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Ille et Vilaine (35)
GDS : tout faire pour conserver un bon état sanitaire
 
Un épisode de fièvre aphteuse de moyenne ampleur en Bretagne coûterait de l’ordre de 3 milliards d’euros. Il s’agit de pertes directes, mais également des préjudices suite aux blocages et surtout à la fermeture des marchés à l’exportation. Et si on ne réagit pas très vite, le coût est doublé. Comment éviter l’infection ?
« Il y a des facteurs qu’on ne peut pas maîtriser comme la densité des élevages, les mouvements d’animaux, la météo… » explique Franck Fourès de la DSV. Mais ce qui importe, c’est la rapidité de la détection. « Les éleveurs sont au premier rang, ils connaissent leurs animaux. S’il y a un doute, ils doivent prendre contact très rapidement avec leur vétérinaire qui, lui connaît les maladies. La visite est alors prise en charge par l’Etat », ajoute Loïc Gouëllo, le directeur départemental des services vétérinaires devant l’assemblée de la Fédération des groupements de défense sanitaire.
Dans des épizooties telles que la fièvre aphteuse, des signes comme des bovins qui bavent, qui piétinent doivent attirer l’attention de l’éleveur. Ce sont des boiteries chez les petits ruminants ou encore des porcs prostrés et immobiles. La peste porcine provoque de la fièvre, et des yeux et taches rouges. La peste aviaire se traduit par une forte mortalité. Suivant son diagnostic, il appartient au vétérinaire de déclencher le plan d’alerte auprès des services vétérinaires : analyses, identification de la maladie. Un plan d’intervention existe pour ces épizooties. Des exercices grandeur nature ont été et seront pratiqués dans le département de façon à être opérationnel le cas échéant.

Le sanitaire,
un enjeu économique considérable

Les incidences économiques énormes font que le directeur des services vétérinaires demande aux éleveurs « d’être vigilants, d’être prêts à réagir rapidement ». Il leur demande aussi de la solidarité, car toutes les filières souffrent d’une épizootie, les frontières se ferment très vite et souvent longtemps y compris pour des produits qui n’ont rien à voir avec la maladie. Le sanitaire devient aujourd’hui une bonne raison pour bloquer les échanges.

Le sanitaire est aussi un atout économique considérable quand il s’agit de vendre. Il faut rester indemne. «Les crises sanitaires récentes sont là pour nous rappeler la nécessaire mutualisation de nos moyens humains et financiers, non seulement pour y faire face mais pour les prévenir », insiste Gilles Lavollée le président de la Fédération, qui sent monter une recrudescence de l’individualisme.
La fragilité demeure : on ne vaccine plus contre plusieurs maladies, mais elles existent toujours quelque part dans le monde et peuvent revenir à la faveur d’un échange. D’autres, inconnues localement jusqu’à maintenant, peuvent se développer. « Les GDS doivent continuer de rassembler les énergies sanitaires pour conserver le statut actuel, l’un des meilleurs d’Europe », ajoute Loïc Gouëllo.

Paul Chauvin


Trois maladies visées dans le plan
d’actions sanitaires


Pour l’année en cours, trois actions vont consommer une large part du budget consacré aux actions sanitaires. Il s’agit de la paratuberculose, de la BVD et dans une moindre mesure de l’IBR. Pour la première, le GDS veut encourager les éleveurs vendeurs de reproducteurs à obtenir un statut de cheptel « régulièrement contrôlé négatif ». Cette démarche vise à créer une éthique dans les relations commerciales. Si le nombre d’animaux séropositifs reste limité (entre 1 et 1.5 %), c’est pratiquement un quart des élevages qui a eu au moins un bovin positif. D’où l’utilité des plans d’assainissement.
Pour la BVD, il s’agit de maîtriser les nouvelles contaminations et d’éviter la propagation des virus. Concernant l’assainissement, 605 dossiers ont été suivis l’année passée. Le contrôle à l’achat a porté sur 8000 bovins. À l’avenir, un fichier des animaux non IPI (attesté par une analyse) évitera le contrôle. La maîtrise porte aussi sur le regroupement de cheptels (88 en 2003) et les expositions d’animaux pour prévenir les situations à risque. Sur un plan collectif, un dépistage systématique est opéré sur le lait et par sérologie (viande bovine). Suivant les résultats, un suivi approfondi ou un plan d’assainissement peut être mis en place. La protection de tous les cheptels reste dans tous les cas une nécessité.
95 % des élevages d’Ille-et-Vilaine sont indemnes d’IBR. Si le contrôle à l’introduction reste la règle, il est possible d’y déroger si l’animal provient d’un élevage qualifié avec un transport sécurisé. Les achats hors Bretagne présentent plus de risque : sur 122 animaux positifs (27 769 analyses), 113 provenaient d’autres départements. Le dépistage sur le lait a donné 15 nouveaux cheptels positifs et 28 dans les troupeaux viande.
Compte tenu de la situation, la Fédération des GDS a décidé de diminuer très sensiblement le budget d’action sanitaire consacré à cette maladie. Mais d’autres chantiers attendent comme celui de la fièvre Q en élevage laitier.


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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 23 Avril 2004
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