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Les producteurs de blé l’ont remarqué depuis2001, les cours du blé tournent autour de 110 euros la tonne. Ils ont rejoint les cours mondiaux notamment ceux qui sont pratiqués à la bourse de Chicago. Deuxième aspect : les prix peuvent flamber à la hausse ou à la baisse en peu de temps dans des proportions fortes (90 à 150 euros). Jusqu’à maintenant au prix de vente s’ajoutait la prime Pac. Désormais, elle n’est plus couplée à la production qu’à hauteur de 25 %. « Il faudra s’habituer à ce nouveau contexte qui change la façon d’appréhender la culture d’une céréale ». C’est ce qu’a expliqué Michel Falchier de la Chambre d’agriculture à un groupe d’agriculteurs des Geda sur la plate-forme d’essai de Montauban.
Quand pour un coût de production estimé à 740 euros (fermage et mécanisation compris), il suffisait de 46 q avec un prix de 16 euros, aujourd’hui, avec seulement 9 euros, le rendement grimpe à 82 q. Autre observation : les coûts de production élevés ne permettent jamais de bonnes marges. Un des objectifs sera de viser un coût de production de 2 euros par quintal alors que les résultats vont de 1,5 à 5 euros. Et pour cela deux postes de charges peuvent être comprimés : la mécanisation et les charges opérationnelles. Ces dernières font l’objet de la plate-forme.
Les marchés, les techniques disponibles sur l’exploitation, les contraintes (y compris les sols et le climat), ce que souhaite l’agriculteur vont amener ce dernier à un choix de conduite. Si une variété sensible aux maladies est retenue, elle devra recevoir les fongicides adéquats, l’impasse se révèlerait une mauvaise solution. Observer, repérer, tenir compte de la météo et des interventions précédentes doivent aboutir à des décisions cohérentes tout au long de la culture. Les techniciens insistent sur cet aspect.
Des pistes
Quelles sont les pistes pour réduire les coûts ? Les différents intrants sont à passer au crible. Les semences peuvent être en partie d’origine fermière avec le choix de variétés résistantes aux maladies, à la verse et avec un traitement de base. On peut ainsi descendre à 30 euros. Les économies seront moindres sur la fertilisation, l’azote reste un facteur de rendement. On pourra cependant calculer de façon précise la dose à apporter et la fractionner. Les observations seront essentielles en matière de désherbage (flore et stades des plantes) et de maladies pour utiliser les bons produits avec des doses éventuellement réduites. Quant au régulateur, insecticides, limacide, ce sera au cas par cas.
Dans la démarche, le choix des variétés conditionne la conduite. On s’intéressera à la valorisation (paiement de la protéine, utilisation animale…), aux aptitudes dans les conditions de sol et de climat (précocité à la montaison et à l’épiaison avec les dates de semis adaptées), à la germination sur pied, à la tolérance aux maladies, à la résistance à la verse. « Le rendement n’est pas le point essentiel, les écarts ne sont pas très importants d’une variété à l’autre », soulignent les techniciens.
Rigueur technique
En matière de désherbage, Michel Falchier demande de distinguer dans les mauvaises herbes, celles qui sont le plus nuisibles (gaillet, matricaire…) de celles qui sont présentes sans nécessairement gêner la culture sauf développement important (pâturin, véronique…). Il met à part les indésirables (rumex, chardon). Le désherbage sans isoproturon nécessite une autre approche notamment au niveau des dates d’intervention. Le pâturin avec des levées échelonnées n’est, par exemple, pas bien maîtrisé par des produits à action foliaire.
La plate-forme aborde aussi l’aspect fumure azotée. Un bilan prévisionnel des besoins est réalisable en tenant compte de la parcelle. Jean Grall propose de fractionner les apports en deux voire trois fois. Le premier (début tallage) restera limitée à 30-40 unités si les reliquats sont faibles. Le deuxième se fera au stade épi 1 cm. Des méthodes telles que Jubil, N-Tester permettent de piloter plus finement les apports et notamment de jouer sur le dernier pour augmenter le taux de protéines.
L’importance des dégâts avec les maladies varie. Elles peuvent être plus ou moins fréquentes. Avec certaines, le choix de la variété voire de la conduite culturale constituent des réponses. La lutte reste souvent chimique comme sur les septorioses.
Il n’y a pas que le blé. Il faut aussi regarder l’orge et surtout le triticale aux rendements équivalents au blé avec plus de paille.
Le 15 juin, l’ensemble des ateliers de la plate-forme permettra de répondre aux questions sur la façon de produire du blé dans un contexte de prix mondial.
Paul Chauvin
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