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Ille et Vilaine (35)
Le lin recherche des producteurs
 
Les besoins pourraient atteindre la production de 10 000 hectares. En 2004, il ne sera récolté que 500 hectares en Bretagne. Il y a donc de la marge. L’association Lin Tradition Ouest entend relancer la production du lin, une très vieille culture connue pour sa fibre et pour sa graine, mais elle avait disparu du paysage.

Pourquoi ? Certaines variétés de lin sont riches en oméga 3 au même titre que les poissons et les olives. Plusieurs études scientifiques ont montré que cet acide gras avait des effets bénéfiques sur la santé des animaux et des hommes. C’est déjà une bonne raison pour en produire dans un contexte où la qualité de l’alimentation est devenue un phénomène de société. Les consommateurs sont demandeurs. Un bon moyen de créer du lien entre agriculteurs et ces derniers

Un intérêt dans
l’assolement

Pour l’agriculteur, le lin a aussi des atouts à faire valoir. Comme c’est une bonne tête d’assolement, il limite les rotations trop rapides. Ses exigences en temps de travail tombent en dehors de celles des cultures classiques. De plus, il est rustique, assez peu exigeant en fumure. Il ne nécessite pas de matériel spécifique.

Cependant pour obtenir un rendement correct (20 à 25 quintaux), la culture doit être conduite en respectant les spécificités du lin. Valorex qui recherche la graine pour ses fabrications d’aliments du bétail, garantit un prix de 270 euros la tonne pour les années à venir. Un fait assez rare pour être souligné. Un calcul fait avec une marge brute de 800 euros (prime Pac incluses) nécessite un rendement de 25 q en lin d’hiver. À titre de comparaison, pour la même marge, il faut 33 q en colza, 50 q en pois de printemps, 75 q en maïs-grain.

La question est cependant posée de savoir si ce prix (ou marge) sera suffisamment attractif pour que l’agriculteur se lance dans cette nouvelle culture. « Cela risque d’être un peu juste pour un produit de qualité très demandé, estime Claude Jochault producteur au Sel-de-Bretagne. Il faut aussi avoir conscience de la santé de l’agriculture dans la fixation des prix», ajoute-t-il.

Une filière avec les
acteurs

Comme les autres filières de diversification mise en place par la Chambre d'agriculture d’Ille-et-Vilaine, l’association « Lin tradition Ouest » fédère les différents maillons de la filière. On y retrouve les producteurs, des organismes stockeurs (Vegam à Coesmes, la coop du Garun à Montauban), un fabricant d’aliments : Valorex à Combourtillé avec l’association Bleu Blanc Cœur qui œuvre pour faire connaître l’oméga 3.

Le fait d’avoir mis en place un cahier des charges permet une traçabilité difficile à obtenir avec du lin d’importation, notamment au niveau des variétés riches en oméga 3. « Dans tous les cas, l’agriculteur devra bien conduire la culture pour être satisfait du résultat. Et ce n’est pas si difficile ». C’est Pierre Ménard, le président de l’association et producteur depuis deux ans qui le dit.

Quelques données sur la culture du lin
Le lin d’hiver doit être semé pour le 10 octobre. Il vient après céréales ou jachère et demande une préparation du sol superficielle, sans labour, mais avec une terre très fine. 25 kg de semences par ha assure un peuplement suffisant malgré 20 à 25 % de perte. Actuellement deux variétés existent en lin d’hiver et quatre pour le lin de printemps. L’apport d’azote ne doit pas se faire à l’automne et le lin aime le zinc qui peut être bloqué par un apport de calcium.
Le désherbage doit être soigné, il facilitera la récolte. Le lin a aussi des parasites qu’il convient de surveiller (insectes, maladies). Il demande aussi un régulateur pour rigidifier la tige. La récolte se fait sans difficulté avec une moissonneuse batteuse pour peu que le lin soit mûr et suffisamment sec. Elle a lieu entre le colza et le blé pour le lin d’hiver et fin août pour celui de printemps. En pratique, la culture doit être suivie, sinon les résultats escomptés ne seront pas au rendez-vous.

Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Mai 2004
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