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Les responsables de la commune de St Gilles (3800 habitants) travaillent depuis quelques années sur la réduction de l'usage des produits phytosanitaires sur les surfaces publiques. En 2003, ils sont passés à la vitesse supérieure avec l'élaboration d'un plan de désherbage communal dans le cadre de la charte proposée par le syndicat de bassin versant du Meu et du Garun. "Le plan a été adopté récemment par le conseil municipal. C'est important d'avoir une réelle volonté politique", déclare Jean-Michel Busnel, maire de la commune et agriculteur.
Le plan :
un outil de progrès
Chargée de la mise en place du plan, la Feredec Bretagne a commencé par rencontrer l'équipe municipale et les services techniques, qui ont été associés au projet. Une commission environnement de huit membres a été mise en place. Un audit des pratiques de désherbage a ensuite été effectué : surfaces traitées, produits utilisés, stockage, matériel, éléments de protection des agents applicateurs... Les surfaces désherbées ont été classées en deux types de zones : risque élevé de transfert (surfaces imperméables ou connectées à un point d'eau) ou risque réduit (surfaces perméables et non connectées à un point d'eau - pas de stagnation ou ruissellement).
Des changements ou améliorations de pratiques ont ensuite été décidés. "Nous utilisions déjà le balayage des voies qui vise à ôter la matière organique et les graines. Cela réduit considérablement les mauvaises herbes. La fréquence de ces balayages a été augmentée surtout en mars, avril, mai. Nous avons également acquis une micro-balayeuse pour les zones non accessibles à la grande balayeuse (trottoirs, recoins…). Les caniveaux abîmés ont été rénovés pour optimiser le passage de la machine", énumère Raymond Coz, adjoint à l'environnement.
La commune s'est par ailleurs équipée d'un désherbeur thermique et le désherbage mécanique (binette…) est favorisé. Les responsables prévoient aussi de placer des plantes couvre-sol ou des déchets verts broyés sur l'ensemble des massifs et autour des arbres. "Nous projetons d'acheter un broyeur de branches. Les déchets verts non utilisés immédiatement seront évacués sur une plate-forme".
Le service technique a été renforcé avec l'embauche d'une 9ème personne. "Les agents seront encouragés à suivre des formations sur le désherbage alternatif. Ils sont en première place pour communiquer avec la population de la commune. Globalement, les gens réagissent bien sur ces nouvelles techniques. Mais ils souhaiteraient le même niveau d'entretien qu'avec un désherbage chimique. Les mentalités doivent évoluer".
Agnès Cussonneau
Un plan de désherbage pour près du quart des communes bretonnes
Sur les 1268 communes bretonnes, 300 ont effectué un plan de désherbage communal (ou sont en cours), quel que soit le prestataire de services (Férédec, Bretagne eau pure…). Outre la mise en place du plan de désherbage, les élus de St Gilles s'orientent vers une démarche globale de développement durable sur leur commune avec un projet de Zac (zone d'aménagement concerté). Plusieurs dimensions sont prises en compte : économie d'énergie, travail sur les déplacements, gestion écologique des espaces, gestion de l'eau (récupération des eaux pluviales), mixité sociale. Des capteurs solaires permettront de chauffer l'eau dans la future salle communale.
«Plus de confort de travail pour les employés
communaux»
"Les techniques alternatives de désherbage visent une reconquête de la qualité de l'eau, priorité en Bretagne, mais elles permettent aussi un confort de travail pour les employés des communes. Elles évitent la manipulation de produits chimiques qui comporte un risque pour leur santé. Les communes doivent toutefois consacrer plus de moyens (matériel, main- d'œuvre) pour mettre en place ces techniques. Le plus gros chantier reste la communication auprès du grand public qui doit accepter un peu plus de végétation spontanée".
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