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Depuis 1997, l’Urceo, comme d’autres cen- tres d’insémination développe des actions en partenariat avec les EDE, les Chambres d’Agriculture, les Contrôles laitiers afin d’améliorer les résultats de reproduction des troupeaux laitiers. Car les solutions simples existent pour mieux détecter les chaleurs.
Le manque de disponibilité
Pour Gilles Delaporte, de l’Urceo, le manque de disponibilité des éleveurs est l’un des facteurs d’explication de la dégradation de la fécondité des vaches. “Des progrès notables ont été faits en matière d’alimentation, d’hygiène sanitaire. Ces progrès ne sont pas constatés dans la conduite de la reproduction”.
En effet, les troupeaux se sont agrandis, les éleveurs sont parfois seuls sur leur exploitation. A juste titre, ils revendiquent une “vie sociale” comparable aux autres catégories socio-professionnelles. Ce qui peut se traduire par moins de disponibilité et de présence à l’animal.
L’observation des chaleurs est l’une des tâches qui souffrent de ce manque de disponibilité, plus particulièrement lors de périodes de travail intense. “Ce repérage est pourtant le préalable pour obtenir de bons résultats de fécondité. Des chaleurs qui ne sont pas observées ont des répercussions directes en rallongeant l’intervalle vêlage-première IA, ce qui est préjudiciable au bon fonctionnement de l’élevage”, poursuit G. Delaporte. Des inséminations réalisées trop tôt ou trop tard réduisent les résultats de fertilité.
La durée des chaleurs est parfois courte (moins de 6 heures), d’où la nécessité d’avoir une surveillance renforcée pour certaines femelles. Les recommandations de surveillance des animaux (1/4 d’heure, matin, midi et soir) sont difficilement appliquées dans certains élevages, faute de temps. Les chaleurs passent sans être observées. On considère également que plus de la moitié des chevauchements ont lieu la nuit, ce qui complique l’observation.
Pour bien détecter les chevauchements qui sont les signes les plus caractéristiques des chaleurs, il faut passer aux bons moments autour des animaux, à des périodes où les femelles sont au calme, en dehors des périodes d’affouragement, de paillage, de déplacement.
Les conséquences financières d’un rallongement du cycle ne sont pas nulles (de l’ordre de 210 F par cycle de trois semaines dans le cas de vêlages groupés, compte tenu des réformes supplémentaires).
Il existe des moyens simples, les détecteurs de chevauchement qui permettent d’aider l’éleveur dans cette tâche. Certains comme le Kamar, ont été mis au point depuis de nombreuses années. Ils restent pour l’instant peu utilisés alors qu’ils pourraient résoudre une bonne partie des problèmes recensés dans les élevages.
Noter systématiquement les chaleurs
“Pour que les éleveurs puissent noter les chaleurs, notre première action a été la mise en place du calendrier de fertilité”, explique Gilles Delaporte. C’est un calendrier basé non pas sur le mois mais sur des périodes de trois semaines. “Les vaches manifestent mieux leurs chaleurs à 30-40 jours qu’à 70-80 jours. Pour ne pas passer à côté de la seconde chaleur, il vaut mieux noter la première, même s’il est trop tôt pour inséminer la vache”.
Si l’éleveur note une première chaleur le 13 octobre, il sait (sans calculer) en regardant son calendrier à lecture horizontale, que la seconde pourra intervenir le 3 novembre et éventuellement la troisième le 24 novembre. Il pourra ainsi cibler la surveillance de l’animal et mieux détecter les chaleurs, noter les dates d’insémination et prévoir les dates de retours éventuels.
Les détecteurs de chevauchement
En plus de ce calendrier, il existe des outils simples : les détecteurs de chevauchement. Le Kamar est un dispositif contenant un réservoir d’encre rouge que l’on colle sur la croupe de la femelle. Lorsqu’elle accepte le chevauchement, le réservoir éclate et l’encre diffuse dans toute la capsule qui ainsi se colore en rouge. La vache est en chaleur et l’éleveur peut prendre toutes les dispositions pour l’inséminer dans de bonnes conditions.
Il peut y avoir quelques cas où le système ne fonctionne pas car la vache n’est pas à l’aise pour accepter le chevauchement (sols glissants...), le Kamar ne se déclenche pas. Dans d’autres cas, présence de brosses..., il se déclenche alors que la vache n’est pas en chaleur. Mais dans plus de 9 cas sur 10, le système fonctionne bien. Le coût du Kamar est peu élevé (105 F la boite de 12, soit 8,80 F l’unité). Différentes stratégies
On peut utiliser le système en ayant en tête l’une ou l’autre des stratégies suivantes. “Dans un élevage où les résultats sont bons, il peut y avoir des vaches avec des chaleurs “silencieuses”. Sur ce type de femelles, l’éleveur peut poser un Kamar s’il n’a pas observé de chaleurs sur une vache dans le délai de 50 jours. Si trois semaines plus tard, le Kamar n’a pas éclaté, c’est le signe d’un disfonctionnement de reproduction qu’il faut analyser.
D’autres éleveurs mettent des Kamar sur la totalité d’un lot de génisses parquées dans des parcelles éloignées et procèdent à l’insémination dès que le Kamar est rouge. Autre solution : mettre des Kamar sur la totalité d’un troupeau de vaches, 50 jours après vêlage. Cette pratique n’est pas encouragée car dans ce cas, l’éleveur se décharge complètement de l’observation de ses animaux. Or certaines chaleurs sont quand même bien visibles.
L’Oestruflash fonctionne selon le même principe. La coque du réservoir est plus rigide, ce qui limite les déclenchements par excès. L’encre est fluorescente pendant une douzaine d’heures. L’éleveur peut bien visualiser l’oestruflash dans l’obscurité et dater le début du chevauchement. Le coût de l’Oestruflash est de l’ordre de 24 F l’unité.
Le détecteur électronique
Il existe un troisième outil, c’est le détecteur électronique DEC. Une base en textile est posée sur la croupe de la vache. On y introduit un détecteur électronique préréglé qui se déclenche au bout d’un certain nombre de chevauchements. Un DEC qui clignote toutes les 10 secondes indique que la vache a accepté le chevauchement et qu’elle est en chaleur. Contrairement aux autres outils, le DEC n’est pas à usage unique, il peut servir pour plusieurs vaches. A titre d’exemple, pour un troupeau de 40 à 50 vaches, il faut en moyenne 3 kits DEC dont le coût unitaire est de l’ordre de 1800 F.
Ces divers outils ont pour objectif de détecter les chevauchements. Encore faut-il qu’il y ait chevauchement. Ce n’est pas toujours le cas en présence de bétons glissants, d’aires d’exercice sombres... Le rainurage des bétons, la sortie des vaches en pâture sont autant de facteurs favorables aux chevauchements.
D’autres systèmes de détection peuvent être installés sur les colliers des vaches et reliés au système informatique de l’élevage. L’ordinateur effectue ensuite la synthèse entre plusieurs critères comme l’activité des vaches, la consommation d’aliment, ... et sort une liste d’alerte de vaches supposées en chaleur. Cependant ces systèmes sont moins précis que les détecteurs de chevauchement. Ce sont simplement des détecteurs d’activité inhabituelle.
Chaque éleveur a ses propres pratiques pour mieux détecter les chaleurs. Un tel effectue un tour dans le troupeau avant de mettre en route la machine à traire. Un autre observe en s’abritant derrière un mur. Un troisième a installé une veilleuse dans la stabulation pour mieux observer. Ce sont autant de détails, de petites astuces qui contribuent à faciliter la détection des chaleurs. |