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Morbihan (56)
PORC : Une crise très dure qui dure
 
Le service Études, Références et Prospective du CER Morbihan a présenté récemment les derniers résultats comptables dans les diverses productions. En porc, l'année a été particulièrement difficile et le début 2004 est à peine moins mauvais. Les résultats des comptabilités terminées en 2003 permettent de chiffrer le niveau de difficulté des éleveurs spécialisés.
Des difficultés qui s'expliquent évidemment par les cours. L'an dernier, le cours moyen au Marché du Porc Breton a été de 1,03 euro contre 1,10 l'année précédente et 1,45 en 2001. Heureusement, le coût alimentaire en diminution en 2003 a permis de limiter les pertes, ce qui n'est plus le cas actuellement.
Les éleveurs naisseurs-engraisseurs au CER ont en moyenne 146 truies et une surface de 55 ha, pour une main-d'œuvre de 1,93 UTH, dont 1,48 familiale. Des chiffres qui confirment bien la taille moyenne des élevages du département comparativement aux voisins du nord et de l'ouest.

Dégradation sensible

Pour les clôtures du deuxième semestre 2003 (voir graphique), le résultat courant par UTH est de 2 900 euros. Autant dire quasi nul et les éleveurs ont donc travaillé pour rien. En 2001/2002, ce résultat courant était de 42 400 euros par UTH. C'est dire les variations qui peuvent exister dans cette production et encore s'agit-il là de moyennes. Une évolution qui s'explique uniquement par le prix du porc et malgré une légère diminution du coût alimentaire, les résultats techniques étant restés les mêmes.
La marge brute par truie a naturellement subi la même évolution avec seulement 616 euros en 2003 contre 1134 en 2001/2002. Mais, comme toujours on constate des différences importantes puisque le quart meilleur a une marge brute par truie de 794 euros et le quart inférieur de seulement 341 euros. Ces différences de marges s'expliquent quasi exclusivement par des différences de résultats techniques. Les plus élevés sont à 24 porcs produits par truie et un indice de 2,93 et les moins bons à 17,6 porcs et un indice de 3.55.
Avec de tels résultats, les situations financières ne peuvent que se dégrader. Pour les clôtures 2003, 11% des éleveurs spécialisés avaient un taux d'endettement de plus de 100% et le même nombre était au dessous de 40%. Il s'agit là bien sûr des taux qui apparaissent dans les seuls bilans de l'exploitation. En pratique, le CER estimait que 25% des éleveurs étaient dans une situation financière préoccupante. Et depuis, les situations ne se sont pas arrangées.

Un coût de production à 1,22 euros

Les résultats comptables permettent également de calculer un coût de production moyen. Celui-ci n'inclut pas la rémunération du travail familial ni celle des capitaux personnels. Pour le premier semestre 2003, il était de 1,22 euros, soit au niveau du prix payé, toutes plus values comprises. Les charges opérationnelles représentent 0,853 euros (dont 83% pour l'aliment) et les charges de structures 0,366 euros
Ce coût de production moyen cache en fait une dispersion très forte (voir graphique) puisqu'il va de moins de 1 euro (2% des éleveurs) à plus de 1,45 (également 2% des cas). Cette dispersion est due pour une part aux différences de charges de structure, mais surtout aux performances très variables.
Si le prix de vente couvrait le coût de production moyen, il est loin du prix de revient (coût de production + main-d'œuvre familiale + rémunération des capitaux) qui lui s'établissait à 1,31 euros. C'est donc pratiquement 0,10 euros par kilo de carcasse qu'il manquait pour couvrir le prix de revient moyen. C'est dire aussi qu'avec les cours actuels, le compte n'y est pas encore, sans compter les besoins de renflouement des trésoreries.

J L Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 23 Avril 2004
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