Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Assemblée générale de la Cam : la qualité ne suffit plus, c'est l'image qui fait vendre
 
À l'occasion de sa dernière assemblée générale, la Cam organisait un débat intitulé "Quel projet pour la Bretagne agroalimentaire?", avec les interventions de Renaud Layadi (économiste), Michel Houdebine (chef d'entreprise agroalimentaire) et Monique Danion (agricultrice et conseillère régionale).
Sur le constat du passé, les trois intervenants sont d'accord pour reconnaître que l'on n'a pas à le regretter ni à en rougir, même si elle a engendré certaines conséquences négatives : "L'agriculture intensive a permis le développement de l'agroalimentaire avec un bilan social exceptionnel".

La quantité c'est fini et la qualité ne suffit pas

L'agriculture et l'agroalimentaire bretons ont gagné la bataille de la quantité et buttent maintenant sur la capacité des estomacs. Donc "la quantité c'est fini". Ou plutôt le développement des quantités Pour Renaud Layadi, "éradiquer l'agriculture intensive ne tient pas. L'intensif est nécessaire car il y a des outils et des marchés. Mais il faut la "périmétrer" et offrir à l'agriculture familiale des éléments de stratégie. Il faut dire aux barons de la production porcine que l'on est d'accord pour concentrer mais à condition de devenir "extra-territoriaux" en sortant des porcheries de l'eau et du lisier déshydraté".
Et pour les autres, la qualité à défaut de pouvoir faire des quantités ? "Pas si simple", affirme Michel Houdebine. "Il ne faut pas non plus se gargariser avec la qualité, d'autres savent aussi la faire, même au Brésil ou en Thaïlande. On ne peut donc plus s'abriter derrière la qualité, cela ne suffit plus".
Pour R. Layadi, même l'agriculture dite raisonnée est dépassée : "Ce sera la base de repli de l'agriculture européenne. Il faudra aller plus loin car il n'y a rien par exemple sur les chargements, les OGM, les paysages …"

Des marques de terroir

Si les quantités ne sont plus possibles et la qualité pas suffisante pour vendre, où est l'issue de secours ? "Dans l'image et la communication", répondent en cœur les intervenants.
Pour Michel Houdebine : "On va gagner sur la communication, mais pour communiquer, il faut des marques fortes. En Bretagne, on a construit des poulaillers et des usines mais pas de marques. Et pour construire celles-ci, il faut au moins 10 ou 15 ans d'efforts continus. Mais, si nous ne bâtissons pas de marques, nous aurons seulement des segments de marché et ce sont les multinationales comme Nestlé ou Danone qui auront le haut du marché. Avons-nous la volonté et surtout les moyens quand on voit la multitude d'entreprises agroalimentaires en Bretagne ?"
"D'accord sur l'idée de marques", répond Renaud Layadi. "Mais les marques devront avoir une notion de territoire car sinon elles peuvent se délocaliser en fabricant partout en Europe ou dans le monde. Pour verrouiller, il faut s'identifier à un bassin de production".
Un avis partagé par M. Houdebine : "C'est effectivement trop tard pour avoir des marques internationales, maintenant il nous faut les lier au territoire, à la culture bretonne et en ce domaine la Bretagne est riche. Les "histoires", c'est cela qu'il faut communiquer. Le monde rural n'est plus compris par les urbains. Il faut les faire fantasmer sur ce monde". Preuve que c'est l'image qui compte, les multinationales ont réussi à faire rêver les consommateurs avec des produits aussi basiques que de l'eau.
Et tous de conclure que la Bretagne garde des atouts qui n'ont pas jusqu'ici été mis suffisamment en valeur, ni valorisés en commun.

Jean Louis Le Rest


Repères
Le Groupe CAM est organisé autour de trois métiers avec l'amont (agrofourniture, productions végétales et animales, services) et surtout les deux filières dinde et canard.
La collecte de céréales a comme partout sensiblement diminué avec 76 000 tonnes (-22%). Les ventes d'aliment ont porté sur 236 600 tonnes , dont 78% en volailles.
Le tonnage global de volailles a été l'an dernier de 73 895 tonnes, en très légère diminution par rapport à 2002. La dinde représente 41% du total, le canard 36% et le poulet 23%. Les tonnages de produits élaborés sont en progression constante.
Dans les autres productions animales, en canard gras, 257 000 têtes ont été produites (-8%) et en pigeons 445 500 (- 1%). Avec 656 000 animaux, le lapin est en chute sensible (-15%). Le lait est collecté auprès de 302 producteurs pour 77 millions de litres



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Juin 2004
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