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Le choix de
variétés différentes permet de limiter les risques climatiques à l’égard
du rendement et de limiter les risques commerciaux vis-à-vis de la
qualité. De plus, il permet d’étaler les dates de semis si on choisit des
variétés de précocité différente. Suivant l’importance des surfaces à
emblaver, le minimum raisonnable semble être de 3 variétés. Plus la
surface sera importante, plus on aura intérêt à ouvrir la gamme de
précocité couverte pour allonger la période possible d’implantation.
Pour juger de l’adaptation d’une variété, il est indispensable de
l’observer sur plusieurs années pour connaître sa régularité.
On a ainsi pu observer la régularité de TREMIE, ALTRIA, DINGHY. En
revanche CHARGER, SOISSONS, ORNICAR pour le blé, PLATINE et VERTIGE pour
l’orge sont plus irréguliers.
Sensibilité à la verse et aux maladies
Elle est très variable selon les variétés et peut être accentuée par des
densités excessives et une nutrition azotée excédentaire. Le choix d’une
variété sensible impose l’application systématique de régulateurs en cours
de culture, mais la lutte commence dès le semis avec la maîtrise des
densités. (Tableau 1)
Dans les essais ITCF, la sensibilité aux maladies est mesurée par l’écart
de rendement entre les parcelles traitées fongicides et les parcelles non
traitées. Il existe des différences importantes de sensibilité entre
variétés (Tableau 2).
Le choix d’une variété très sensible aux maladies (TREMIE, DOMINO, ALTRIA,
AZTEC...) impose une lutte fongicide très précise (dose,
positionnement...), qui peut-être plus souple avec des variétés peu
sensibles (ORATORIO, HYNO SANTA, VIRTUOSE...).
En Bretagne, s’il est illusoire de vouloir limiter les traitements sur
l’ensemble des variétés, car la pression des maladies est importante, on
peut toutefois réduire la protection contre l’oidium sur les variétés peu
sensibles. De même, le choix d’une variété peu sensible à la rouille brune
permet d’éviter tout risque de dégât lié à cette maladie. La principale
maladie rencontrée en Bretagne est la septoriose, le choix d’une variété
sensible à cette maladie imposera donc le choix de produit performants et
bien positionnés.
Un critère commercial, le poids spécifique
“La masse volumique appelée communément poids spécifique est une mesure
ancienne qui date de l’époque où l’on mesurait la quantité de grains au
volume. Elle présente un intérêt commercial certain (la masse volumique
est toujours prise en compte dans les contrats commerciaux et dans les
transactions) bien que son intérêt technique soit très limité”, (Source -
Guide pratique : contrôle de la qualité - ITCF - 1996)
Ceci ne doit pas faire oublier que les maladies, la verse, les semis
tardifs et les conditions de récolte ont plus d’effet que la variété sur
le P.S (Tableau 3).
BLÉ
Pour limiter les risques, plusieurs variétés doivent être implantées. En
sols superficiels, on tiendra compte de la précocité en évitant les
variétés tardives. Celles-ci doivent être semées les premières, et plutôt
en terres profondes.
Les résultats d’une année sont insuffisants pour juger du comportement des
variétés. Le choix doit s’appuyer sur des références pluriannuelles de 99
ou d’années antérieures.
Certaines variétés préconisées ne sont pas présentes dans le regroupement
de 99, mais avaient donné de bons résultats lors des campagnes
précédentes. Compte-tenu du renouvellement variétal, il ne nous est pas
possible de conserver l’ensemble des variétés.
Classées par ordre de précocité à maturité, on peut retenir les variétés
suivantes :
Variétés précoces à maturité :
• ALTRIA (Serasem 1995)
Absente du regroupement en 99, mais son rendement était proche de TREMIE
au cours des 3 campagnes précédentes. Comme TREMIE elle est très sensible
à la septoriose. En revanche, ALTRIA est peu sensible à la verse. Qualité
médiocre en panification (BAU).
• AZTEC (Nickerson - 1994)
Après avoir déçu en 95 et 96, cette variété donne de bons résultats depuis
3 ans. Elle doit être conduite rigoureusement car elle est sensible aux
maladies et à la septoriose en particulier. En revanche, elle est peu
sensible à la rouille brune. AZTEC est assez sensible à la verse. Qualité
convenable en panification (BPS).
• TREMIE (Serasem 1992)
Elle reste en tête du regroupement pour la 5e année consécutive. Elle
nécessite une conduite rigoureuse compte tenu de sa sensibilité aux
maladies (sauf rouille brune) et à la verse. Son poids spécifique est
faible. Qualité boulangère médiocre (BAU).
• DINGHY (Eurotech 1996)
Cette variété est peu sensible à l’oïdium, mais assez sensible à la
rouille brune. Son niveau de résistance à la verse est moyen et son poids
spécifique est assez faible. Qualité boulangère moyenne (BPC).
• ORATORIO (Benoist 1995)
Absente du regroupement en 99, son potentiel était légèrement inférieur à
TREMIE et ALTRIA sur les campagnes précédentes. Elle est la moins sensible
aux maladies du réseau ITCF, et se situe à 50 % des pertes de rendement
liées aux maladies sur SOISSONS et ALTRIA. De plus, elle est peu sensible
à la verse et son poids spécifique est élevé. Qualité boulangère moyenne (BPC).
• ISENGRAIN (Desprez 1996)
Elle est peu sensible à l’oïdium, mais sensible à la rouille brune et au
piétin verse. ISENGRAIN est assez sensible à la verse. Elle a généralement
un bon PS. Qualité boulangère convenable (BPS).
• CYRANO (Sogroup 1994)
Cette variété était absente du regroupement en 99, mais avait donné de
bons résultats dans nos essais au cours des 4 campagnes précédentes. Elle
est peu sensible à l’oïdium et à la rouille brune mais assez sensible à la
verse. Qualité boulangère moyenne (BPC).
• APACHE (Nickerson 1997)
Variété récente, présente dans nos regroupements depuis 2 ans. Les
résultats étaient moyens en 98, mais très satisfaisants en 99. Elle est
assez sensible aux maladies, oïdium en particulier, bien que résistante à
la rouille brune. Qualité moyenne en panification (BPS).
Variétés assez tardives :
• ELEPHANT (Momont 1997)
Variété récente, elle se situe au niveau de la moyenne générale. Cette
variété est assez peu sensible aux maladies et résistante à l’oïdium en
particulier. Elle est peu sensible à la verse. Son poids spécifique est
faible. Qualité boulangère médiocre. (BAU).
• SPONSOR (Unisigma 1994)
Absente du regroupement en 99, cette variété avait donné de bons résultats
en cours de campagnes précédentes. Assez peu sensible aux maladies, elle
est assez résistante à la verse. Bon niveau de PS et qualité boulangère
très moyenne (BPC).
• ORACLE (Benoist 1994)
Absente du regroupement en 99, cette variété a un potentiel légèrement
inférieur à celui de TREMIE. Elle est très sensible à l’oïdium. Qualité
boulangère médiocre (BAU).
• ORNICAR (Benoist 1997)
Variété récente qui a donné de bons résultats en 98, mais se situe dans la
moyenne en 99. Elle est peu sensible aux maladies, avec un bon niveau de
résistance à l’oïdium et à la rouille brune. Elle est assez peu sensible à
la verse. Blé biscuitier (BB).
Variétés tardives :
• VERSAILLES (Procosem 1996)
Absent du regroupement en 99, mais bons résultats au cours des 2 campagnes
précédentes. Elle est assez sensible à la rouille brune et à l’oïdium,
mais peu sensible à la verse. PS faible et qualité boulangère moyenne.
Variétés hybrides :
Les meilleures hybrides donnent dans nos résultats des rendements
supérieurs de 6 à 7 % par rapport aux meilleures variétés autogames
classiques. HYNO-SANTA et MERCURY ont donné d’excellents résultats dans
nos essais en 99. HYNO-SEHA, DOMINO et CABESTAN avaient également obtenus
de bons rendements au cours des campagnes précédentes. Les principales
caractéristiques des variétés hybrides sont présentées dans l’article les
concernant.
ORGE
Le choix variétal évolue peu depuis quelques années. En orge à 2 rangs, 2
nouvelles variétés (TIFFANY et ANTHERE), viennent compléter la gamme des
classiques (ORELIE, PASTORAL, SUNRISE). En escougeon, MAJESTIC et ESTEREL
restent les meilleures références. Seules sont présentées les orges à 2
rangs, les escourgeons étant très peu cultivés en Bretagne
• ORELIE (RAGT 1994)
Bon niveau de productivité depuis 4 ans. Faible sensibilité à la
rhynchosporiose, mais forte sensibilité rouille naine.
• PASTORAL (Secobra 1986)
Cette variété ancienne posséde encore un potentiel comparable aux
meilleures variétés à 2 rangs. Elle est sensible à l’helminthosporiose, et
à la verse. Son poids spécifique est d’un bon niveau.
• SUNRISE (Nickerson 1994)
Variété sensible à la verse et à l’helminthosporiose. En revanche, elle
montre un bon niveau de résistance à la rouille naine et à l’oïdium. Son
poids spécifique est élevé.
• ANGORA (Secobra 1993)
Variété peu sensible à l’oïdium, mais sensible à l’helminthosporiose et à
la rouille naine.
TRITICALE
De nouvelles variétés viennent compléter le choix variétal. On s’orientera
principalement vers les variétés peu sensibles à la rouille brune et à la
verse, ces 2 risques pouvant provoquer de forts dégâts sur la culture.
Rappelons que cette espèce est peu sensible aux maladies, mais valorise un
traitement fongicide positionné à la sortie de la dernière feuille, et
ceci quelle que soit la variété. On veillera particulièrement à limiter
les risques de verse en réduisant les densités de semis.
• AMPIAC (RAGT 1994)
Bon niveau de potentiel. Bonne résistance à la rouille brune. AMPIAC se
situe parmi les variétés les moins sensibles à la verse.
• CARNAC (RAGT 1995)
Variété proche d’AMPIAC pour la productivité et la résistance à la verse.
En revanche CARNAC est sensible à la rouille brune.
• TRIMARAN (Desprez 1992)
Variété de référence depuis 6 ans en terme de productivité. Elle est
devenue très sensible à la rouille brune. Cette variété est également
sensible au piétin verse. Son PS est faible.
• ROTEGO (Svaloff 1997)
Cette nouveauté cumule un certain nombre d’avantages pour la culture du
triticale. Potentialité importante et régulière depuis 2 ans et faible
sensibilité à la verse. De plus ROTEGO se situe parmi les variétés les
moins sensibles aux maladies du réseau Triticale.
• CALAO (Agri Obtentions 1994)
Régulière depuis 4 ans, son principal handicap est la sensibilité à la
verse, en revanche, elle n’est pas sensible à la rouille brune. Son PS est
faible.
• TRINIDAD (Unisigma 1997)
Comme ROTEGO, cette nouveauté cumule un certain nombre d’avantages :
productivité correcte depuis 2 ans et régulière, faible sensibilité à la
verse et aux maladies. De plus, elle a un bon PS.
• BINOVA (Lemaire Deff.)
Cette nouveauté présente un potentiel important qui la place en tête du
regroupement pour 99. En revanche, cette variété est la plus sensible à la
verse du réseau triticale, de plus, elle est assez sensible aux maladies
et à la rouille brune en particulier. |