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Loic Torlay (48 ans) et son épouse Marie-Cécile ouvriront les portes de leur élevage laitier le jeudi 24 juin à l'occasion de l'assemblée générale des éleveurs morbihannais de la race. Un élevage qui est passé très progressivement de 90% de "Noires" en 1981 à 90% de Normandes actuellement.
Des problèmes de fertilité et de métabolisme
"Lorsque je me suis installé après mes parents, en 1981, il n'y avait que 3 ou 4 Normandes. Je n'étais pas vraiment attiré par cette race car mon idée c'était plutôt la performance. Je tournais bien en production, avec 9 000 kg de moyenne. Mais, j'avais des problèmes de fertilité, des taux cellulaires élevés et quelques problèmes métaboliques avec les "Noires". Ce qui n'était pas le cas avec les Normandes. En fait les "Noires" se sont progressivement éliminées d'elles-mêmes par l'obligation de réformer".
Actuellement, le troupeau est constitué à 90% de Normandes. Autour de 33 vaches pour un quota de 236 000 litres pour une référence matière grasse de 41,9. La "Normandisation" s'est faite essentiellement par croissance interne, mais aussi il y a quelques années grâce à quelques achats auprès de "Synergie Normande" : "Ce sont ces animaux qui se sont avérés les meilleurs et qui constituent maintenant la base génétique du troupeau".
Et, contrairement à ce que craignent beaucoup d'éleveurs, le taux de matière grasse n'a pas augmenté avec les Normandes. Ce serait même plutôt l'inverse. Il est vrai que le niveau de production (8 000 kg) est relativement élevé, ce qui peut l'expliquer en partie. Et, même si le taux butyreux avait augmenté, à quota inchangé, la recette lait aurait été comparable.
Ce relatif haut niveau de production satisfait le besoin de performance de l'éleveur mais en plus, les résultats de fertilité se sont sensiblement améliorés (62% de réussite en 1ère IA) et les problèmes de cellules et métaboliques sont devenus très rares.
Du maïs toute l'année
Une des raisons de la performance est bien évidemment l'alimentation. Sur ces terres plutôt séchantes mais portantes, l'alimentation est à base de pâturage de ray grass anglais + trèfle blanc (en paddocks) et de maïs. Celui-ci ne représente que 30% de la surface fourragère mais il est distribué toute l'année avec un minimum de 5 kg de matière sèche "pour avoir un meilleur état corporel et une bonne fertilité".
Jusqu'à cette année, il y avait également des choux, mais peu d'ensilage d'herbe. Celui-ci a été réalisé en plus forte quantité cette année pour avoir plus de stock de sécurité. Le foin est réalisé en assez grande quantité mais il est pour une bonne part de qualité moyenne car fait essentiellement sur les 17 ha de marais.
Le concentré (acheté), distribué au cornadis, est à un niveau relativement modéré malgré le niveau de production. Il se situe à 143 g par kg de lait, ou encore 32 euros/1 000 litres (21 centimes de F par litre).
Format, mamelle et caractères fonctionnels
La seconde raison des performances est bien sûr génétique. Une génétique qui est maintenant travaillée en particulier dans le cadre d'un GIE à 4 éleveurs.
Au niveau des accouplements, Loic raisonne bien sûr au cas par cas en fonction des vaches, mais globalement il recherche le format ("je trouvais certaines vaches un peu trop petites"), la qualité de mamelle et aussi les caractères fonctionnels : "En morphologie, la musculature n'est pas pour moi un critère essentiel car le caractère est bien fixé dans la race et je ne fais pas de taurillons. En caractères fonctionnels, j'évite en particulier les taureaux négatifs en cellules. Pour les critères de production, je n'accorde pas trop d'importance à l'Inel (lait et taux). C'est plutôt l'Isu qui est important".
En général, l'éleveur utilise au moins 5 à 6 taureaux par an. Par le passé, des taureaux comme Valabri et Diamètre ont bien marqué le troupeau. Actuellement les plus utilisés sont Manizalès, Noyalo, Nivea et Miglou …
Preuve de la qualité morphologique du troupeau, les résultats obtenus dans les concours, que Loïc Torlay fréquente régulièrement. On peut noter en particulier deux prix de meilleure mamelle (jeune et adulte) au concours national de la race, un 1er prix de section au Space et de nombreux prix de championnat aux départementaux.
Jean Louis Le Rest
REPÈRES
La SAU est de 60 ha, dont 10 de blé meunier, 15 de maïs fourrage, 18 de RGA+TB (exploités en paddocks) et 17 ha de marais (foin).
Le troupeau laitier est de 33 vaches (+ toutes les génisses) dont près de 30 Normandes, pour un quota de 236 000 litres à 41,9 de TB.
L'étable est constituée d'un bâtiment neuf avec paillage intégral, alimentation au cornadis, salle de traite épi 2 x 4. Fosse de 250 m3 pour les eaux blanches et vertes.
La production par vache est de 8 000 kg à 43,3 de TB et 34,8 de TP (+ 1pt de TP en laiterie). Le coût de concentrés est de 32 euros/1000 litres.
La réussite en 1ère IA est de 62%
Les index : Inel 10,3 - Lait + 250 / TP + 0,2 / TB – 1 / ISU 111,8. Pointage moyen du troupeau 82,4.
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