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Des chiffres pour mieux apprécier la valeur génétique des animaux
 
Comme les producteurs de lait, les éleveurs de vaches allaitantes disposent d’un bilan génétique pour leur troupeau pour peu qu’ils enregistrent les performances de leurs animaux (pesées), que ceux-ci soient pointés et qu’un minimum d’inséminations soit réalisé. C’est un moyen puissant d’apprécier un animal au travers de ses performances propres et surtout de celles de toute sa lignée. Avec la connexion, la comparaison des index entre élevages devient possible. Il complète le coup d’œil toujours subjectif. D’ailleurs les éleveurs qui choisissent un reproducteur veulent le voir, mais aussi sa mère, son père… et l’ensemble de sa lignée.
Le bilan génétique n’est autre que le chiffrage de tous ces éléments. Il permet donc de situer le niveau génétique de l’élevage, de sélectionner les reproducteurs mâles et femelles et de gérer les réformes et les accouplements.

Différents index élémentaires sont calculés. Ils se combinent dans des index synthétiques :

• L’index facilité de naissance (IFNAIS) traduit l’aptitude à produire des veaux légers à la naissance. « Les vaches vêlent bien ». On le compare à la moyenne de la race. La donnée de base est constituée du poids à la naissance auquel est appliquée une correction en fonction du sexe, du rang de vêlage, de la saison. À titre d’exemple, en Charolais en 2003, la moyenne de l’index était à 102,3 (ascendance maternelle).
En 2005, pour toutes les races, sera calculé un nouvel index de facilité de vêlage (IFVEL). En plus du poids à la naissance, il prendra en compte les conditions de naissance (avec ou sans aide). Certaines vaches font des gros veaux et vêlent bien et inversement.

• L’index capacité de croissance (CRsev) avant sevrage traduit l’aptitude d’un animal à gagner du poids entre sa naissance et son sevrage s’il est correctement élevé par sa mère. Le poids à âge-type 210 jours (avec des corrections) est la base de calcul.

• L’index développement musculaire au sevrage (DMsev) indique le rebondi musculaire du veau au sevrage. Il est fonction de la note de pointage effectué entre 4 et 12 mois.

• L’index développement squelettique au sevrage (DSsev) traduit le format de l’animal au sevrage.

• L’index aptitude maternelle à l’allaitement (ALait) indique l’aptitude d’une vache à élever son veau de la naissance au sevrage grâce à son potentiel laitier et à son comportement maternel. Il mesure le potentiel laitier de la vache.

Ces index élémentaires sont combinés dans deux index synthétiques. L’index au sevrage (Isevr) traduit les qualités de croissance et de morphologie d’un animal au sevrage en combinant les effets directs (IFNAIS, Crsev, DMsev, DSsev). Il concerne tous les types d’animaux.

• L’index de synthèse de valeur maternelle au sevrage (IVMAT) traduit l’aptitude d’un (futur) reproducteur à produire des veaux de bonne qualité au sevrage en combinant les index d’effets directs et d’effets maternels (ALait et IFVEL). Il intéresse en particulier les vaches et les taureaux pères de (futures) reproductrices.
Le volet de synthèse du bilan génétique fait aussi apparaître l’effet élevage sur le poids à 210 jours. Il traduit les influences communes à tous les animaux d’un même élevage (alimentation, conduite, sanitaire…) sur le poids au sevrage par rapport à la race.
Pour que les données de l’élevage soient comparables à la race, l’élevage doit être connecté, généralement au travers d’un nombre minimum d’animaux issus d’insémination (au moins cinq veaux sevrés issus d’insémination). Le Caco (coefficient d’admission au rang des troupeaux connectés). Il doit être d’au moins 0,40 pour que la connexion soit admise. Plus il est proche de 1, meilleure est la comparaison par rapport à la race.



Lire les index

Le bilan génétique dans son volet de synthèse fait apparaître les index pour les ascendances maternelle et paternelle et le niveau génétique des veaux nés. La nouvelle présentation donne pour un index comme l’IVMAT, la valeur 2003, par exemple 103,0 dans l’élevage, son évolution par rapport à 2002 matérialisé par des flèches, la moyenne de la race (97,9) et un graphique précise la position de l’élevage. En l’occurrence, il se situe à +5,1 points.
En pratique, ce chiffre signifie que l’élevage en question fait partie des bons index IVMAT. Entre 0 et 4 points d’écart positif par rapport à la race, l’index est moyen, 20 % des animaux entrent dans cette catégorie. De 4 à 8 points, l’index est bon ; il correspond à l’index de 15 % des animaux. Au-dessus de 8 points, l’index est qualifié de très bon ; il n’y a que 15 % des effectifs de la race qui sont à ce niveau. Ce type de classement est symétrique si l’écart par rapport à la race est négatif.
Pour les taureaux utilisés, les vaches et les génisses, le bilan génétique fournit les index élémentaires et synthétiques de chaque animal. Pour les taureaux, il précise leur utilisation dans la période. Ils ne peuvent avoir d’index Iboval qu’avec au moins 25 produits évalués.
Chaque vache dispose d’un rappel de ses origines, des informations sur le dernier vêlage, de son pointage adulte, de ses index et de la qualification Upra. Les mêmes informations, sauf le pointage, sont disponibles pour les génisses. Elles permettent d’apprécier la valeur génétique de chaque animal. Les vaches et les génisses sont classées sur l’IVMAT.
Des points à prendre en compte

La précision des différents index est liée à la quantité d’informations entrées dans les calculs pour un animal donné. Plus le coefficient de détermination (CD) se rapproche de 1, meilleure est la précision. À 0,30, la variabilité reste forte. Un CD à 0,4 à 0,5 est déjà correct notamment pour les femelles.
Le calcul des index intègre toutes les données connues sur l’ascendance et la descendance d’un animal donné. Autant dire que l’ascendance pèse lourd. Une vache avec trois veaux aux performances connues intègre dans ses index un peu plus de 50 % de données correspondant à son ascendance (parents, frères, sœurs…). Un très bon veau ne fait donc pas varier sensiblement les index. Il faut qu’un taureau ait une centaine de veaux connus pour que le poids de l’ascendance soit minime (4 %).
Il n’est possible de comparer les index entre eux que s’ils correspondent à la même année. On constate que la base de référence gagne environ 1 point chaque année. Certains animaux baisse d’une année à l’autre par ce seul phénomène.
« Les données du bilan génétique mérite un commentaire fait par un technicien qui connaît à la fois l’élevage et le contexte local. Ce sera l’occasion de préciser la stratégie de l’élevage : jeune bovin, label, sélection avec une prise en compte des index correspondants », indique Alain Bazire (Chambre d'agriculture d’Ille-et-Vilaine). D’ailleurs une partie du nouveau bilan génétique, le volet troupeau, n’est pas expédié systématiquement à l’éleveur, c’est son technicien qui le lui remet avec ses remarques.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Juin 2004
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