européen des producteurs de lait pour arrêter la politique actuelle et renégocier une nouvelle politique. Sur ce plan, le témoignage d'un éleveur allemand a montré que les problèmes étaient au moins aussi cruciaux ailleurs.
Jean Louis Le Rest
Une partie des éleveurs présents à la journée laitière de la Confédération Paysanne des quatre départements bretons.
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