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Depuis de nombreuses années, le secteur agricole s’entend dire qu’il produit trop et que tous ses malheurs viennent de là. Pourtant, la tendance s’inverse dans certaines filières. En 2004, l’Union européenne sera déficitaire de 158 000 tonnes de viande bovine soit deux fois plus que l’an dernier. La production de volaille progresse sur tous les continents sauf en Europe où elle est en stagnation voire en décroissance en 2002. La production ovine chute en France : notre région ne produit que 20% de sa consommation. Si la consommation de viande de porc augmentait significativement, la production pourrait-elle suivre du fait des contraintes environnementales ? La production laitière a également diminué l’an dernier. La raison est conjoncturelle et climatique avant-tout. Cependant la mise aux normes et la nouvelle Pac laitière vont contribuer à la restructuration de la production. À long terme, tous les volumes de lait produits seront-ils récupérés ? « L’agriculture est en passe d’être bradée sur l’autel du libéralisme » a déclaré Jean-Michel Lemétayer au quotidien Les Échos. C’est effectivement l’indépendance alimentaire de l’Europe qui est en jeu. Mais il est alors légitime de se poser la question : l’agriculture et l’agro-alimentaire intéressent-ils encore les dirigeants de nos pays européens ? Puisqu’il est facile de s’approvisionner à bon compte sur le marché mondial, on peut compter sur les pays qui font de leur agriculture, un secteur stratégique, en Amérique du Nord ( USA et Canada) ou du Sud ( Brésil, Argentine, Chili).Et l’on nous explique que ces pays sont tout aussi capables de mettre en place traçabilité et démarches qualité. Les consommateurs européens peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles. À l’ombre des chênes de nos campagnes entretenues par leurs agriculteurs, rémunérés par des aides éco-conditionnées.
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