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Il n'était pas courant que les résultats financiers (à l'UTH familiale) soit plus élevés en vaches allaitantes qu'en vaches laitières. En 2003, cela a pourtant été largement le cas, en particulier pour les naisseurs engraisseurs avec plus de 15 000 euros, contre moins de 11 000 pour les laitiers. Ce sont là les chiffres réels des comptabilités bretonnes tenues par les CER pour les éleveurs spécialisés.
Ce n'est pourtant pas vraiment une satisfaction pour les éleveurs de vaches allaitantes puisque c'est le résultat des laitiers qui a sensiblement baissé alors que le leur est resté relativement stable par rapport à 2002 (voir graphique).
Dans l'échantillon des CER, les naisseurs ont en moyenne 44 vaches allaitantes pour 54 ha et 1,09 UTH alors que les naisseurs-engraisseurs ont 58 vaches avec 70 ha et 1,29 UTH.
Broutards et JB en hausse
Si l'on se fiait aux seuls prix de vente des broutards et des jeunes bovins, on pourrait même penser que le résultat s'est sensiblement amélioré. Ces prix de vente se sont en effet améliorés de 6 à 10% par rapport à 2002 et de 27% pour les broutards par rapport à 2001.
Malheureusement dans le même temps, les prix de vente des vaches de réforme ont plutôt diminué et un certain nombre de charges ont augmenté, ce qui fait qu'en résultat final le résultat des naisseurs a un peu progressé alors que celui des naisseurs engraisseurs a stagné.
Sur le graphique de l'évolution des résultats courants, on remarque que les naisseurs sont toujours au dessous des naisseurs engraisseurs. Cela est certainement dû en partie aux résultats de l'engraissement mais aussi à la taille supérieure des ateliers.
Incitation au naissage
Quel sera l'avenir des éleveurs de vaches allaitantes ? On sait que la France et l'Europe sont nouvellement déficitaires en viande bovine et cela ne va sans doute pas changer de sitôt puisque le cheptel laitier, qui fournissait une bonne partie de la viande, ne cesse de diminuer.
On pourrait donc penser que les prix devraient plutôt aller dans le sens de la hausse. C'est un raisonnement trop simpliste car l'Europe pourrait être inondée de viandes d'importation à bas prix. Dans d'autres productions de viande, les éleveurs se sont bien aperçus qu'il ne suffisait pas de diminuer la production pour voir les prix remonter.
Un autre élément important est l'évolution de la politique agricole commune avec les découplages et recouplages des aides. Rappelons qu'en viande bovine les primes aux vaches allaitantes sont entièrement recoupées, les primes à l'abattage à 40% et les primes à l'engraissement restent totalement découplées. Il est évident que ce système est un encouragement fort au naissage avec vente de broutards.
J L Le Rest
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