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La MSA du Morbihan tenait son assemblée générale la semaine passée à Vannes. Une assemblée consacrée en partie à l'activité de la caisse mais surtout à un débat sur la réforme de l'assurance maladie. Une assemblée qui était aussi la dernière du mandat des élus actuels puisque de nouvelles élections auront lieu en début d'année prochaine.
Chute continue des assurés
Avec 128 000 personnes assurées, la population MSA diminue sensiblement depuis plusieurs années. C'est bien sûr particulièrement vrai pour les chefs d'exploitation depuis longtemps. Il n'en reste plus que 10 000 sur le département. . C'est encore plus vrai pour les conjoints et le nombre d'aides familiaux devient tout à fait marginal. Les actifs salariés sont restés stables l'an dernier, mais on peut craindre pour l'avenir compte tenu des restructurations dans l'agroalimentaire.
Quant aux retraités exploitants, ils diminuent également depuis quelques années et cela ne peut que s'accentuer. Les retraités salariés sont et seront sans doute en légère progression mais loin de compenser les pertes globales par ailleurs.
Ce constat est évidemment vrai dans tous les départements. Devant cette évolution inéluctable, les responsables MSA ont depuis quelque temps déjà réfléchi à des solutions pour anticiper les problèmes. La solution serait un regroupement des quatre caisses bretonnes et pour se donner les moyens de réussir cette mutation, les MSA ont envisagé l'échéance de 2010 pour la fusion. Ce sera sans aucun doute un des grands chantiers pour les prochains élus.
Des prestations en hausse
Malgré la baisse des effectifs, globalement les prestations continuent à progresser sensiblement (+ 4% en 2003), aussi bien pour les exploitants que pour les salariés.
La progression est particulièrement importante pour les dépenses de santé qui augmentent de 5 à 6% par an (à effectifs comparables), soit à peu près au même rythme que pour l'ensemble de la population.
Les prestations familiales progressent pour les salariés (+ 6%) et diminuent pour les actifs agriculteurs, mais uniquement en raison de la baisse du nombre d'enfants.
Le montant des retraites des anciens agriculteurs continue également à progresser malgré la diminution du nombre. Mais cette augmentation est due exclusivement à la mise en place de la retraite complémentaire.
De plus en plus d'actions sanitaires et sociales
Si toutes les prestations précédentes sont "légales" et s'imposent à la MSA, celle-ci a par contre une marge de manœuvre sur le financement et les prestations de l'action sanitaire et sociale. Tout d'abord en mettant au service des différents publics d'assurés des travailleurs sociaux (19 en Morbihan) et aussi par des prestations diverses et des aides variées.
L'an dernier, la MSA y a consacré 2,8 millions d'euros, un chiffre en progression sensible, puisque depuis 5 ans l'augmentation est de 40%.
Cette augmentation est bien sûr, pour au moins une part, justifiée par les difficultés croissantes de nombreux assurés. Ces difficultés se traduisent aussi par des difficultés de paiement de cotisations sociales. L'an dernier, le solde s'est à nouveau un peu détérioré, malgré une amélioration au niveau des entreprises. Il y a actuellement 1 500 échéanciers en cours au niveau de la MSA.
Jean Louis Le Rest
REPERES
Le résultat d'exploitation de 2003 est déficitaire de 345 000 euros, mais grâce au résultat financier et après neutralisation des événements exceptionnels, le résultat d'ensemble dégage un léger excédent.
La MSA 56 va changer de directeur. Jean Pierre Vignaud va prendre la responsabilité de Mutualia au niveau national et régional ainsi que la direction de MSA Services du Morbihan. Madeleine Talavera, directeur adjoint à la MSA de Gironde va lui succéder.
Les prochaines élections en début d'année prochaine se feront uniquement par correspondance. En Morbihan, près de 70 000 assurés auront à élire près de 400 délégués cantonaux.
Pour la réforme des retraites, les décrets concernant le coût de rachat des périodes non cotisées d'aide familial ne sont toujours pas parus. On peut craindre un montant dissuasif.
"L'absence d'indemnités journalières est une injustice".
"Dans le cadre de la réforme de l'assurance maladie, pour laquelle nous craignons que les mesures soient insuffisantes pour combler les déficits accumulés, nous regrettons que rien n'ait été prévu pour les indemnités journalières des agriculteurs.
Les exploitants n'ont pas d'indemnités journalières et les rentes d'invalidité restent excessivement faibles. C'est une injustice car les agriculteurs cotisent autant que les autres catégories, en fonction de leurs revenus".
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