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Ille et Vilaine (35)
La Prim'Holstein de demain dessinée par l'Upra
 
Dessine-moi la Prim'Holstein de demain. C'est ce que fait Denis Bieri, responsable des pointeurs à l'Upra.
La modification de la table de pointage, en octobre 2003, signe en effet quelques changements pour la race. Une race de plus en plus sous influence internationale, comme l'a évoqué D. Bieri, rappelant que «l'harmonisation avec l'étranger est la principale raison du changement de au niveau de la table de pointage».
Aujourd'hui plus que par le passé encore, l'accent est porté sur la mamelle. Rappelons qu'en morphologie, ce poste compte pour 60 % des points (lire encadré).

De bons membres

La vache de demain sera également un animal qui aura de bons membres. «C'est une tendance lourde que de mettre de plus en plus de poids sur ce poste», indique le pointeur expliquant, «qu'avec l'agrandissement des troupeaux, le système logettes sera le système le mieux adapté. Il faudra donc que les animaux aient de bons membres».
Compte tenu de son système d'élevage, la France n'est apparemment pas la mieux placée pour évaluer ce critère. «Élevée dans un milieu privilégié – pâture et aire paillée -, la vache française n'exprime pas ouvertement ses défauts de membres. Il n'y a donc pas de sélection très poussée sur ce poste». La France, comme la Grande-Bretagne et l'Allemagne aujourd'hui, se penche d'ailleurs plus sur la locomotion des animaux que sur les membres.

Du «coffre» avant
la taille

Mamelle irréprochable, membres solides, la vache de demain sera-t-elle également très grande. «Là, c'est davantage un choix d'éleveur. Mais ce que l'on peut dire, c'est que les grandes vaches vieillissent aussi bien que les petites». À noter que depuis 1-2 ans, l'Upra observe «un plateau au niveau de la taille des animaux de la race alors qu'avant on gagnait 1 cm tous les 3-4 ans». La gamme des taureaux utilisés participe à l'explication.
Pour traduire la taille des vaches, la hauteur au garrot s'est définitivement éclipsée au profit de la hauteur au sacrum. Norme internationale oblige. «En France, une grande vache mesure 1,49 m au sacrum», toise le responsable des pointeurs. Ce n'est pas la taille de la vache moyenne du troupeau français qui se démarque plus par son homogénéité que par sa taille. «En France, la force, c'est l'homogénéité à l'intérieur des troupeaux et entre troupeaux».
Taille peut-être, mais largeur d'abord devrait-on dire. Pourtant, la Prim'Holstein contemporaine a perdu en largeur de poitrine ces dernières années. «On a des vaches qui s'écrasent», regrette le responsable des pointeurs. «Or, faut-il rappeler que ce n'est pas la panse – que Denis Bieri compare au réservoir d'une voiture – qui compte, mais bien le cœur et les poumons qui sont dans la poitrine. C'est là que se trouve le moteur de l'animal. Les Canadiens ont bien intégré cette dimension».

De la réserve
sous le pied

Avec tout cela à quoi ressemblera la vache de demain. «Avant on était sur une définition à la Canadienne. Aujourd'hui, on part sur l'Américaine avec une côte qui part vers l'arrière. Une vache avec une bonne largeur entre côtes et une finesse de l'ossature».
Décidément. Ces Américains auront-ils toujours la suprématie, y compris sur les vaches ? Pas si sûr. Car en misant sur la vache sans ennui (davantage d'accent sur la fertilité, la longévité, les cellules et la morphologie), la Prim'Holstein française conserverait néanmoins une bonne place avec du potentiel laitier sous le pied. Une façon pour Denis Bieri de souligner que la génétique bien française serait capable de faire beaucoup de lait si, pour des raisons économiques, les éleveurs devaient «booster» la production.

Didier Le Du



Définition d'une bonne mamelle

Une bonne mamelle française n'est pas forcément une mamelle au top de l'autre côté de l'Atlantique. "L'Amérique du Nord insiste sur la largeur de l'attache arrière. L'Europe parle plus d'équilibre de la mamelle". Un choix que notre continent veut imposer en s'appuyant sur des études qui montreraient que "l'équilibre est plus favorable à la longévité d'une laitière que l'attache arrière".

Au-delà de cette controverse, il s'avère que la distance plancher-jarret est un poste "très corrélé avec la longévité", comme le mentionne D. Bieri. "Et avec les cellules. Ainsi, en travaillant la distance plancher-jarret, sans le vouloir, la France a finalement travaillé les cellules".

Quoi qu'il en soit, la recherche permanente de la meilleure mamelle se traduit aussi par un raccourcissement des trayons. "Il y a une liaison entre les deux critères". Ce qui conduit à penser que, demain, il faudra peut-être mettre davantage l'accent sur la longueur et le diamètre des trayons. "Tout comme les éleveurs français se plaignent de trayons arrière de plus en plus serrés", mentionne encore D. Bieri.

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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Juin 2004
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