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Pourquoi s’intéresser à la génétique quand on est éleveur de vaches allaitantes ? « La finalité est d’améliorer le revenu », répond Michel Gapaillard de Ploufragan (22). Plus concrètement dans l’élevage, les effets les plus marquants de la génétique ont concerné les poids de carcasse et la vitesse de croissance. Des aspects qui sont importants pour ce naisseur-engraisseur (taurillons, génisses au label et en vente directe) avec 65 vaches charolaises. Cet élevage fait partie du Gaec du Bois Glé installé sur un autre site en production laitière.
L’amélioration du troupeau passe par les taureaux. Une moitié des veaux nés chaque année est issue d’insémination. Les génisses sont systématiquement inséminées avec des taureaux connus pour leur facilité de vêlage. L’insémination est également pratiquée sur les meilleures vaches en vue du renouvellement. En utilisant leurs index, le centre d’insémination propose un ou des taureaux permettant de corriger ou d’améliorer certains postes. « Avec les taureaux d’insémination, il y a moins de chance de se tromper, puisqu’ils sont testés sur leur production ». En 2003, l’éleveur a même utilisé 5 taureaux de testage.
Plusieurs taureaux sont nécessaires
Deux taureaux sont présents. S’ils viennent de ferme, leur origine est cependant connue car ils sont issus d’insémination. L’examen du bilan génétique du naisseur, le coup d’œil de l’éleveur et d’un collègue affinent les choix. Michel Gapaillard est exigeant sur l’aptitude laitière, « la vache doit avoir assez de lait pour bien nourrir son veau, l’index lait doit être au moins à 102-103 » et sur la facilité de naissance « au moins 95 ». Il ne dédaigne pas le gabarit car « à l’abattoir, le poids est mieux valorisé que le classement ».
Alors l’objectif est de viser un veau d’au moins 45-50 kg pour espérer avoir un animal qui se développera bien. L’éleveur n’utilise pas de taureaux à génisses sur les vaches. « Ces dernières doivent donner un meilleur produit. Un seul taureau pour toutes les femelles n’est pas une bonne solution ».
Si le bilan génétique sert en interne pour les accouplements, le choix des futures reproductrices avec les index IVMAT et Alait, il est aussi disponible pour les quelques acheteurs de reproducteurs. « La majorité ne s’y intéresse pas. Elle recherche un taureau qui puisse convenir à toutes les femelles ». Les progrès risquent d’être lents et la marge inférieure à ce qu’elle devrait être.
Paul Chauvin
Hors-texte
Des index au-dessus de la moyenne
Après plus de 15 années de suivi par Bovins Croissance (pesée, pointage) et l’utilisation de taureaux améliorateurs, les index du dernier bilan génétique mettent en valeur le travail réalisé. Pour le troupeau de femelles, les index synthétiques ISEVR (100,9) et IVMAT (100,9) sont meilleurs que la moyenne de la race (97,8 et 97,9). Pour l’ascendance paternelle, avec le choix de taureaux réalisés, l’écart est plus fort : ISEV à 109,2 contre 105,4 et IVMAT à 108,6 pour une moyenne de 105,8. Il est donc logique que les veaux disposent d’un ISEV à 105,7 au lieu de 101,8.
Ces moyennes cachent quelques bons éléments comme cette mère à taureaux avec un ISEV à 111 et un IVMAT à 121. « Une vache qui au coup d’œil n’a rien d’extraordinaire, mais qui produit bien ».
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