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Le premier coup de chaleur est souvent celui qui fait le plus de dégâts car il frappe des élevages où il n’y a pas eu d’anticipation. Etre attentif aux prévisions météo journalières, (téléphone, minitel ou internet), est la première précaution à prendre pour connaître l’évolution des températures et des risques. Depuis l’été dernier, les avertissements de Météo France sont de plus en plus précis.
Dans la majorité des cas, les organisations de production ont choisi de réduire la densité d’animaux dans les poulaillers, durant l’été, en fonction de leur isolation, du mode de ventilation et des équipements spécifiques coups de chaleur.
Contrôler l’eau
En période de risque d’élévation des températures, il convient de prendre plusieurs mesures. D’abord, bien vérifier les consommations d’eau car elles peuvent doubler en cas de forte chaleur. Un débit insuffisant peut fragiliser les animaux. Rafraîchir l’eau améliore la consommation. Purger régulièrement les lignes permet d’offrir aux animaux une eau de qualité. On prévoira également une réserve de sels (chlorure de potassium ou bicarbonate de sodium) pour favoriser l’abreuvement (à utiliser avec précaution à cause des diarrhées).
Dans un poulailler statique, les entrées d’air seront dégagées et maintenues propres. En dynamique, on veillera au maintien des dépressions. La mise en route de turbines et brasseurs d’air pendant quelques instants avant les périodes de fortes chaleur permet d’habituer les animaux à leur fonctionnement dès leur plus jeune âge.
Pour privilégier les pertes de chaleur par le sol, on réduira la quantité de litière pour les bandes d’été (autour de 3 kg/m2). Il faut éviter une fermentation excessive de la litière et des dégagements d’ammoniac en maintenant un sol sec et sain, en supprimant les éventuelles fuites d’eau, voire en bloquant par du superphosphate ou de la chaux vive, les fermentations de litière.
Agir dès le matin
Les animaux doivent être mis à jeun dès le matin afin que les intestins soient vides durant les heures les plus chaudes, (le transit dure 4 à 5 heures). Les animaux rattrapent rapidement ce manque de consommation quand la température baisse, d’où l’intérêt de maintenir la lumière durant la nuit. On évitera le dérangement des animaux durant les heures les plus chaudes (pas de circulation dans le bâtiment, pas d’enlèvement).
Enfin, on utilisera à bon escient les équipements spécifiques de prévention des coups de chaleur en jouant sur la vitesse d’air au niveau des animaux (brasseurs, circuits d’air), sur les débits de ventilation ou en mettant en route la brumisation.
En soirée, dès que les températures ont suffisamment descendu à l’intérieur du bâtiment, l’alimentation peut reprendre. On arrête le système de refroidissement, on coupe progressivement les brasseurs et on ajuste le débit de ventilation pour réduire les vitesses d’air. Pendant la nuit, il est souhaitable de maintenir la lumière en permanence et de rechercher des températures de consigne de 17 à 20 °C (après emplumement et en fonction de l’âge des animaux) avec des vitesses d’air de l’ordre de 0,3 m/sec.
Patrick Bégos
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