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Avant de s’engager dans des investissements spécifiques de lutte contre les coups de chaleur, l’éleveur doit avoir comme objectif de limiter l’augmentation de la température dans le poulailler en vérifiant au préalable l’état de l’isolation et la capacité de ventilation.
Une isolation suffisante
« Un bâtiment avicole peut être correctement isolé en toiture par 15 cm de laine de verre ou l’équivalent (4 cm de styrodur et 10 cm de laine de verre). Cette isolation doit être accompagnée d’une bonne ventilation de la lame d’air en sous-toiture », explique Christian Delabrosse, de la Chambre d’Agriculture du Morbihan. Le coût d’une isolation avoisine 2,3 à 2,4 euros par m2 en travaux personnels et peut s’élever de 6,10 à 6,20 E/m2 s’il s’agit de laine soufflée.
L’utilisation de matériaux clairs en toiture permet de réfléchir les rayons solaires et de limiter le réchauffement du bâtiment. « Il est souhaitable de bien nettoyer les plaques de couverture des mousses et lichens qui pourraient les assombrir, en évitant toutefois de les gratter. Le maintien d’un gazon ras, dense et humide autour du bâtiment et au niveau des jupes permet de bénéficier du refroidissement de l’air au contact de cette verdure ».
Un débit réel de
180 m3/h/m2
Dans les bâtiments de type dynamique, la puissance de ventilation conseillée en Bretagne varie de 3,5 m3/h/kg de poids vif pour le nord de la région à 4 m3/h/kg de PV pour le sud. « Pour un chargement moyen de 45 kg de poids vif/m2, on préconise donc 180 m3/h/m2 soit 180 000 m3/h pour un bâtiment de 1 000 m2. Il s’agit de débits réels, après déduction des pertes de charges évaluées dans la notice technique du ventilateur », souligne C. Delabrosse.
Le ventilateur a aussi pour objectif de créer des vitesses d’air élevées (de 0,6 à 1,2 m/sec) dans la zone de vie. En augmentant la vitesse d’air au niveau des animaux, on augmente leurs pertes par convection. Si le niveau d’humidité relative de l’air ambiant est faible, on accroît également l’efficacité des échanges pulmonaires. La vitesse d’air permet d’abaisser la température effectivement vécue par la volaille. Ainsi, à 30°C, une vitesse d’air de 1 m/sec permet à un animal emplumé de ressentir une température d’environ 20°C.
Balayer la zone de vie
« Dans un bâtiment dynamique, il faut donc maintenir une dépression suffisamment élevée pour éviter que l’air ne ressorte sans balayer la zone de vie des volailles mais pas trop importante sinon les vitesses d’air seront élevées en hauteur et faibles au sol », note C. Delabrosse. Des modèles de trappes à jets dirigeables permettent également d’orienter l’air vers les animaux.
Dans tous les cas, le réglage du bâtiment à l’aide d’un dépressiomètre, d’un anémomètre et de fumigène est l’une des conditions pour obtenir des vitesses d’air suffisantes dans la zone de vie des animaux. Dans un bâtiment de type statique, il faut tout mettre en place pour que l’air circule (nettoyage des abords, des grillages…) mais on reste tributaire de la présence ou non de vent.
Patrick Bégos
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