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Trois expériences très différentes étaient proposées aux 150 jeunes venus des écoles d’agriculture du département pour la journée «Demain, je m’installe» proposée par les Jeunes Agriculteurs. Bruno, installé depuis une dizaine d’année, est un adepte de l’informatique. «Pouvoir réaliser les enregistrements des événements de l’exploitation immédiatement avec les critères que l’on a choisis est un gain de temps. Exemple : en plus des données nécessaires pour le cahier de fertilisation, je note les temps de travaux. C’est intéressant pour organiser mon travail. L’informatique permet d’anticiper et ainsi d’améliorer les résultats. Vous ne pourrez pas passer à côté».
Eric a choisi de continuer à se former. Agri@venir mis en place par les JA avec l’aide des organisations professionnelles du département lui en a donné l’occasion. Communication, connaissance des organisations professionnelles, ouverture sur l’Europe était au programme. «Après l’école, continuer à se former est nécessaire, car on voit les choses différemment. Cela permet aussi de prendre de l’assurance». Un point à ne pas négliger quand on est susceptible de prendre des responsabilités dans des organismes. Eric est maintenant administrateur aux JA du département.
Olivier a joué l’ouverture. Il est parti en stage en Nouvelle-Zélande. Pourquoi ? «Je voulais aller le plus loin possible, mieux maîtriser l’anglais et surtout voir autre chose». Est-ce difficile de partir ? «Les deux premières semaines sont difficiles, mais on revient satisfait. On a été appelé à se dépasser, on est capable de beaucoup, alors il faut se lancer». Il ajoute : «Se dire qu’à la maison, on a besoin de moi ou tout autre bonne raison, constituent des prétextes pour ne pas partir». Ensuite, une fois installé, ce genre d’expérience ne sera possible qu’exceptionnellement. Olivier a travaillé dans une ferme avec 1200 vaches, très intensive avec un alimentation basée sur l’herbe. Une véritable expérience d’ouverture sur une autre façon de travailler.
Trois expériences à méditer. Elles illustrent le thème de la journée qui était de «se former, s’informer et s’ouvrir».
Un parcours pour réussir son installation
S’installer sur une exploitation mérite une réflexion approfondie. C’est l’objet du dispositif d’accompagnement de l’installation. « Il s’agit pour celui qui projette de s’installer d’établir un projet personnel et professionnel alliant autonomie et responsabilité. L’approche est globale : économie, environnement, travail… Il faudra prendre en compte la viabilité technique et économique, l’évolution du contexte, l’ouverture vers d’autres systèmes », résume Nathalie Darras, responsable du service formation à la Chambre.
Trois étapes principales jalonnent le parcours. D’abord, un stage en groupe qui porte sur une première réflexion sur le projet afin de le clarifier, de déterminer les compétences à acquérir, de préciser les différentes étapes. Il est normalement à réaliser 18 mois avant l’installation. Ensuite, il faudra aller voir « ailleurs » pour se mettre en situation de prise de décision sur une exploitation dans un cadre non familial et s’ouvrir à d’autres contextes. Il s’agit du stage 6 mois. Quelques assouplissements ont été apportés pour tenir compte de l’activité antérieure.
Un projet à défendre
La dernière phase va consister à réaliser le stage Diagnostic Epi (une dizaine de jours). À partir des choix prévus, du contexte, de la reprise, le futur exploitant doit construire sa propre stratégie. Il aura à chiffrer ses prévisions techniques, économiques et financières sur quatre ans. Le projet devra être cohérent, viable. Il doit préparer des arguments pour le défendre.
Sur un plan pratique, le stage de réflexion se fait en groupe (15 personnes) dans différents lieux du département. 14 stages ont été organisés en 2003 avec 210 stagiaires. Pour le stage 6 mois, 123 jeunes l’ont réalisé, 11 sont allés à l’étranger. Toujours pour la même année, 177 jeunes ont établi leur Epi lors de 12 sessions. Des évolutions pourraient voir le jour avec des journées de formation optionnelles et surtout le suivi après installation.
Parallèlement une action est menée pour repérer et accompagner les jeunes qui risquent de ne pas bénéficier des aides à l’installation pour différentes raisons : moyens de production limités, formation insuffisante… Cet accompagnement a concerné 62 jeunes en 2003.
Paul Chauvin
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