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Une petite pièce de théâtre humoristique pour mettre le doigt où ça fait mal quand il est question de matériel dans une exploitation. Telle était l’entrée en matière d’une étude sur les charges de mécanisation au menu de l’assemblée de la FDcuma.
Une étude sur une quarantaine d’exploitations d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan spécialisées en production laitière ont été analysées sur le plan de la mécanisation et du travail. Une moitié disposait d’une traction en propre, l’autre moitié déléguait.
Premier constat au niveau du travail : l’écart est pratiquement de deux heures par hectare de culture en faveur de la délégation de travail. Cette appréciation a été faite en fonction des déclarations des agriculteurs, il est probable que l’écart serait plus grand avec une prise en compte d’enregistrements réels. «Les 70 heures gagnées en moyenne l’ont aussi été à des périodes de pointe», fait remarquer Dominique Guého, animateur à la FDcuma du Morbihan qui présentait l’étude.
La moitié pour les tracteurs
Côté charge de mécanisation dans cet échantillon, les écarts sont considérables : de 190 à 560 euros par hectare (du simple au triple) avec une moyenne de 371 euros. Des marges de manœuvre existent donc comme le souligne le rapport d’orientation : mécanisation en commun, augmentation des surfaces travaillées par les matériels, dimensionnement des outils pour rentabiliser la main-d’œuvre, augmentation de la productivité des machines. Ces propositions vont à l’encontre du constat de l’augmentation de l’investissement matériel individuel dans un contexte de baisse de revenu.
Dans les chiffres de l’étude présentée, la traction représente plus de la moitié et le coût est directement proportionnel au nombre de chevaux. Ainsi pour une même surface, on passe de 1,9 cv/ha à 4. L’investissement suit dans les mêmes proportions. «Il faut donc agir sur le nombre de chevaux ramené à l’hectare et se poser la cohérence dans les choix», poursuit l’animateur. D’ailleurs certains responsables de cuma avec tracteur s’inquiètent de la remise en question de l’achat collectif avec l’équipement individuel de quelques-uns.
Des stratégies différentes
La Fédération des cuma dispose d’outils informatiques pour analyser la mécanisation d’une exploitation tant au niveau des charges que des temps d’utilisation, par exemple le nombre d’heures de tracteur de forte puissance nécessaire par an, souvent assez réduit mais qui justifie la puissance achetée. «La mécanisation est un point qui n’a pas été bien étudié lors de mon installation», regrette aujourd’hui Jean-Michel invité à témoigner. Ce jeune agriculteur a opté pour limiter les investissements en matériel avec la cuma et un maximum d’herbe, mais il reste avec un niveau élevé de traction.
Quant à Denis, il n’est pas un adepte du matériel, maximum 350-400 heures de tracteur par an sur 50 hectares. «J’ai choisi de déléguer au maximum pour m’occuper de l’élevage (lait et aviculture). D’ailleurs le travail est probablement mieux fait avec la cuma». Choix original lors de la création du Gaec (4 associés) dont Didier est membre : les 5 tracteurs présents ont été vendus pour en acheter deux, un sur chaque site. Plusieurs stratégies sont possibles : à l’heure de la réduction des charges, l’utilisation en commun limite les coûts et fait gagner du temps. C’est ce que démontrent les chiffres présentés.
Paul Chauvin
Un projet de cuma départementale
L’Ille-et-Vilaine a la particularité d’avoir des exploitations avec de faibles excédents azotés. Des solutions sont à trouver pour gérer au mieux les effluents d’élevage sur un maximum de surface (céréales, prairies) et ainsi diminuer les coûts d’éventuels traitements. « Des solutions collectives s’imposent », estime la FDcuma. Elle s’interroge donc sur l’opportunité de lancer une activité d’épandage de lisier au travers d’une cuma départementale dont l’objectif serait d’apporter une réponse aux excédents d’azote.
Le matériel correspondant à ce besoin existe. Il s’agit du Terragator. Il allie précision, vitesse et passage en conditions limites pour d’autres matériels. Une délégation s’est rendue dans les Landes pour étudier comment il est utilisé. Cependant la réglementation sur les transferts de lisier pose des problèmes pour une utilisation rationnelle alors que le réseau cuma peut s’organiser pour gérer ce matériel.
Il reste à convaincre l’administration, les financeurs de l’intérêt de ce matériel. Le Conseil général a promis d’étudier le dossier. Ce projet entre dans le domaine des expérimentations que les cuma mettent en place comme elles ont pu le faire dans certains domaines (entretien des haies, co-compostage...).
L’activité des cuma
229 cuma sont adhérentes à la Fédération départementale. 4 nouvelles ont été créées en 2003. Les cuma concernent quelque 6000 agriculteurs. 133 dossiers ont été suivis par le service comptable avec une collecte de références sur les matériels.
L’année 2003 a été riche en démonstrations de matériels avec le concours des cuma locales. Elles ont concerné l’implantation et la destruction des couverts végétaux, les techniques simplifiées, le désherbinage à grande vitesse, l’épandage de lisier (sur prairies, céréales, avec automoteur…), le co-compostage, le déchaumage, l’entretien des haies
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