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Finistère (29)
Le Gaec Penvern séduit par la Charolaise
 
Opérette brille un peu comme la bonne étoile du Gaec Penvern, à Elliant. Achetée génisse, cette Charolaise, «complète en conformation et en production», fille du taureau d'IA Blason, est vite repérée comme une vache à index. Transplantée à plusieurs reprises, elle compte aujourd'hui une descendance de 9 femelles. De quoi asseoir une bonne souche que souhaite se constituer tout sélectionneur. «Une de ses génisses, fille de Jumper, a été transplantée à son tour. À deux ans, elle a déjà 5 veaux. Les filles de cette génisse seront également transplantées».
Insémination, utilisation de taureau inscrit, transplantation, achat. Sur cet élevage, tous les leviers à disposition sont utilisés pour faire progresser le plus rapidement le niveau du troupeau. «Avec l'ambition de vendre des reproducteurs», comme le dit d'emblée Jacky, le spécialiste de l'allaitante sur cette exploitation mixte lait-viande. «Après, c'est aussi une question de chance», en convient-il, en insistant également sur la part qui revient à l'éleveur. «Pour améliorer son troupeau, il faut d'abord s'en occuper, observer, cibler les meilleurs accouplements. Autrement dit : connaître ses animaux pour mieux les améliorer».

«Avec la génétique, rien n'est automatique»

C'est en 1997 que ce Gaec d'Elliant adopte définitivement la Charolaise après avoir été engraisseur de génisses à viande. «Nous avons choisi de rester en Charolais parce que la race nous plaisait. Avant de nous lancer, nous avions participé à une réunion du syndicat de la race". Avec cet objectif de départ bien fixé : développer un troupeau de bon niveau génétique, comme l'ont déjà fait ces éleveurs en lait (Le Gaec Penvern est naisseur du célèbre Okendo, taureau Prim'Holstein de l'Urceo).
Sept ans après l'introduction des premières génisses charolaises inscrites, le troupeau est bien loin des premiers pas réalisés avec du tout-venant. «Les premiers animaux n'étaient pas inscrits. Puis, en vendant deux mauvaises, nous avons acheté une bonne inscrite», raconte J. Lennon. C'est sur ce scénario qu'une vingtaine de jeunes reproductrices ont constitué le noyau de départ du nouveau troupeau dont aujourd'hui
70 % des individus sont inscrits à l'Upra. Et comme «avec la génétique, rien n'est automatique», pour reprendre l'expression de l'éleveur, sur la vingtaine d'acquisitions, sept bêtes se révéleront être des origines susceptibles de constituer une tête de souche.
«Elle valorise bien les fourrages grossiers».
En faisant découvrir son troupeau, Jacky Lennon cherche également à tordre le cou à quelques fausses notes qui collent au cuir de la race charolaise. «Même si je surveille pratiquement tous les vêlages, seulement 20 % d'entre eux nécessitent une aide. Sans doute proportionnellement un peu plus sur génisses et un peu moins sur vaches», précise-t-il. «Mais ça dépend aussi de l'état d'engraissement de la vache et de la sélection faite sur le troupeau. Sachant que de notre côté nous cherchons à avoir de bons veaux bien conformés. Car, comme disent les éleveurs du berceau : à petit veau petit prix. Ce n'est pas forcément ce que nous cherchons».
Cet éleveur insiste également sur la fertilité de la race. «Nos vaches nous font leur veau par an», note-t-il, appuyant encore sur l'aspect laitier des mères. «On le mesure à la bonne croissance des veaux». Sans oublier la bonne aptitude de la race à valoriser les fourrages grossiers. «Pour engraisser la Charolaise, on n'a pas besoin du silo d'aliment à côté»…

Didier Le Du


«Vivre de la Charolaise en 2004»

Quel avenir pour les éleveurs de Charolaises en Finistère ? C'est sur ce thème que se déroulera l'assemblée générale de notre syndicat organisée le 23 juin.

Dans la mesure où, en l'absence de label, nous ne travaillons pas directement avec les bouchers, nous nous poserons la question de notre avenir face à la grande distribution. En effet, nous constatons entre autres que les efforts de traçabilité déployés par la profession profitent d'abord aux distributeurs. Face à cette réalité quelle alternative pour les éleveurs? La vente directe peut, dans certains cas, s'avérer une solution intéressante. Pour discuter de tous ces sujets de commercialisation, nous avons invité Fabrice Aventin, de Coopagri Bretagne, un artisan boucher du Finistère et Michel Gallou, président de la section bovine de la FDSEA.

Au cours du débat, nous parlerons également des possibilités de développement du troupeau charolais. Au regard du nombre d'animaux croisés que compte le Finistère, il existe un réel potentiel de développement de la race. Les éleveurs de croisés ont en effet tout intérêt à passer en race pure. La valorisation de leurs animaux ne sera que meilleure.

En fin de journée, M. et Mme Guy Réguer, éleveurs à Plougasnou, nous présenteront leur élevage et leurs résultats.

Marc Le Verge,
président Charolaise Finistère

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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 25 Juin 2004
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