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La qualité de l'eau du Loc'h est particulièrement importante puisqu'il alimente la deuxième réserve d'eau du Morbihan. C'est aussi le premier bassin versant sur lequel la Chambre d'agriculture a commencé à travailler, il y a une bonne dizaine d'années dans le cadre de "Ferti-mieux". C'est encore un des premiers bassins versants qui s'est engagé dans un contrat de bassin Bretagne Eau Pure en 1996. Un nouveau contrat a été signé pour la période 2003 – 2006 par la Communauté de communes.
Ce contrat fixe des objectifs chiffrés, tant pour le programme d'actions agricoles que communales, avec en final des objectifs "réalistes" pour la qualité de l'eau, sur le plan des nitrates et des produits phytosanitaires.
Du mieux
Le Loc'h avait bien besoin d'un effort particulier puisque dans les années 80 et 90 la qualité de l'eau se dégradait régulièrement au niveau de la réserve de Tréauray. Ainsi, de 1978 à 1998, les teneurs en nitrates progressaient en moyenne de 1 mg par an.
Les niveaux maximums de nitrates se sont stabilisés de 1998 à 2001 (au-dessus de 30 mg de moyenne à Pont de Brec'h) et depuis, la tendance est à la baisse (28 de moyenne l'an dernier), même s'il faut toujours rester prudent dans les interprétations de tendances. Actuellement, à Pont de Brec'h, on a 62% des analyses à moins de 35 mg, l'objectif fixé pour 2006 est d'en avoir 70%.
Pour les phytosanitaires, l'amélioration est bien plus spectaculaire. Dans les années 90, on retrouvait parfois de l'atrazine, de l'aminotriazole ou du glyphosate à 10 fois voire ponctuellement près de 20 fois la norme admissible. Ces dernières années, les pics sont sensiblement moins élevés, même si l'on en retrouve encore beaucoup trop, en particulier avec des pointes de glyphosate et ses dérivés. Actuellement (à Pont de Brec'h), 85% des analyses sont à moins de 0,5 µg, toutes molécules confondues (ce qui est la norme), l'objectif 2006 est d'arriver à 90%.
Chartes fertilisation et phytosanitaire
Ces progrès sont liés pour une bonne part à l'amélioration des pratiques des agriculteurs, tant pour la fertilisation que l'utilisation des produits phytosanitaires. Sur ces deux plans, il est encore possible de mieux faire.
Un des moyens pour aider les agriculteurs à y arriver est de mobiliser l'ensemble des prescripteurs pour accompagner les agriculteurs dans leurs évolutions de pratiques. Cela passe en particulier par une harmonisation des conseils des techniciens, tant pour l'emploi des fertilisants que des désherbants.
C'est en ce sens que les prescripteurs (voir ci-dessous) ont signé des chartes où ils s'engagent à travailler de façon coordonnée et cohérente, en respectant les différents éléments de ces chartes sur les bassins versants du Loc'h et du Sal.
L'une porte sur la fertilisation où ils s'engagent en particulier à utiliser des outils agréés, à valoriser en priorité les engrais de ferme, à promouvoir la couverture des sols, bien sûr à respecter la réglementation et à inciter les agriculteurs à enregistrer leurs pratiques.
Pour les phytosanitaires les engagements concernent la sensibilisation aux pollutions diffuses et ponctuelles, l'adaptation des conseils basés le classement des parcelles à risques, le respect de la réglementation et des consignes d'utilisation, l'incitation à l'enregistrement.
L'application de ces chartes se fera en particulier dans le cadre de contrats signés entre la collectivité et les agriculteurs que sont les Engagements de Progrès Agronomiques (EPA) et les Contrats d'agriculture Durable (CAD). Et bien sûr au quotidien dans les relations entre les prescripteurs et les agriculteurs.
Les prescripteurs signataires des chartes
La charte des bonnes pratiques de fertilisation a été signée par :
- La Chambre d'agriculture
- Les coopératives Cam et Cecab
- Les négociants Ets Alain Le Meur, Sarl Le Boulair, Ets Le Hénanff, Ets Lucas, Ets Texier, Ets Jégouzo.
- Le groupe Sanders Bretagne
- Le Contrôle laitier et les centres de gestion (Cer, Icoopa, Cogedis)
- Le bureau d'études Aqua-terra
Pour la Charte d'utilisation des produits phytosanitaires, les mêmes sont signataires, sauf le groupe Sanders, le Contrôle laitier et les Centres de gestion pour qui la charte est sans objet.
L'adhésion à ces chartes reste ouverte à d'autres établissements ou organismes qui le souhaiteraient.
Jean Louis Le Rest
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