Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Aviculture | Article n°3859 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 10 septembre 2010) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Jean-Philippe Grissault, Plouasne (22) «La brumisation m’apporte de la sécurité»
 
Dès mon installation en 1994, j’avais comme objectif de mettre en place un équipement de prévention des coups de chaleur», explique Jean-Philippe Grissault, de Plouasne (22). Il a construit deux poulaillers de 1500 m2 pour produire des poulets lourds Princior de 52 jours destinés à la découpe (groupement Gaevol).
Le premier poulailler (94) est à extraction haute avec 24 ventilateurs de 10 000 m3/h. « La première année, la capacité de ventilation étant trop juste, j’ai installé une rampe basse pression extérieure de chaque côté du poulailler. Ce système fonctionnait bien dans les bâtiments de mes parents, », explique Jean-Philippe. Cette rampe permettait de baisser la température de l’ordre de 2°C ce qui est limité. L’inconvénient principal résidait surtout dans la consommation d’eau car rapidement le forage n’a pas pu subvenir aux besoins totaux.
En 1996, l’éleveur décide d’investir dans 2 turbines de 40 000 m3/h, une dans chaque pignon afin de renforcer la capacité de ventilation de ce premier poulailler (coût de l’ordre de 1 500 euros). « Cet investissement, associé à l’application de mesures de prévention, m’a permis de passer le coup de chaleur de juin 1996 sans pertes ».

Une brumisation haute pression

En 1997, Jean-Philippe construit un second poulailler de 1 500 m2 avec extraction latérale. Six turbines de 40 000 m3/h et 5 ventilateurs de 15 000 sont installés sur le côté du poulailler situé au nord. « L’épisode de chaleur de 1996 m’a fait opter pour la brumisation haute pression que j’ai installée dans les 2 poulaillers. L’objectif était d’avoir plus de sécurité pendant la période estivale ».
Le choix s’est porté sur des rampes TBD munies de buses en laiton (pompe de 110 bars). Dans le poulailler à extraction haute, 2 rampes ont été installées, une de chaque côté, avec une buse tous les 2,50 m. Dans le second bâtiment, une seule rampe est montée côté nord (trappes) afin de mieux refroidir l’air rentrant. Le coût avoisine 4,60 euros/m2.

Densité et mise à jeun

« Ma première mesure (systématique) de prévention des pertes par coup de chaleur, c’est de réduire les densités », souligne J.P. Grissault. Elle est réduite de 2 % pour les lots d’été. « Je suis les prévisions météo tous les jours. Et j’adapte le programme lumineux durant l’été ». À 18 jours d’âge, les coupures de lumière sont en effet inversées de manière à faire consommer les animaux la nuit et les laisser dormir le jour.
La mise à jeun s’effectue par arrêt des chaînes (coupure automatique), vers 10 heures le matin. Les poulets ont ainsi digéré leur alimentation quand on arrive aux heures les plus chaudes de la journée. « J’utilise également un oxygénant dans l’eau de boisson (Volilyte) à partir de 30 jours d’âge lors des journées chaudes ».
L’installation de brumisation se met en route automatiquement quand la température du poulailler dépasse de 4°C la température de consigne. Elle s’arrête au-delà de 80 % d’hygrométrie. L’installation fonctionne par cycles de 18 secondes avec par exemple 3 sec de brumisation et 15 sec d’arrêt. Si la température continue à monter, la brumisation dure 4 sec puis 5 sec…. . « Durant les heures les plus chaudes, j’assure une surveillance mais je n’interviens pas dans le poulailler. La lumière est éteinte, les poulets sont au repos et la brumisation démarre en cas de besoin » ajoute l’éleveur.

Gain de 4 à 5°C

« L’été 2003 s’est passé normalement. Il est vrai que les poussins n’avaient que 3 jours le 5 août. Ces jeunes poussins ont bénéficié de la chaleur. Les croissances ont été très bonnes. Par contre, le 14 juillet, les lots de poulets avaient 46-47 jours et la température extérieure est montée à 37°C. Dans le poulailler à extraction haute, il n’y a pas eu de mortalité. Dans le bâtiment à ventilation latérale, il y a eu 150 morts, ce qui est très faible ».
« Avec la brumisation, on gagne 4 à 5°C de température dans le bâtiment, ce qui est suffisant pour passer le cap d’un coup de chaleur ». Compte tenu de la quasi suppression des pertes d’animaux et du maintien des croissances, la brumisation s’est amortie rapidement par une amélioration de la marge PA, estime l’éleveur qui ajoute. « Pour arriver à ce résultat, tous les critères sont importants : réduction de la densité, modification des programmes lumineux, mise à jeun le matin, démarrage de la brumisation. C’est une démarche globale qui m’apporte de la sécurité dans la conduite de mes lots d’été, une période où je suis occupé par les récoltes ».

Patrick Bégos


Tous les dossiers "Aviculture"
Date de l'article : semaine du N° du 23 au 30 Avril 2004
Imprimer l'article Imprimer l'article



Sacré champion du monde au Portugal / Jean-Luc Le Boulaire couve ses cailles de Chine





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 10832 depuis 1997)