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Equipements spécifiques : Du brasseur d’air à la brumisation, les performances et les coûts varient
 
Après avoir vérifié l’isolation et la capacité de ventilation du poulailler, l’éleveur peut choisir d’investir dans des équipements spécifiques pour prévenir les coups de chaleur en agissant ensuite sur les vitesses d’air, les débits en extraction ou en refroidissant l’air dans les poulaillers. Du système le plus simple (le brasseur) jusqu’au plus sophistiqué (la brumisation), l’efficacité progresse, mais les coûts peuvent varier de 1 à 2.

Les brasseurs d’air

Une vitesse d’air de 1 m/sec au niveau des animaux permet de réduire la température vécue de 10 °C. Ce principe est utilisé par les brasseurs d’airs. La technique est simple et l’investissement est modéré (de l’ordre de 500 à 600 E. par brasseur selon les équipements). Pour un bâtiment de 1 200 m2, le coût total se situe autour de 3 000 à 4 000 E. La sécurité est bonne si on a pris la précaution de revoir le câblage et de renforcer la puissance du compteur. Les brasseurs fonctionnent avec un bâtiment ouvert en totalité.

« L’efficacité des brasseurs peut être limitée s’il n’y a pas suffisamment de renouvellement d’air dans le poulailler. De plus, le balayage de la zone d’élevage n’est pas total. Dans ce cas, des animaux situés dans les zones non balayées ou dans les extrémités ne bénéficieront pas des effets liés à la vitesse d’air », souligne Christian Delabrosse, de la Chambre d’Agriculture 56.

Les turbines pour l’été

Les turbines sont montées en latéral ou sur le pignon du poulailler, leur nombre dépendra de la surface du pignon. Pour un « Louisiane » relativement étroit, 4 suffiront alors que pour un statique plus large et plus haut, il faudra 6 turbines.
Avec les turbines, on cumule les effets liés à l’extraction de l’air, de l’humidité et de l’ammoniac avec celui de la vitesse d’air au niveau des animaux. « Les performances sont améliorées. L’installation est bien-entendu plus coûteuse (de 1000 à 1200 E par turbine installée) car il faut tailler dans les panneaux et équiper les turbines de volets anti-retour et de capots de protection pour l’hiver ». Des sécurités sont à prévoir (groupe, vérins de secours, alarme…). Le risque est également plus élevé car on se retrouve pratiquement dans la même situation qu’un poulailler dynamique (pannes de courant).
L’investissement global chiffré entre 5 000 et 7 000 E. a permis d’améliorer les marges PA de 1,98 E/m2/an en poulet export et de 1,14 E /m2/an ans en poulet standard, soit un retour sur investissement sur 3 ou 5 ans (enquête avicole Ouest) .
On peut aussi transformer complètement la ventilation en « dynamique ». Il faut alors appliquer l’ensemble des règles liées à ce type de ventilation : très bonne étanchéité, installation de sécurité (vérins, groupes, alarme…). Il est souhaitable de disposer d’une ventilation progressive avec de ventilateurs de capacités différentes. L’investissement devient nettement plus lourd (environ 25 000 E pour 1200 m2). L’amélioration des marges permet un retour sur investissement variant de 6 ans en poulets à 13 ans en dindes.

Refroidir l’air

Le refroidissement de l’air constitue la technique la plus sophistiquée. Elle n’a d’intérêt qu’en dynamique. « Le principe est basé sur la vaporisation d’eau qui capte des calories et fait baisser la température de l’air. En échange, on augmente l’humidité de l’air, d’où la nécessité de bien contrôler les débits. On considère que 5 g d’eau vaporisée par m3 de ventilation permet de gagner 10°C», explique C. Delabrosse.
Il existe plusieurs techniques : l’arrosage au niveau des jupes, la pulvérisation basse pression sous les jupes et la brumisation haute pression. On constate en général une efficacité faible de l’arrosage pour réduire les températures. La consommation d’eau est élevée (de 3 à 5 m3/heure). Par contre, le niveau de l’investissement est faible (de 400 à 500 E. pour 1 000 m2).
Pour la basse pression sous les jupes, le coût reste encore modéré (de 1 500 à 2 500 E. pour 1000 m2). On travaille ici à une pression de 10 à 15 bars. « L’efficacité est améliorée, mais il faut souvent tâtonner pour trouver l’emplacement idéal des buses. La consommation est plus faible que pour l’arrosage, mais il y a encore du gaspillage d’eau ».

Un brouillard très fin

La brumisation haute pression est de loin la plus performante. « Le principe consiste à créer un brouillard très fin dans le poulailler grâce à des buses haute pression (70 bars). Le brouillard est immédiatement repris par les circuits d’air et vaporisé. Toute l’eau consommée est efficace », déclare C. Delabrosse. L’installation de brumisation est liée à la ventilation. Il est possible de réduire les débits à 2,5 ou 3 m3/h/kg de poids vif quand on brumise. Le coût global de l’installation varie de 6 000 à 7 500 euros pour 1 000 m2.
La qualité de l’eau est essentielle au bon fonctionnement de l’installation, elle exige la présence de filtres très fins avec un entretien régulier et des sécurités au niveau de la pompe. Un système anti-gouttes évite de mouiller la litière. Il est également souhaitable d’avoir une sécurité au niveau de l’hygrométrie ambiante.

Patrick Bégos


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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 30 Avril 2004
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