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Notre première sensibilisation aux coups de chaleur date de juin 1996. Les températures étaient montés à 34-35°C dans le bâtiment. Nous n’avions aucun équipement spécifique et nous n’avons pas anticipé si bien les pertes se sont élevées à 410 dindons de 12 kg sur les 4700 du lot », confie Dominique Panhaleux, qui exploite, avec son épouse Marie-Annie, un poulailler de 1 200 m2 en complément de la production laitière, à Allaire (56). Construit en 1988, le poulailler est un « statique » de 15 m de large, d’une hauteur sous toiture supérieure à la normale avec une pente de toit de 40 %.
Priorité à la mobilité
Pour lutter contre les coups de chaleur, Dominique Panhaleux a suivi la démarche préconisée par son groupement Sodiva-Coopagri Bretagne, en privilégiant la simplicité et l’économie avec des turbines mobiles. « En 2003, je n’avais pas de turbines, j’en ai emprunté 6 que j’ai installé dans les 4 portes latérales situées à l’Est et dans les 2 pignons. Il s’agit de turbines de 40 000 m3/h que j’installe sur palettes à 1 m de hauteur ». La bonne répartition des ouvertures évite d’avoir des zones d’inconfort dans le poulailler, par manque de ventilation.
Les ventilateurs poussent de l’air sain de l’extérieur vers l’intérieur du poulailler, à une vitesse de 0,8 à 1 m/sec au niveau des volailles sur toute la surface du poulailler. Leur mobilité simplifie l’installation (pas de trous à effectuer dans les pignons). « La méthode est économique compte tenu des prêts possibles de matériels entre éleveurs en fonction des dates de remplissage. Elle est plus sécurisante qu’une transformation en dynamique. Elle ne demande pas une technicité aussi pointue et une coupure de courant n’entraînerait pas de conséquences désastreuses », estime l’éleveur.
Une méthode de travail
Disposer de matériel spécifique ne suffit pas pour lutter contre les coups de chaleur, l’éleveur essaie d’anticiper au maximum. « Je suis attentif aux prévisions météo hebdomadaires et journalières. En cas de risques, j’appelle la météo pour avoir le bulletin local de 6 heures. Les volailles sont alors prioritaires par rapport aux vaches. S’il est prévu une température dépassant 30°C dans la journée, j’effectue une mise à jeun dès 6-7 heures du matin, en relevant les pots. J’introduis un réhydratant dans l’eau de boisson (pour une demi-journée). Lorsque les dindes ont été mises à jeun, je modifie les programmes lumineux en supprimant les coupures de nuit pour compenser le manque d’ingestion », explique l’éleveur.
Les ventilateurs sont mis en route quand la température est supérieure de 8 à 10 °C à la température de consigne. Ils sont arrêtés quand elle redescend au-dessous de ce seuil. « Je remets en route l’alimentation en fonction du couple température-hygrométrie. Par exemple, pour une hygrométrie de 40 %, la température ne doit pas dépasser 32°C . Pour 60 %, elle ne devra pas dépasser 30° C et pour 70 %, 28°C », rajoute D. Panhaleux.
Pas de pertes en 2003
« Nous avons passé l’été 2003 sans avoir quasiment de pertes dans l’élevage alors que les dindes avaient 106 jours d’âge. Le 4 août, la température est montée à 35,6°C puis 38,7°C le 5 août. Après une légère baisse, elle est remontée à 36°C le 8 puis 38°C le 9 et encore 36°C le 10. Les baisses de performances ont été nettement moindres que celles des élevages non-équipés ».
Satisfait de l’efficacité des turbines qui lui avaient été prêtées, Dominique Panhaleux a fait l’acquisition, cette année, de 6 ventilateurs d’occasion de 40 000 m3/h pour moins de 2500 euros, y compris le système de branchement à côté de la porte et un disjoncteur de sécurité sur chaque turbine (installation électrique aux normes). Cette acquisition permettra de gagner du temps par rapport au prêt de matériel.
« Je n’ai pas ressenti l’intérêt d’investir plus », déclare l’éleveur. « Je préfère le système de ventilateurs mobiles par rapport aux turbines en pignon dont la capacité de ventilation aurait été insuffisante. D’autres méthodes comme l’arrosage ou la brumisation auraient dégradé la litière du poulailler ou coûté plus cher ». Un investissement modéré associé au suivi méthodique de la démarche préconisée par le groupement ont permis à l’élevage de D. Panhaleux de bien passer le cap de l’été exceptionnel de 2003.
Patrick Bégos
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