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Pierre Bouvrais, éleveur de Limousines : Le bilan génétique, utile pour gérer le troupeau
 
Un petit effectif n’exclut pas de s’intéresser de près à la génétique. Pierre Bouvrais de Ploeuc-sur-Lié (22) ne dispose que de 18 vaches allaitantes Limousines et autant de Prim'Holstein. Les premières ont été introduites progressivement pour compenser un quota laitier trop limité.

Mais dès le départ (en 1989), le choix a été fait d’acquérir des animaux de qualité inscrits au herd-book. Le suivi par Bovins Croissance avec pesée des veaux et pointage a suivi rapidement. Au départ, il n’a pas été question d’acheter un taureau, le nombre de femelles étant trop restreint. Puis le nombre aidant, l’éleveur a acquis un taureau. Mais avec le dernier, les veaux étaient le plus souvent moyens et ses index baissaient régulièrement. Aujourd’hui, seuls les taureaux d’insémination sont utilisés.

« Mon petit effectif ne me permet guère d’investir dans un taureau. D’une part, un taureau avec des références est cher et d’autre part, il est encore pas ou mal connu, au moins sur sa descendance. De plus il faut le renouveler tous les trois à quatre ans. Les taureaux d’insémination disposent des meilleurs index, explique l’éleveur. Malgré tout, les index représentent des données fiables même si on voit parfois un décalage ».

Des chiffres utiles

À quoi peut servir un bilan génétique ? Pierre Bouvrais s’en sert pour accoupler ses femelles. « Je cherche à corriger les défauts en utilisant un taureau complémentaire ». Comme il le fait avec ses laitières. « Je ne mets donc pas un index en avant, ils sont tous importants. Néanmoins les objectifs restent le potentiel de croissance et la viande ».

Une vache manque de musculature (index DMSev) mais vêle bien (IFNais), le Centre d’insémination recherchera avec lui le ou les taureaux corrigeant au mieux les insuffisances en fonction de l’objectif recherché (renouvellement ou viande). Et cela pour chaque femelle y compris les génisses qui ont aussi des index. L’éleveur a ainsi utilisé 5 à 6 taureaux différents sur l’année passée. Du sur mesure. Le contraire du taureau bon pour toutes les vaches.

Avec l’insémination, il faut être vigilant dans la détection des chaleurs. « C’est assez facile en stabulation avec les vêlages d’automne, l’insémination se pratique alors au cornadis. Après la mise à l’herbe, il faut aller voir le troupeau et j’utilise un ratelier-cornadis ». Seule une petite partie du troupeau est concernée.

En plus du choix des accouplements, l’éleveur se sert du bilan génétique pour choisir les génisses à conserver et parfois pour décider de la réforme. De plus, lorsqu’il lui arrive de vendre un reproducteur, l’acheteur lui demande de plus en plus souvent les index de l’animal et de ses ascendants. Le bilan génétique est devenu un outil pour gérer le troupeau. Pierre Bouvrais aurait du mal à s’en passer. Il attend le prochain pour voir les évolutions : le dernier taureau de monte naturelle n’y aura plus de produits.

Paul Chauvin


Hors-texte

Quelques données sur les index de l’élevage

Concernant l’ascendance maternelle, en dehors de la facilité de naissance (98,9) légèrement inférieure à la moyenne de la race (101,3), les autres index élémentaires sont au-dessus : croissance au sevrage : 99,9 (97,7), développement musculaire : 100,1 (99,1), développement squelettique : 100,6 (98), aptitude à l’allaitement : 102,1 (100,0). Bien entendu les index synthétiques dépassent les chiffres moyens : ISEVR : 99,7 au lieu de 96,5 ; IVMAT : 102,5 à rapprocher de 97,6. Une belle régularité qui se retrouve aussi visuellement sur les femelles.

Pour les veaux, l’index sevrage 97,3 passe sensiblement au-dessous de la moyenne. Le taureau de monte naturelle utilisé a sa part de responsabilité : ses index baissaient au fil des années. D’ailleurs aucune fille n’a été conservée.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Juin 2004
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